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Le projet d’alliance entre Naval Group et Fincantieri

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Le projet d’alliance entre Naval Group et Fincantieri

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Les deux industriels présenteront aujourd’hui leur nouvelle alliance. Connu sous le nom de Poseidon, ce projet a été politiquement initié le 27 septembre 2017 lors du sommet franco-italien de Lyon. En juillet dernier, les conclusions des groupes de travail constitués pour la circonstance avaient été remises aux gouvernements français et italien. Elles se sont traduites par une feuille de route et différentes initiatives devant permettre la mise en œuvre du projet souhaité par Naval Group et Fincantieri.

Compte tenu de la dégradation des relations entre Paris et Rome depuis l’arrivée au pouvoir cette année, de l’autre côté des Alpes, de La Ligue et du Mouvement 5 Etoiles, les industriels ont été contraints de revoir leurs ambitions initiales à la baisse. Il n’est par exemple plus question, pour le moment, de participations croisées.

Société commune

Naval Group et Fincantieri sont néanmoins parvenus à arracher un accord permettant d’initier un rapprochement, certes aux contours plus réduit que ce qui était escompté, mais qui constitue tout de même une base intéressante et très pragmatique. Elle permettrait de renforcer sensiblement leur coopération et, si les conditions sont à l’avenir réunies, d’aller plus loin. « Prenant acte de la déclaration de soutien des gouvernements français et italien, et sous réserve de l’accord des conseils d’administration des deux sociétés, Fincantieri et Naval Group sont prêts à lancer concrètement cette alliance, avec pour première étape l’objectif de définir les termes et conditions d’une joint-venture contrôlée à parts égales », expliquent les deux groupes.

Cette société commune porte sur des aspects industriels et commerciaux, ainsi que la recherche et le développement. Elle vise notamment à la préparation d’offres conjointes pour des programmes binationaux et des marchés à l’export. La JV aura aussi pour mission de travailler sur l’amélioration de la supply chain des deux industriels avec, par exemple, des achats groupés pour réduire les coûts ou encore de développer le choix de systèmes et équipements développés par l’un et l’autre des partenaires. Il s’agit aussi, pour Naval Group et Fincantieri, de joindre leurs forces afin de fortifier la R&D et l’innovation, un élément clé pour résister à une concurrence internationale de plus en plus féroce. Les deux industriels souhaitent enfin partager leurs centres et moyens d’essais, ainsi que des réseaux d’experts.

« Améliorer la compétitivité des filières industrielles »

« Fincantieri et Naval Group considèrent que cette alliance représente une belle opportunité pour les deux groupes et leurs écosystèmes respectifs en renforçant leur capacité à répondre aux besoins des marines française et italienne, pour gagner de nouveaux contrats à l’export et de nouveaux financements pour la recherche et, in fine, améliorer la compétitivité des filières industrielles navales française et italienne », soulignent les deux groupes, qui précisent qu’ « un accord de gouvernement à gouvernement sera nécessaire pour garantir la protection de la souveraineté des deux pays, une collaboration fluide entre les équipes françaises et italiennes et encourager une cohérence accrue des programmes nationaux qui encadrent et soutiennent les exportations ».

Bâtiments logistiques et refonte des frégates Horizon

Côté réalisations communes, ce rapprochement intervient trop tard pour les grands programmes nationaux (frégates, bâtiments de projection), déjà lancés dans chaque pays. Il ne restait plus, à court terme, que les quatre nouveaux bâtiments logistiques de la Marine nationale (FLOTLOG). La France a donc accepté d’abandonner le design qui était à l’étude pour une solution basée sur une évolution du design du nouveau ravitailleur italien, le Vulcano, en cours d’achèvement chez Fincantieri. Les parties avant des coques devraient être réalisées en Italie et remorquées à Saint-Nazaire, où les Chantiers de l’Atlantique réaliseront le reste des bâtiments et l’armement de l’ensemble. Les deux premiers FLOLOG doivent être livrés entre 2022 et 2025.

En dehors de ce programme, Fincantieri et Naval Group souhaitent également travailler sur la modernisation des quatre frégates franco-italiennes du type Horizon : « A compter de 2019 et avec le soutien des deux ministères des Armées, Fincantieri et Naval Group examinent la possibilité de présenter une offre commune pour les premières études de la refonte à mi-vie des frégates françaises et italiennes de classe Horizon, avec un combat management system (CMS) commun ».

Ce projet s’inscrit dans le cadre de la volonté des patrons de Naval Group et Fincantieri de consolider l’industrie navale européenne, très éclatée et donc fragilisée face à la montée en puissance de certains acteurs internationaux, notamment asiatiques et russes. Et l’axe franco-italien, comme nous l’expliquait la semaine dernière Hervé Guillou, président de Naval Group, est ouvert à d’autres industriels européens : « Cela avance à la vitesse à laquelle cela peut avancer, mais je pense que comme EADS et MBDA, le mouvement entrainera le mouvement. Et nous avons dans cette perspective intérêt à être dans l’équipe qui conduit et impulse, plutôt que d’attendre et d’être finalement contraints et forcés par les lois du marché à se regrouper ou mourir »

 

Fincantieri Naval Group (ex-DCNS) Euronaval 2018