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Le port du Havre se prépare à l’ère de l’éolien offshore

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Le port du Havre se prépare à l’ère de l’éolien offshore

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Le terminal de Bougainville et le quai Joannès Couvert, des lieux emblématiques du port du Havre, ayant vu défiler les paquebots les plus prestigieux pour l’un et les premiers porte-conteneurs pour l’autre, sont tous deux en train de s’inscrire dans la nouvelle ère industrielle de la place normande, celle des énergies marines renouvables. Bientôt, les sites accueilleront les usines de production des turbines d’Areva – dont les machines de 8 MW vont équiper les futurs champs du Tréport et de Yeu-Noirmoutier récemment attribués à GDF Suez– ainsi que le site de construction des fondations gravitaires destinées aux éoliennes du champ de  Fécamp, attribué au consortium Eolien Maritime France mené par EDF-EN.
« Cet intérêt du port du Havre pour l’éolien offshore remonte au premier appel d’offres pour les champs français lancé par l’Etat en 2011 », détaille Emmanuel Ludot, directeur de la zone industrialo-portuaire du grand port maritime du Havre. Le port normand est proche des futures zones éoliennes françaises, mais également de celles du nord de l’Europe, dispose d’un excellent accès maritime et d’un savoir-faire local, tout en ayant  du foncier disponible… Logiquement, les industriels ne tardent pas à manifester leur intérêt.
 
 
Le cluster industriel local d'Areva
 
 
« Areva a eu comme idée de rapprocher, au Havre, ses usines de ses sous-traitants. Un cluster industriel s’est formé avec ses fournisseurs ABB (générateurs) Moventas (boîtes de vitesse), SNR-MTM (roulements à bille) et Fouré-Lagadec (mâts) ». Les 40 hectares du quai Joannès Couvert se prêtent à la construction des deux usines, une dédiée aux pales, l’autre aux nacelles.  « Il s’agit d’un projet très structurant localement, qui va au-delà du seul intérêt du port ». Outre un plan de charge pour la sous-traitance, ces nouvelles usines devraient créer plus de 700 emplois et apporter une nouvelle filière industrielle au Havre.
 
 
Assemblage d'une nacelle (
Assemblage d'une nacelle (©AREVA)
 
 
Un plan de financement de 27 millions d'euros
 
 
Les pouvoirs publics ont mis la main à la poche pour accueillir Areva, « le plan de financement a été signé en janvier par l’Etat, la région, la communauté d’agglomération du Havre, la ville et le port ». 27 millions d’euros sont ainsi investis pour « viabiliser » le quai et permettre aux industriels de reprendre le relais. « Il a fallu commencer par travailler sur le relogement des 94 occupants actuels du site, qui exercent des activités très différentes, puisqu’il y a des associations, des bureaux, des transporteurs… Un groupe de travail a été mis en place et tout le monde a pu être relogé ». Ensuite, ce sont les gros travaux : « dévier la circulation, démolir des bâtiments, préparer la plate-forme et l’homogénéiser, mettre en place les réseaux, préparer les quais à recevoir des colis lourds ». Areva devrait à l'issue commencer ses activités dès 2016. 
« Le Havre avait une carte à jouer, en raison de ses capacités nautiques très au-dessus de la moyenne. Peu de ports peuvent recevoir des navires jack-up (pour la pose d'éoliennes en mer, ndlr) de 200 mètres de long et 40 mètres de large. Nous avons le fond et les quais appropriés, nous savons le faire et on attendait de nous de pouvoir être un vecteur de l’émergence de cette nouvelle industrie au Havre. Le trafic représentera une vingtaine d’escales par an, ce n’est donc pas énorme en terme de droits de port et d’intérêt direct pour le GPM. En revanche, cela pourrait fixer entre 1500 et 2000 emplois dans la région ».
 
 
 
Vue des futures installations du quai Joannès Couvert (
Vue des futures installations du quai Joannès Couvert (©AREVA)
 
 
 
(©AREVA)
 
 
 
(©AREVA)
 
 
Les énormes fondations en béton du terminal de Bougainville
 
 
Et ce n’est pas tout. Derrière l’écluse François 1er, le quai de Bougainville, ouvert en 1977, ne reçoit plus les porte-conteneurs géants partis au terminal de MSC à Port 2000. « Le quai va désormais recevoir une toute nouvelle activité puisqu’il sera le site de construction des fondations gravitaires des éoliennes d’EMF ». Des énormes ouvrages de béton de 30 à 35 mètres de diamètre, 40 mètres de haut et de 4500 tonnes seront construits sur les 20 hectares de Bougainville, désormais débarrassé de ses portiques. « Cela va représenter du travail pour plus de 600 personnes, dans des entreprises spécialisées dans le BTP ». Ainsi qu’un beau défi nautique puisque les structures seront réalisées sur le quai, mises à l’eau, stockées dans une darse avant d’être remorquées vers leur destination, après avoir passé l’écluse François 1er. Les pilotes de la station du Havre sont déjà en train de préparer ces manœuvres qui débuteront en 2017.
 
 
 
 
 
L'écluse François 1er par laquelle transitera les blocs de fondation gravitaire
L'écluse François 1er par laquelle transitera les blocs de fondation gravitaire
(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
 
 
 
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