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Le point sur le renouvellement des moyens de la Flotte océanographique française
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Le point sur le renouvellement des moyens de la Flotte océanographique française

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Repositionnement d’un bateau métropolitain dans la Pacifique pour remplacer l’Alis en attendant la construction d’un nouveau navire, succession à venir de la Thalia et du Sépia II, arrivée de robots de nouvelle génération, nouvelles opportunités vers les zones polaires, projets à plus long terme… Nous faisons le point aujourd’hui sur le plan de renouvellement de la Flotte océanographique française (FOF).

Pour mémoire, depuis janvier 2018, l’ensemble des moyens précédemment gérés par l’Ifremer, le CNRS, l’Institut polaire Paul-Emile Victor (IPEV) et l’Institut de Recherche et de développement (IRD), constituent la Flotte océanographique française, opérée par l’Ifremer. Soit en tout 18 navires et de nombreux équipements scientifiques, dont des drones sous-marins (AUV) et robots télé-opérés (ROV), présents sur toutes les mers et constituant la cinquième flotte océanographique mondiale. Pour piloter la FOF, l’Ifremer a créé en son sein une direction de la flotte, structure employant 80 personnes. Genavir (380 marins et personnels sédentaires) assure l’armement de l’ensemble des navires, sauf le Marion Dufresne, propriété des TAAF et armé par Louis Dreyfus Austral Seas (LDAS). La FOF travaille au profit d’une communauté de plus de 3000 scientifiques sur des programmes de recherche permettant d’approfondir la connaissance des océans.

En juin dernier, l’Ifremer et ses trois ministères de tutelles (Transition écologique, Enseignement supérieur et Agriculture dont dépend la pêche) ont adopté le nouveau contrat d’objectifs et de performance (COP) de l’institut. Consigne avait été donnée dès la création de la FOF de préparer un plan unifié de renouvellement de la flotte, avec une vision jusqu’en 2035. Ce plan a été présenté et voté en conseil d’administration de l’Ifremer le 8 octobre dernier, engageant ainsi l’Ifremer et l’Etat à trouver les modalités de financement adaptées. Il comporte des actions de court et moyen termes, qui vont être rapidement lancées, et des réflexions à échéances plus lointaines.

Vers une concentration des navires semi-hauturiers et côtiers

Au niveau des navires, la première phase du plan vise notamment à débuter le renouvellement des navires côtiers métropolitains et du vieil Alis, bateau de 28.4 mètres construit en 1987, basé techniquement en Nouvelle-Calédonie mais qui rayonne dans tout le Pacifique sud-ouest. « Nous travaillons sur une hypothèse de concentration des moyens côtiers et semi-hauturiers de six à cinq navires, avec à terme deux pour la façade Atlantique Manche mer du Nord et deux pour la Méditerranée, un navire semi-hauturier de 35/40 mètres et un navire côtier d’environ 25 mètres pour chacune, et en plus un navire régional dans le Pacifique ouest. Concernant les navires semi-hauturiers, ils pourront aussi aller, certaines années, vers les côtes d’Afrique et aux Antilles », explique à Mer et Marine Olivier Lefort, directeur de la Flotte Océanographique Française.

Un successeur pour le Thalia à l'horizon 2025

Concernant les unités métropolitaines, elles sont aujourd’hui au nombre de cinq : L’Europe (long de 29.6 mètres et mis en service en 1993), le Côtes de la Manche (24.9 mètres, 1997), le Théthys II (24.9 mètres, 1993), le Thalia (24.5 mètres, 1978) et le petit Haliotis (10 mètres, 2008). Le premier à sortir de flotte sera le vénérable Thalia, doyen de la FOF, qui devrait être remplacé à l’horizon 2025 par un nouveau navire semi-hauturier d’environ 35 mètres. La direction de la flotte espère que les financements nécessaires seront sécurisés dès l’année prochaine afin de lancer ensuite l’appel d’offres pour le successeur du Thalia. 

 

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