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Le port de Bordeaux face à la tempête et à ses conséquences

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Le port de Bordeaux face à la tempête et à ses conséquences

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Alerte orange dans la journée du 23 janvier, alerte rouge le soir, la tempête annoncée a touché le Sud-Ouest avec des vents dépassant 160 km/h. Une dizaine de navires, dont trois pétroliers, se pressaient dans le port ou le chenal de navigation, alors que le vent commençait à souffler violemment à partir de 3H30 du matin. Le pilote embarqué sur le pétrolier Maria.M, au mouillage à Suzac, relevait force 6 à 11, soit entre 40 et 50 noeuds et jusqu'à 55 noeuds (110 km/h) en rafales vers 9 heures du matin, alors qu'au Cap Ferret, le sémaphore enregistrait des pointes à 90 noeuds (165 km/h) une heure plus tard.

L'Orca, des pilotes bordelais (© : DR)
L'Orca, des pilotes bordelais (© : DR)

L'action des portuaires

Pourtant, grâce à l'action des pilotes, des lamaneurs, des équipages des remorqueurs et des officiers de port, grâce à leur engagement personnel, chacun dans leur domaine, aucun navire à quai ou au mouillage ne s'est jamais trouvé en situation périlleuse, souligne le Grand Port Maritime de Bordeaux. Selon le GPMB, les équipements et matériels se sont également révélés à hauteur des attentes en matière de sécurité, en particulier pour le remorquage avec l'action du nouveau remorqueur, le Capitaine Louis Thomas, soutenu par le Moulis, qui a permis l'accostage du pétrolier Aktia. Arrivant de Suède avec 22.000 tonnes de gazole, ce dernier a rejoint le poste 512 d'Ambès dans de bonnes conditions alors que la tempête avait commencé.
La vedette du pilotage Orca, engagée dans des conditions de vent sévères, a permis d'embarquer les pilotes devant servir les navires en rade de Chambrette ou de Suzac, alors que le nouveau radar implanté au Verdon continuait à tourner pour suppléer le radar principal de la Palmyre, arrêté automatiquement lorsque le vent atteint 120 km/h. Ce radar (dont la limite est à 160 km/h) a permis de suivre en permanence la situation sur le plan d'eau et d'aider à repositionner les navires qui dérapaient sur leur ancre.

Le hangar H26 a été sérieusement endommagé (© :GPMB)
Le hangar H26 a été sérieusement endommagé (© :GPMB)

Dégâts minimes sur le port

Le GPMB n'a pas signalé de désagréments majeurs au plan des installations portuaires terrestres où les engins de levage, mis en sécurité ont bravé les éléments sans encombres, les hangars ne subissant que des dégâts relativement minimes. Seul le hangar H26, aux bassins à flot, a vu sa toiture arrachée et sa charpente fragilisée. Tout en prenant des mesures de mise en sécurité, les responsables du port de Bordeaux se sont efforcées de reloger aussitôt ses occupants.
Dans le chenal de navigation, certaines bouées ont dérivé, en particulier la bouée 2A, qui est éteinte dans la passe de l'Ouest. Pour prévenir tous les risques avant rétablissement de la situation, la Capitainerie du port, en accord avec le pilotage, a été contrainte de suspendre pendant quelques jours la navigation de nuit dans ce secteur et de recommander la mise à bord effective des pilotes à la place de l'assistance par radar.

La forêt des Landes a été ravagée (© : EMA)
La forêt des Landes a été ravagée (© : EMA)

Solidarité avec les filières régionales

La filière forestière aquitaine est certainement le secteur économique à avoir été le plus touché par la tempête Klaus. Comme elle l'avait au milieu des années 80 après le gel de nombre de pins maritimes, puis à l'orée des années 2000 lors de la « tempête du siècle », la communauté portuaire bordelaise compte apporter toute son aide aux forestiers. A l'époque, c'est un cumul de plus d'un million de tonnes de chablis auquel il avait fallu trouver des marchés à l'exportation par la voie maritime, en Suède, en Grande-Bretagne, en Espagne, dans le sous-continent indien ou en Chine.
Aujourd'hui, les marchés se sont beaucoup contractés avec les développements de la crise économique internationale. L'autorité portuaire bordelaise et les opérateurs de la place se disent néanmoins à l'écoute de la filière, qui génère plus de 35.000 emplois dans la région, pour l'assister dans d'éventuels projets d'exportation par la voie maritime.

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