Défense
Le porte-avions Charles de Gaulle

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Le porte-avions Charles de Gaulle

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A l’issue de sa refonte à mi-vie, le porte-avions Charles de Gaulle est en phase de remontée en puissance en vue de son prochain déploiement, début 2019, avec l’ensemble du groupe aéronaval français. L’occasion de faire le point sur l’activité du bâtiment, notamment la campagne de l’école de l’aviation embarquée, les modernisations dont il vient de bénéficier ainsi que les composantes de son groupe aérien embarqué (GAé). Voici les liens vers des reportages et articles spécifiques :

- Reportage à bord du Charles de Gaulle pour sa remontée en puissance

- Rafale Marine : un avion arrivé à pleine maturité

- Hawkeye : les yeux de la flotte

- Caïman : la nouvelle capacité logistique et de combat du GAé

- Dauphin Pedro : le Saint-Bernard des pilotes

Ces reportages et focus ont été réalisés la semaine dernière à bord du Charles de Gaulle, mais aussi fin 2016 lors du dernier engagement du bâtiment en Méditerranée orientale contre le groupe terroriste Daech. Le porte-avions inaugurait alors, pour la première fois, le passage de la chasse au « tout Rafale » suite au retrait du service des Super Etendard Modernisés (SEM), ainsi que l’intégration d’un NH90 au sein du groupe aérien embarqué. Nous avions interrogé les marins sur cette nouvelle configuration et le retour d’expérience accumulé lors de cette mission, qui touchait à sa fin après deux mois d’engagement en Irak et en Syrie.

 

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© : MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© : MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© : MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© : MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en Méditerranée orientale fin 2016 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le Charles de Gaulle en Méditerranée orientale fin 2016 (© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

SEM sur le Charles de Gaulle, ici en 2008 (© : MER ET MARINE -  GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)

SEM sur le Charles de Gaulle, ici en 2008 (© : MER ET MARINE -  GILDAS LE CUNFF DE KAGNAC)

Le Charles de Gaulle après sa refonte (© : MER ET MARINE -  FRANCIS JACQUOT)

Le Charles de Gaulle après sa refonte (© : MER ET MARINE -  FRANCIS JACQUOT)

 

De nombreuses opérations depuis 2001

Commandé début 1986, le Charles de Gaulle voit ses premières tôles découpées l’année suivante et son assemblage commencer en avril 1989. Mis à l’eau en mai 1994, le bâtiment est officiellement admis au service actif le 18 mai 2001. Quelques mois plus tard, il débute ce qui reste à ce jour son plus long déploiement avec la mission Héraclès. Suite aux attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, la France vient épauler les Américains dans la lutte contre Al Qaeda. Le groupe aéronaval est déployé au nord de l’océan Indien, au large du Pakistan. L’aviation embarquée, dont la composante air-sol est alors uniquement composée de SEM, participe aux frappes alliées contre les talibans en Afghanistan. Le nouveau porte-avions français reste près de sept mois loin de sa base de Toulon, poussant jusqu’à Singapour en mai 2002 avant de revenir en Méditerranée.

Il est ensuite régulièrement déployé en océan Indien et connait son premier arrêt technique majeur en 2007/2008. On le voit aussi dans l’Atlantique nord, franchissant même le cercle polaire arctique en avril 2010 afin d’échapper au nuage de cendres du volcan islandais Eyjafjöll, dont l’éruption paralyse à l’époque une grande partir du trafic aérien sur l’hémisphère nord. La même année, ses avions sont nouveau engagés en Afghanistan pour la mission Agapanthe puis, en 2011, le Charles de Gaulle participe à l’opération Harmattan contre le régime du colonel Kadhafi en Libye. Reparti en océan Indien en 2013 pour la mission Bois Belleau, il est engagé à trois reprises, entre janvier 2015 et décembre 2016, contre Daech. Depuis la Méditerranée orientale et le golfe Persique, les Rafale frappent en Irak et en Syrie, venant en appui aux troupes au sol engagées contre le groupe terroriste. En un an, de novembre 2015 à novembre 2016, le porte-avions effectue pas moins de 240 jours de mer, dont 200 en opération.

 

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(© : K. TOKUNAGA - DASSAULT AVIATION)

 

Outil diplomatique et militaire

Au cours de ses seize premières années de service, le Charles de Gaulle fut donc extrêmement actif, réalisant selon la Marine nationale quelques 2000 jours de mer et parcourant l’équivalent de 30 tours du monde, tout en conduisant plus de 80.000 catapultages et appontages. 

Outil militaire, politique et diplomatique majeur, ce bâtiment est unique en Europe et pratiquement dans le monde puisque seuls les Etats-Unis disposent pour le moment de porte-avions équivalents. Des plateformes nettement plus grosses et emportant plus d’appareils, mais dont les capacités sont en réalité assez similaires compte tenu des importantes optimisations menées par les français sur leur unique porte-avions et sa chasse embarquée.

 

Le Charles de Gaulle avec le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower (© : US NAVY)

Le Charles de Gaulle avec le porte-avions américain USS Dwight D. Eisenhower (© : US NAVY)

 

L’atout principal d’un tel navire est sa capacité à profiter de la liberté de naviguer dans les eaux internationale pour se projeter partout dans le monde, sachant que la grande majorité des populations, bassins économiques, centres de décision et installations stratégiques sont situés sur la côte ou suffisamment proche du littoral pour être atteintes par l’aviation embarquée. L’aviation basée à terre peut le faire également, mais à seule condition que le théâtre d’opération soit atteignable ou suffisamment proche pour obtenir l’effet militaire désiré. Par exemple, si l’intervention implique des frappes massives et répétitives, les avions doivent impérativement disposer de points d’appui à proximité, ce qui est rarement le cas lorsqu’éclate une crise. Sans compter le fait qu’il leur faut aussi, pour se projeter à grande distance, les autorisations de survol des pays traversés entre les bases et cibles désignées.

Liberté de manœuvre et force de frappe considérable

La chasse et les avions radar du Charles de Gaulle n’ont donc pas ce problème et peuvent être positionnés au plus près des zones à atteindre. Capable de franchir plus de 1000 kilomètres par jour, le porte-avions est en mesure de rallier rapidement une zone de crise pour protéger les intérêts stratégiques du pays, sa simple présence pouvant suffire à provoquer un effet dissuasif à même d’entrainer une désescalade. Car le porte-avions et les bâtiments qui l’entourent offrent une puissance de feu considérable. Pouvant réaliser des dizaines de sorties dans la journée, les Rafale Marine mettent en œuvre une panoplie très large de senseurs et d’armements. Cela va du missile de croisière Scalp EG au missile antinavire Exocet AM39, en passant par une large variété de bombes (GBU, AASM), sans oublier leur capacité à assurer une défense aérienne de zone. S’y ajoute aussi la possibilité d’effectuer des frappes nucléaires grâce au missile ASMPA et des missions de reconnaissance grâce notamment à des systèmes d’imagerie extrêmement précis.

Une plateforme de 42.500 tonnes à propulsion nucléaire

Long de 261.5 mètres pour une largeur de 31.5 mètres à la flottaison et jusqu’à 64 mètres au niveau du pont d’envol, le Charles de Gaulle présente un déplacement de 42.500 tonnes en charge. Il est le seul, avec les porte-avions américains, à disposer d’une propulsion nucléaire. Celle-ci repose sur deux chaufferies du type K15, similaires à celle équipant les quatre sous-marins nucléaires lanceurs d’engins (SNLE) du type Le Triomphant. Ces réacteurs à eau pressurisée d’un poids de 800 tonnes chacun permettent de générer de la vapeur, qui entraine des groupes turbo-réducteurs alimentant à la fois la propulsion tout en générant l’énergie électrique nécessaire au bateau et à ses équipements, de l’éclairage aux radars. Les chaufferies sont situées dans deux compartiments distincts. L’ensemble des installations nucléaire est par ailleurs intégré dans un énorme « caisson », physiquement séparé du reste du porte-avions et extrêmement protégé. Un véritable bateau dans le bateau conçu non seulement pour des raisons de protection radiologique, mais aussi pour résister à des accidents et agressions extérieures, y compris l’abordage d’une frégate lancée à pleine vitesse par le travers.

 

Schéma de la partie énergie/propulsion paru dans le livre "Le porte-avions Charles de Gaulle, 15 ans de missions" (© : DR)

Schéma de la partie énergie/propulsion paru dans le livre "Le porte-avions Charles de Gaulle, 15 ans de missions" (© : DR)

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