Construction Navale

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Le premier ministre chez STX France

En déplacement hier à Saint-Nazaire, Jean-Marc Ayrault s’est, à l’issue de  la cérémonie marquant le début de la construction des usines d’éoliennes offshore d’Alstom, rendu aux chantiers STX France. Un passage au cours duquel le premier ministre a, notamment, brièvement rencontré les syndicats. « Une visite de courtoisie dans une période plutôt favorable », commente un délégué du personnel, faisant référence à la commande, fin décembre, d’un paquebot géant destiné à la compagnie américaine Royal Caribbean International. Obtenue en partie grâce au soutien de l’Etat, qui a facilité les procédures administratives pour assurer la couverture du montage financier, tout en favorisant la mise en place d’un tour de table avec les banques, cette commande redonne de l’espoir au dernier grand chantier civil français. « Ce paquebot c’est 10 millions d’heures de travail, presque trois années de travail. C’est un coup de pouce formidable qui va faire vivre à la fois les gens des chantiers navals mais aussi les entreprises de sous-traitance de toute la région», a rappelé Jean-Marc Ayrault. Une excellente nouvelle donc, mais qui ne doit pas faire oublier qu’entre la livraison des deux derniers navires de croisière actuellement en achèvement à Saint-Nazaire (MSC Preziosa de 1739 cabines et Europa 2 de 258 cabines, livrables en mars et avril de cette année) et la montée en puissance de l’Oasis 3 (le fameux paquebot géant, dérivé de deux navires de 2700 cabines livrés par les chantiers finlandais en 2009 et 2010), dont la découpe de la première tôle doit intervenir en septembre pour une livraison en 2016, il va s’écouler du temps.

 

 

A la recherche de petits contrats pour occuper la sous-traitance

 

 

Et durant cette période, la charge de travail sera très faible, notamment pour le réseau de sous-traitants. « Cette commande était nécessaire au chantiers pour survivre et pour redonner de la motivation aux salariés, mais pas suffisante pour pérenniser l'activité du site. Dans un premier temps, il y a le court terme, l'inquiétude va vers ces sous-traitants qui pourraient avoir du mal à tenir jusqu'au démarrage de la fabrication du navire avec les conséquences sociales que l'on sait », explique la CFTC. L’urgence est donc au maintien des compétences chez les coréalisateurs, qui vont devoir franchir une année très difficile. Afin de les soutenir et leur amener de la charge, STX essaye, notamment, de décrocher de petites commandes, navires ou autres, capables d’entrer rapidement en production et de donner du travail aux sous-traitants, dont la survie est vitale pour le savoir-faire du chantier.

 

 

Maintenir les efforts de diversification

 

 

Mais il faut aussi préparer l’avenir et, notamment, la sortie du « tout paquebot ». Ainsi, les syndicats appellent l’Etat, actionnaire à 33.34% de STX France, à accompagner les efforts de diversification du chantier, afin que celui-ci ne soit plus aussi dépendant de la croisière, un marché cyclique qui le plonge régulièrement au bord du gouffre. Il faut « poursuivre la stratégie de diversification malgré le formidable défi industriel que constitue la construction d’Oasis 3, et la mobilisation des ressources qui sera nécessaire », note la CFE CGC, qui a plaidé auprès du premier ministre pour « accentuer la constitution d’une véritable filière navale, seule capable d’assurer un véritable avenir au réseau de sous-traitants et équipementiers. Comme pilote de la stratégie industrielle de la France, l’Etat doit en être le garant et le moteur ».

Offshore ou encore énergies marines renouvelables, Saint-Nazaire cherche à développer son activité sur de nouveaux segments de marché.  Un travail de longue haleine, puisqu’il faut percer sur des secteurs où STX France n’a que peu de références, mais dont la concrétisation est aussi rendue difficile par l’évolution du plan de charge. Avec la montée en puissance de l’Oasis 3 et la prise éventuelle d’autres commandes dans le secteur de la croisière et des ferries, le chantier pourrait, en effet, rapidement se trouver saturé. Les syndicats souhaitent par conséquent que, même si d’autres bonnes nouvelles devaient intervenir dans les prochains mois, les efforts de diversification soient maintenus pour ne pas, dans quelques années, se retrouver une nouvelle fois au bord du précipice.

STX FRANCE (Chantiers de Saint-Nazaire)