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Le premier avion embarqué indien décolle

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Le premier avion embarqué indien décolle

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Le porte-avions indien Vikramaditya a réalisé le 12 janvier le premier lancement d’un avion de conception nationale. Ce démonstrateur technologique développé sur la base du chasseur indien Tejas-1 avait réussi à apponter la veille sur le bâtiment, équipé d’une piste oblique et de brins d’arrêt. Il a donc décollé le lendemain au moyen du tremplin situé à la proue du Vikramaditya, qui est une plateforme de type STOBAR (Short Take-Off But Arrested Recovery).

 

Appontage le 11 janvier (© DR)

Le Tejas au décollage sur le Vikramaditya avec un Mig-29K sur la droite (© INDIAN NAVY)

Le Tejas au décollage sur le Vikramaditya avec un Mig-29K sur la droite (© INDIAN NAVY)

Le Tejas au décollage sur le Vikramaditya le 12 janvier (© INDIAN NAVY)

Le Tejas au décollage sur le Vikramaditya le 12 janvier (© INDIAN NAVY)

 

Conçu et produit par l’avionneur indien HAL, le Tejas, qui a réalisé son premier vol en 2001, a été mis en service en 2015 dans les forces aériennes indiennes. Longtemps évoquée, la navalisation de cet avion monoplace et mono-réacteur a été abandonnée, le développement d’un prototype se poursuivant néanmoins afin de permettre aux industriels et militaires indiens d’accumuler de l’expérience et développer un socle de compétences nationales. Une nouvelle version biréacteur adaptée à un emploi sur porte-avions STOBAR est cependant à l’étude, le ministère indien de la Défense annonçant à l’occasion des manœuvres du premier Tejas sur le Vikramaditya son objectif de voir cet appareil embarquer à l’horizon 2026. Mais avec l’Inde les calendriers sont rarement respectés. C’est pourquoi d’autres solutions vont voir le jour en attendant que le pays soit pleinement capable de développer et produire des avions de combat répondant à ses besoins opérationnels.  

Pour l’heure, l’aéronavale indienne est équipée de Mig-29K russes et souhaite se doter de nouveaux avions de combat embarqués. A cet effet, une RFI (Request For Information) a été émise en mai 2017 auprès des avionneurs internationaux. Elle porte sur l’acquisition de 57 appareils. Dassault Aviation est notamment en compétition avec la version navalisée du Rafale, en service sur le porte-avions Charles de Gaulle. Le groupe français a déjà vendu 36 Rafale à l’armée de l’air indienne (les livraisons ont débuté fin 2019 et s’échelonneront jusqu’en 2022)  et est en lice pour une autre commande portant sur une grosse centaine d’appareils (une RFI en ce sens a été émise par New Delhi en juillet 2018).

 

Le Vikramaditya et l'ex-Viraat en 2016 (© INDIAN NAVY)

Le Vikramaditya et l'ex-Viraat en 2016 (© INDIAN NAVY)

 

Pour mémoire, après le désarmement du Viraat (ex-Hermes britannique) début 2017, l’Inde ne dispose plus actuellement que d’un porte-avions, le Vikramaditya (ex-Gorshkov russe profondément modernisé à Severodvinsk et livré en 2013 à la marine indienne). Ce bâtiment de 283 mètres de long pour 45.000 tonnes de déplacement en charge est capable d'embarquer 26 avions et une dizaine d'hélicoptères. Va suivre le Vikrant (262 mètres, plus de 40.000 tpc, 30 à 40 aéronefs), premier porte-avions de construction nationale mis à l’eau à Cochin en 2013 et qui en est toujours au stade de l’achèvement à flot. La réception de ce STOBAR par la flotte indienne n’est pas à ce stade prévue avant 2021 pour une mise en service, au mieux, l’année suivante. Un porte-avions d’un nouveau type doit ensuite être construit à l'horizon 2030. Il s’agit du Vishal, qui sera peut-être équipé de catapultes et serait donc le premier CATOBAR indien.  

 

Le Vikrant (© INDIAN NAVY)

Le Vikrant (© INDIAN NAVY)

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