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Le port de Dunkerque veut s'adapter pour traiter jusqu'à 2.5 millions d'EVP

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Le trafic conteneur se porte plutôt bien à Dunkerque. « En 2010, nous faisions 200.000 EVP, aujourd’hui nous sommes à  340.000 et nous continuons à progresser », souligne Stéphane Raison, président du directoire. Au terminal des Flandres, appartenant au groupe CMA CGM, 1200 mètres de quai et 5 portiques super-panamax peuvent accueillir de très gros navires, grâce à son tirant d’eau de 16.5 mètres. Des bateaux de 400 mètres ont ainsi plusieurs fois escalé dans le port nordiste qui joue la carte de sa position géographique sur le range Nord.

« La croissance du marché global conteneurs sur le range Nord est de 7%. Il faut que nous continuions à nous battre pour gagner des parts de marché, faire jouer notre argument de taille et de prix pour continuer à conquérir des marchés sur notre hinterland qui va des Hauts-de-France à l’Est ». Pour faire face à la puissance des ports du Benelux, Anvers en tête, Dunkerque s’est lancé dans un « travail de fourmi, reconquérir un à un ces marchés locaux, en s’appuyant sur notre proximité et nos services multimodaux avec le fluvial qui nous permet de nous connecter à toute la région et le ferroviaire, où nous avons des infrastructures performantes ».

Pour rester dans la course et jouer sa carte de flexibilité et de service face aux mastodontes du Nord, Dunkerque va aussi devoir investir. Augmenter ses capacités pour pouvoir accueillir simultanément plusieurs gros navires et les traiter dans des cadences compétitives. « Nous voulons préparer l’avenir comme nous l’avons toujours fait à Dunkerque : de manière mesurée et progressive ».

 

 

C’est le projet Cap 2020 : la création, en deux phases, de quatre postes à quai et d’un bassin supplémentaire dans le prolongement du quai de Flandre de l’actuel bassin de l’Atlantique, dans le port Ouest. Une zone logistique de 350 hectares sera également installée à proximité. Cette solution a été préférée à une variante, baptisée Baltique, située à l’est de l’avant-port ouest et qui aurait impliqué la création d’un nouveau chenal et d’un nouveau bassin entre le terminal ferry et la zone pétrochimique.

Ce projet, qui vise, au terme de la deuxième phase, à porter la capacité de Dunkerque à 2.5 millions d’EVP, est chiffré à 689 millions d’euros. 405 seront assumés par le Port et le reste, correspondant à l’équipement de manutention, aux opérateurs qui seront retenus pour la future exploitation.

« Ce seront des travaux relativement classiques qui commenceront par la pose d’une paroi de quai, avec le battage de pieux de 40 mètres de haut. Ensuite, il y aura une grosse partie de dragage maritime, environ 29 millions de m3 de sédiments seront extraits. Ils seront ensuite réutilisés pour le remblai », détaille Stéphane Raison.

Un débat public vient tout juste d’être ouvert, durant lesquels toutes les parties intéressées, y compris le grand public, pourront s’exprimer. Celui-ci doit durer jusqu’à fin décembre. Une période durant laquelle le Port s’engage à fournir toutes les explications et détails demandés. Avec un objectif annoncé de création, à terme, de 16.000 emplois.

 

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