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Le Pourquoi Pas ? seule chance de retrouver les boites noires de l'Airbus d'Air France

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Le Pourquoi Pas ? seule chance de retrouver les boites noires de l'Airbus d'Air France

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Le navire océanographique Pourquoi Pas ?, propriété de l'Ifremer et de la Marine nationale, est en route pour participer aux recherches de l'Airbus A330 d'Air France. La disparition de l'appareil, lundi en plein Atlantique, reste un mystère. Hier, une frégate de la marine brésilienne avait récupéré des débris. Mais, ce matin, les autorités brésiliennes ont annoncé qu'ils n'appartenaient pas à l'avion. Navires et aéronefs poursuivent donc leurs recherches, sur un secteur très vaste situé entre le Brésil et le Sénégal. Cette zone couvre des dizaines de milliers de kilomètres carrés. De nombreux moyens sont mobilisés, dont deux avions de patrouille maritime Atlantique 2 et un avion de surveillance maritime Falcon 50M de la Marine nationale, ainsi qu'un avion radar Awacs de l'armée de l'Air. La frégate de surveillance Ventôse fait route sur le secteur présumé de l'accident, son arrivée étant prévue dimanche. Le Bâtiment de Projection et de Commandement Mistral, en escale à Malabo (Guinée), va rejoindre Abidjan pour embarquer des hélicoptères puis se tiendra prêt à intervenir suivant l'évolution des recherches. Enfin, côté brésilien, une dizaine d'avions et de navires sont mobilisés. Pour mémoire, le vol AF 447 a disparu peu après 4H15 du matin sans envoyer de message de détresse. Il avait décollé de Rio de Janeiro pour rejoindre l'aéroport parisien de Roissy et transportait 216 passagers, dont 61 Français, et 12 membres d'équipage.

 Le Pourquoi Pas ? (© JEAN-LOUIS VENNE)
Le Pourquoi Pas ? (© JEAN-LOUIS VENNE)

Tenter de capter les signaux des boites noires


Le plus récent et le plus performant navire océanographique français a pour mission de localiser et de récupérer les boites noires de l'A330. Cette mission s'annonce comme particulièrement difficile, tant la zone à couvrir est vaste. Elle est, par ailleurs, constituée de fonds marins avec un relief très accidenté, ne facilitant pas la propagation des ondes sonores, sans oublier que l'océan s'enfonce, dans cette région, à quelques 4000 mètres de profondeur. Le Pourquoi Pas ? va donc, dans un premier temps, ratisser les eaux de l'Atlantique avec ses hydrophones, afin de capter les signaux émis par les enregistreurs de l'avion. Ces derniers sont actifs durant trente jours, ce qui signifie que le navire aura moins de trois semaines pour les repérer, les moyens d'écoute devant être immergés à au moins 1000 mètres. Pour cette recherche extrêmement délicate, le Pourquoi Pas ? s'appuiera sur le Service Hydrographique et Océanographique de la Marine, dont la mission est de tenir à jour la connaissance des fonds marins. Le SHOM apportera son expertise en matière de bathymétrie, d'hydrodynamique, de courantologie ou encore de sédimentologie. Pour être efficaces, les recherches nécessitent, en effet, de connaître de nombreux paramètres, qui déterminent les capacités de détection ou encore l'emplacement des objets recherchés. Les ondes sonores se propagent, notamment, en fonction de la salinité, de la pression et de la température de l'eau, ainsi que du relief sous-marin. Quand aux objets immergés, ils se déplacent au fil du temps avec les courants, ce qui rend encore un peu plus compliquée l'opération.

 Le Nautile (© IFREMER)
Le Nautile (© IFREMER)

Deux robots sous-marins pour oeuvrer jusqu'à 6000 mètres de fond

Si les signaux émis par les boites sont détectés, le bâtiment pourra en déduire un secteur où lancer les recherches sous-marines pour récupérer les enregistreurs. Celles-ci seront assurées au moyen de deux engins. Le premier est le robot télé-opéré Victor 6000, qui peut travailler jusqu'à 6000 mètres de profondeur durant plusieurs jours. Il est notamment doté de moyens vidéo. En plus, le Pourquoi Pas ? embarque le Nautile, un submersible habité conçu pour l'observation et l'intervention jusqu'à 6000 m de profondeur. Il est, entre autre, utilisé pour la reconnaissance de zones, le prélèvement d'échantillons et la manipulation d'outillages spécifiques, l'assistance à la réalisation de travaux offshore et l'intervention sur épaves polluantes, comme celle du pétrolier Prestige). Les robots sous-marins sont régulièrement employés pour localiser et remonter à la surface les boites noires des appareils s'étant abîmés en mer. Ce fut notamment le cas, en 2004, suite au crash de Charm el-Cheikh. Cette opération donne d'ailleurs une bonne idée de la difficulté qui attend les équipes de recherches avec l'A330 d'Air France. Début 2004, il avait fallu deux semaines pour retrouver et remonter les enregistreurs du Boeing 737 de Flash Airlines. On connaissait pourtant la zone de l'accident et les boites « ne » se trouvaient qu'à un millier de mètres de profondeur.
Livré en 2005 par les chantiers de Saint-Nazaire, le Pourquoi Pas ? a été financé à 55% par l'Ifremer et 45% par la Marine nationale, cette dernière pouvant en disposer 150 jours par an. Long de 107.6 mètres pour un déplacement de 6600 tonnes en charge, le navire est armé par un équipage de 33 personnes et peut embarquer 40 scientifiques.
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