Marine Marchande
Le pompage des soutes du Luno devrait débuter aujourd’hui

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Le pompage des soutes du Luno devrait débuter aujourd’hui

Marine Marchande

C’est cet après-midi que devrait débuter le pompage des cuves du vraquier espagnol Luno, qui a fait naufrage mercredi à l’entrée du port de Bayonne. La priorité est, en effet, d’extraire les 60 à 70 tonnes de gasoil présentes dans la partie avant du navire, échouée sur la plage d’Anglet. Les équipes en charge de cette opération comptent profiter d’une fenêtre météo favorable, entre deux tempêtes et à marée basse, moment où la coque est la plus stable et accessible. L’armateur du Luno, la compagnie espagnole Naviera Murueta, a fait appel à la société néerlandaise Smit Salvage, l’un des grands spécialistes mondiaux du sauvetage de navires. Au-delà du pompage du carburant, celle-ci va devoir gérer une épave brisée en plusieurs morceaux : la partie avant, sur la plage, mais aussi la moitié arrière, qui était encastrée sur les rochers, à la pointe de la digue sud de l’entrée du port basque et s’est disloquée hier sous l’effet de la houle. Différentes options sont à l’étude pour élaborer le plan d’enlèvement du Luno.

Les risques d’une pollution majeure sont en tous cas écartés, le navire ne contenant que du carburant de propulsion, léger et qui se dilue rapidement dans l’eau, surtout lorsque celle-ci est brassée. C’est ce qui s’est produit pour la vingtaine de tonnes de combustible présente dans la partie arrière et qui s’est échappée en mer lorsque la structure s’est brisée. L’impact sur l’écosystème, même s’il n’est pas nul, sera donc limité.

 

 

L'épave du Luno mercredi après-midi (© : BFM TV)

L'épave du Luno mercredi après-midi (© : BFM TV)

 

L'épave du Luno hier après-midi (© : BFM TV)

L'épave du Luno hier après-midi (© : BFM TV)

 

 

Naviguant à vide au moment de l’accident, le Luno, un vraquier de 100 mètres de long construit en 1994 et sorti récemment de son arrêt technique quinquennal, venait chercher à Bayonne des billettes d’acier. Après avoir passé la nuit au large, il s’est présenté mercredi matin dans le chenal d’accès au port. Les conditions météo, bien que mauvaises, n’étaient pas suffisamment dégradées pour entrainer la fermeture du port, deux autres bateaux de commerce étant d’ailleurs sortis sans encombre, un peu plus tôt, de l’embouchure de l’Adour. Alors qu’un pilote avait rejoint le Luno pour guider sa progression dans le chenal, le vraquier a été victime, au moment de son entrée, d’une panne électrique totale provoquant une perte de la propulsion et des capacités manœuvrières. N’ayant pu être récupéré par les deux remorqueurs portuaires présents, le navire a été jeté à la côte par la forte houle.

L’évacuation des 11 membres d’équipage et du pilote a été menée par un Puma de l’armée de l’Air. Au terme d’une opération très périlleuse en raison du vent et des imposantes vagues s’abattant sur la coque encastrée dans la digue, l’appareil de la base aérienne de Cazaux est parvenu à treuiller les 12 marins et à les évacuer sains et saufs.

Plusieurs enquêtes ont été ouvertes pour déterminer les causes de l’accident. Les investigations sont notamment conduites par la Gendarmerie maritime et le Bureau d’enquête sur les évènements de mer. 

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