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Le programme des nouveaux sous-marins espagnols accuse du retard

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Le programme des nouveaux sous-marins espagnols accuse du retard

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Le président du groupe Navantia a confirmé que le programme S-80 accusait du retard. Ainsi, le premier sous-marin de ce type serait mis à l'eau en 2014 et ne devrait pas être remis à la marine espagnole avant 2016. Navantia justifie ce glissement par la complexité du bâtiment. Doté de technologies de pointe, le S-80 est le premier sous-marin conçu et réalisé en Espagne. Les précédents, des types Daphné et Agosta, avaient été construits avec l'aide technique française. Quant au Scorpène, apparu à la fin des années 90, il avait fait l'objet d'un développement commun avec DCNS, cet accord étant aujourd'hui caduc.

Le S-80  (© : NAVANTIA)
Le S-80 (© : NAVANTIA)

Plus gros sous-marin conventionnel d'Europe

Afin de remplacer les sous-marins précédents, le programme S-80 a été lancé par l'Espagne en 2004. Quatre sous-marins ont alors été commandés. Tête de série, le S 81, construit à Carthagène, a été mis sur cale fin 2007. Conçu comme un bâtiment océanique, le S-80 est le plus gros sous-marin conventionnel développé en Europe. Long de 71.05 mètres, il affichera un déplacement de 2200 tonnes en surface et 2426 tonnes en plongée. Capable d'atteindre 19 noeuds, il sera équipé de trois moteurs diesels de 1200 kW et un moteur électrique de propulsion. A cela s'ajoutera un nouveau système de propulsion anaérobie spécialement conçu pour ce programme par Navantia, Hamilton Sundstrand et Hyndergreen. D'une puissance de 300 kW, cet AIP fonctionnera au bioéthanol. Le carburant sera transformé en hydrogène et en oxygène liquide dans un réservoir cryogénique fourni par Air Liquide. Permettant de s'affranchir momentanément d'une navigation au schnorchel pour recharger les batteries, ce système augmentera significativement l'autonomie du sous-marin en plongée. Celle-ci devrait être d'au moins 15 jours à la vitesse de 4 noeuds. Selon les sources, le sous-marin pourrait rester jusqu'à 20 à 30 jours immergé.

Le S-80  (© : NAVANTIA)
Le S-80 (© : NAVANTIA)

Alliance avec les Américains

Produit espagnol, le S-80 a été conçu dans le pur « esprit OTAN ». Il s'appuie notamment, au niveau de l'électronique et de l'armement, sur des équipements américains. Ainsi, le système de combat SUBICS est développé en partenariat avec Lockheed-Martin. Le sous-marin sera, en outre, doté de deux mâts optroniques et d'une suite sonar complète (EDO, Socilsub et Solarsub). Très automatisé, son équipage ne comprendra que 31 hommes. Pendant les périodes de transit, seul trois opérateurs, utilisant des consoles multifonctions, seront nécessaires à la conduite du bâtiment. En matière d'armement, le S-80 disposera de six tubes de 533mm, répartis en deux rangées superposées (4+2). Fournis par le Britannique Babcock, le système de lancement d'armes permettra de tirer des torpilles lourdes DM 2-A, des missiles antinavire Harpoon et, le cas échéant, des missiles de croisière Tomahawk. Si ce type d'armement est acquis auprès des Etats-Unis, l'Espagne deviendra la seconde nation d'Europe, après la Grande-Bretagne (et juste avant la France à partir de 2017 sur Barracuda), à pouvoir lancer des missiles de croisière depuis ses sous-marins. On notera que le S-80 sera aussi capable de mouiller des mines. Enfin, des logements supplémentaires sont prévus pour 8 commandos, permettant au bâtiment de servir aux opérations spéciales.
En dehors de la marine espagnole, qui devrait au total commander 6 sous-marins, Navantia espère, avec le S-80, remporter des succès à l'export. Ce produit a déjà été proposé à plusieurs pays mais le constructeur espagnol sera sans doute mieux placé pour le vendre une fois achevés les essais et la mise au point de la tête de série. On notera enfin que le constructeur espagnol travaille sur une version moins équipée du S-80, afin de proposer de meilleurs prix à l'international.

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