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Le porte-avions Charles de Gaulle sort officiellement d'IPER

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Le porte-avions Charles de Gaulle sort officiellement d'IPER

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15 mois de travaux, 2.5 millions d'heures de travail, 1700 personnes mobilisées... Chantier colossal, dont le coût s'est élevé à 270 millions d'euros, la première Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations (IPER) du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle s'est achevée officiellement le 1er décembre. Cette IPER avait débuté le 1er septembre 2007, après que le bâtiment, mis en service en 2001, eut réalisé 1100 jours de mer et l'équivalent de 12 tours du monde. Durant ce « grand carénage », les deux coeurs nucléaires ont été rechargés et de nouvelles hélices installées, ce qui doit permettre au Charles de Gaulle d'atteindre la vitesse de 27 noeuds. De manière générale, l'ensemble des grands équipements ont été visités et les obsolescences traitées. De nouveaux matériels ont, ainsi, été mis en place, comme deux antennes Syracuse III de liaison par satellite. Dans le même temps, alors que les deux catapultes à vapeur et les presses de freins subissaient une importante opération de maintenance, les installations aéronautiques étaient adaptées pour la mise en oeuvre du Rafale au standard F3. Les soutes à munition peuvent désormais accueillir les nouveaux armements embarqués par l'avion de combat (AMSP-A, Scalp EG, AASM). « Grâce à une organisation industrielle sans faille, les travaux de longue durée du porte-avions Charles de Gaulle réalisés sous maîtrise d'oeuvre DCNS ont été menés dans les délais et les coûts impartis, tout en maintenant de bonnes conditions de travail et de sécurité », indique Bernard Planchais. Pour le Directeur Général Délégué de DCNS : « Sur le plan technique, ce projet représente une première majeure avec le rechargement de deux chaufferies nucléaires qui ont l'objet de mesures de sécurité draconiennes pour garantir une sécurité parfaite. Cette organisation représente également un bel exemple de mise en commun de compétences. L'opération a été réalisée en partenariat avec la Marine, le Service de Soutien de la Flotte et l'équipage ainsi que de nombreuses entreprises partenaires au premier rang desquelles AREVA TA, sans compter tous les établissements de DCNS ».

Opérationnel au printemps

Après avoir réalisé avec l'équipage l'ensemble de ces travaux dans un temps record, DCNS a donc remis le navire à la Marine nationale. Le Charles de Gaulle ne retrouvera toutefois pas sa pleine capacité opérationnelle avant le printemps prochain. Après quasiment un an et demi à quai, le porte-avions a repris la mer le mois dernier pour débuter une phase de « remontée en puissance ». Après les essais en mer suite aux travaux et la reprise en main de la plateforme par l'équipage, il faudra requalifier l'ensemble du groupe aérien embarqué, privé de son porte-avions depuis l'été 2007. « En effet, en raison de l'unicité du porte-avions, il n'a pas été possible pendant l'IPER de former de nouveaux pilotes ni d'entretenir les qualifications des pilotes déjà confirmés, ainsi que celles des équipes de pont d'envol. Seule une poignée de pilotes a pu bénéficier de l'embarquement de 6 Rafales et d'un Hawkeye à bord du porte-avions Roosevelt au large des Etats-Unis l'été dernier. Au cours de ce déploiement, 150 appontages ont été réalisés, dont un tiers de nuit », explique la Marine nationale.
Long de 261.5 mètres pour un déplacement de 42.500 tonnes, le Charles de Gaulle peut embarquer une petite quarantaine d'aéronefs (Super Etendard Modernisés, Rafale, Hawkeye et hélicoptères). Capable de catapulter un avion toutes les 30 secondes, le bâtiment est armé par un équipage de 1200 marins, auxquels s'ajoutent 600 pilotes et techniciens des flottilles embarquées, ainsi qu'un état-major de 100 personnes.

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