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Le procès du Sokalique s'est ouvert à Brest

Le procès du naufrage du Sokalique s'est ouvert, hier, à Brest, avec le témoignage des marins rescapés. Le 17août 2007, en Manche, le caseyeur roscovite était entré en collision avec l'Ocean Jasper qui avait pris la fuite. Bernard Jobard, le patron pêcheur du Sokalique, a péri noyé.

"On a été réveillés par un très, très gros choc, puis un deuxième et un troisième, se souvient Hubert, l'un des six hommes d'équipage. Bernard (Jobard) est monté directement à la passerelle. Le bateau s'est couché. J'ai dit à Semione qu'on allait mourir et il m'a dit non. J'ai vu Bernard flotter sur l'eau et puis je ne l'ai plus vu". "J'ai quitté le bateau quand j'avais la tête sous l'eau», poursuit Semione, l'un des autres marins. Dans la salle d'audience, on n'entend pas une mouche voler. La veuve du patron pêcheur, Yvette Jobard fond en larmes. Son avocat, Me Gilbert Collard, se tient à ses côtés. 


"Aviez-vous fumé du cannabis?"

C'est Frédéric, cité comme témoin, qui était à la passerelle du Sokalique au moment des faits. Visiblement, le tribunal semble douter de ses compétences maritimes. Réalisée par l'École navale et l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale), une expertise évoque d'ailleurs «une mauvaise manoeuvre de la personne de quart à bord du Sokalique quiaurait pu stopper et laisser passer l'Ocean Jasper». Et ce, même si le caseyeur, venant de tribord, était privilégié. «Il a vu l'OceanJasper mais il n'a rien fait», a également indiqué un expert maritime de Boulogne-sur-Mer. Me Le Luyer, avocat de quatre des six marins rescapés, n'a pas hésité à demander au matelot qui était à la barre du caseyeur: «Aviez-vous fumé du cannabis ce soir-là?». Le marin a répondu «non». «C'était un matelot qui faisait bien son travail. S'il n'avait pas été compétent, il n'aurait pas effectué plusieurs marées sur le Sokalique et mon mari ne lui aurait pas donné la barre», est venue plaider YvetteJobard. 

Ocean Jasper: endormissement? 

À partir des traces du choc relevées sur l'Ocean Jasper, l'IRCGN a tenté de reproduire le scénario de la collision. Selon son rapport, «le Sokalique devait être visible sur le tribord de l'Ocean Jasper depuis 15 minutes» avant l'accident. Mais pour les experts, personne, semble-t-il, ne se trouvait à la barre de l'Ocean Jasper. Et le représentant de l'École navale de rappeler l'une des règles du Ripam (Règlement international pour prévenir les abordages en mer): tout navire doit assurer une veille visuelle, auditive et permanente. Le rapport du Bureau enquête accident mer (BEA) mer relate aussi «un relâchement au niveau de l'officier de quart du cargo». 

Le commandant et le second absents 

Hier, seul l'armateur turc du cargo était présent à l'audience. En revanche, les deux autres prévenus, le commandant et le second de l'Ocean Jasper, étaient absents. La justice française a lancé un mandat d'arrêt international contre ces deux Azerbaïdjanais qui ne devraient pas être présents, non plus, lors des trois prochains jours du procès. Les trois prévenus sont poursuivis pour homicide involontaire, délit de fuite et omission de porter secours à personne en péril.

 

Article réalisé par la rédaction du Télégramme

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