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Le port de Nantes Saint-Nazaire investit pour son avenir

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Le port de Nantes Saint-Nazaire investit pour son avenir

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Gouverner c’est prévoir. La devise s’applique aussi bien à terre qu’en mer, et donc, a fortiori, dans un port. C’est, en tous cas, la ligne affichée par le Grand Port Maritime de Nantes Saint Nazaire qui, malgré les turbulences de son trafic énergétique, déploie un plan d’investissement public important. « 170 millions d’euros pour la période 2015-2020, avec 54 millions pour les deux premières années », précise Francis Bertolotti, président du conseil de surveillance du GPM. « En période difficile, il faut observer l’environnement et réaliser des investissements. Il nous faut préparer le port à l’avenir, le calibrer pour qu’il puisse rester dans la course ».

La volatilité du trafic énergétique

Le port ligérien va enregistrer, pour la deuxième année consécutive, un résultat négatif en 2015. Le trafic, qui s’établit à 25.345 millions de tonnes, est en recul de 4.4% par rapport à 2014. Un chiffre qu’il convient de replacer dans le contexte de la volatilité des produits énergétiques, qui forme une partie importante du trafic ligérien. « Il y a plusieurs évènements qui explique ce recul : l’arrêt technique de la raffinerie de Donges et celui de la centrale de Cordemais, qui devrait se prolonger en 2016 », détaille Jean-Pierre Chalus, président du directoire du GPM.

Et puis il y a le gaz naturel liquéfié, bien sûr. Depuis deux ans, et la catastrophe de Fukushima qui a vu le Japon se tourner massivement vers le gaz, le port a assisté à l'effondrement de son trafic de GNL. « Il faut bien se rendre compte qu’au début de ce phénomène, la molécule de gaz qui valait 1 en Europe, s’affichait à 4 sur le marché américain et 10 en Asie. En 2015, il n’y a eu aucun méthanier entre mars et septembre à Montoir ». Les méthaniers ont déserté l’Europe, qui affiche depuis une surcapacité d’installations de réception qui n'est pas prête d’être résorbée. « Certains terminaux méthaniers, notamment en Espagne, sont vides depuis leur mise en service ».

 

Terminal Elengy de Montoir (GPMNSN)

Terminal Elengy de Montoir (GPMNSN)

 

Le GNL se reprend à Montoir

Mais les choses seraient pourtant en train de changer. « On assiste à un rééquilibrage du prix du gaz, avec notamment la réémergence du gaz de schiste américain pour lequel nous sommes très bien placés géographiquement ». Par ailleurs, un décret a unifié, au 1er janvier de cette année, le tarif de transport de gaz, permettant à Montoir de compenser, vis-à-vis de Fos, un handicap historique dans le post-acheminement. Les effets de cette nouvelle donne sont déjà visibles. « Fin janvier 2016, nous avions déjà effectué l’équivalent d’un tiers du trafic de 2015. Si cela continue à ce rythme, nous atteindrons l’équivalent de la totalité du trafic 2015 fin février », se réjouit Jean-Pierre Chalus. Le port va donc continuer à « travailler avec l’ensemble de la chaîne logistique et commerciale », pour garder sa place sur le très convoité marché du GNL. « Les experts prévoient un retour à la normale fin 2017. En attendant, nous continuons à améliorer notre offre pour conserver un service complet pour les méthaniers, le soutage et le stockage».

 

Méthanier en escale à Montoir (GPMNSN)

Méthanier en escale à Montoir (GPMNSN)

 

Un terminal conteneurs pour des navires de 8.000 EVP

Et ce n’est pas que pour le trafic méthanier que le port regarde vers le futur. Nantes Saint-Nazaire se projette aussi comme un hub régional sur un trafic diversifié et celui de la transition énergétique. « Il ne faut pas perdre de vue que tous nos autres trafics ont permis de compenser, même si c’est partiellement, l’attrition du GNL. Nous avons beaucoup de leviers de croissance sur les autres marchés ». Alimentation animale, matériaux de construction, céréales, trafic roulier et bien sûr conteneurisé. Le port a beaucoup investi sur ces deux derniers segments, avec un nouveau terminal roulier et, en ce moment, le rallongement de 350 mètres du quai destiné aux porte-conteneurs.

 

Escale test sur le nouveau poste roulier 3 (GMPNSN)

Escale test sur le nouveau poste roulier 3 (GMPNSN)

Projet de rallongement du quai conteneurs (GPMNSN)

Projet de rallongement du quai conteneurs (GPMNSN)

 

Les travaux, dont le marché a été remporté par Bouygues, ont démarré en septembre 2015. « Pour recevoir des navires avec une capacité allant jusqu’à 8000 EVP, il nous fallait un linéaire de quai supplémentaire ». Pour compenser la courbure naturelle de la Loire, le choix a été fait de construire une dalle en béton de 30 mètres de large dans la continuité du quai actuel. Celle-ci va être posée sur 580 pieux battus dans le fond du fleuve grâce à une méthode comparable à celle de la construction des ponts. En septembre 2017, le port sera prêt à recevoir des porte-conteneurs plus grands, qui seront, si le mouvement actuel se poursuit, ceux qui seront alignés sur les lignes de feeders. Il pourra également accueillir les navires liés au trafic des énergies marines renouvelables.

 

Chantier d'extension du TMDC (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Chantier d'extension du TMDC (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Remblai du futur quai du TMDC (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Remblai du futur quai du TMDC (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Port de Nantes Saint-Nazaire