Défense
Le projet des bâtiments hydrographiques de nouvelle génération avance
ABONNÉS

Actualité

Le projet des bâtiments hydrographiques de nouvelle génération avance

Défense

Connu sous le nom de CHOF (Capacité Hydrographique et Océanographique Future), le projet de remplacement des trois actuels bâtiments hydrographiques de la Marine nationale a franchi cette année une étape importante. En mai dernier, à l’occasion d’un comité ministériel d’investissement, la ministre des Armées, Florence Parly, a décidé de lancer la phase de préparation du programme. Celle-ci s’étend jusqu’à la fin 2022. Une période durant laquelle le Shom (service hydrographique et océanographique de la marine), en lien avec la Direction Générale de l’Armement et la Marine nationale, va affiner les capacités opérationnelles souhaitées pour ces bâtiments hydrographiques de nouvelle génération (BH NG). Il va s’agir, en particulier, d’expérimenter différents modèles d’engins autonomes qui pourront être mis en œuvre depuis les futurs navires et, ainsi, compléter les senseurs déployés par ces plateformes. La priorité va être donnée aux essais de drones de surface et sous-marins, les BH NG devant également être en mesure de déployer des drones aériens. De nouveaux senseurs seront également testés, comme un gravimètre à atomes froids permettant d'effectuer des mesures précises de la pesanteur absolue.

Un appel d’offres va être lancé pour cette phase d’expérimentation, les essais à la mer devant débuter dès le printemps 2020 et se poursuivre jusqu’en 2022. L’idée est de pouvoir déterminer la capacité opérationnelle initiale qui sera celle des BH NG à leur mise en service, tout en se ménageant les marges de manœuvre nécessaires pour l’intégration progressive de nouvelles capacités ou composants au fil des évolutions technologiques, du dérisquage de concepts et de la maturité des systèmes. En cela, CHOF s’inscrit dans le cadre des nouvelles instructions générales des programmes d’armement. Une réforme initiée par la loi de programmation militaire pour développer les démarches incrémentales et, ainsi, anticiper l’évolutivité des équipements à l’heure où les progrès technologiques se font à une vitesse inédite.

La phase de préparation du programme doit conduire, fin 2022, début 2023, à des conclusions qui serviront de base à la définition du programme et aux décisions qui seront prises au ministère des Armées quant à la commande des navires et de leurs systèmes de drones. Sur la période de la LPM, la mise en service du premier BH NG est prévue. Elle est aujourd’hui attendue fin 2025, le second bâtiment devant rapidement suivre (en 2026 ou 2027). Les caractéristiques techniques de ces nouveaux bateaux ne sont pas encore figées, mais il s’agira de plateformes hauturières d’environ 80/90 mètres et 3000 tonnes. Plus grandes donc que les actuels bâtiments hydrographiques Lapérouse, Borda et Laplace, unités de 59 mètres et 980 tonnes de déplacement en charge mises en service en 1988 et 1989. Leur désarmement coïncidera avec l’arrivée des BH NG, entre 2025 et 2026/2027.  

CHOF est un programme stratégique car ce sont les bâtiments hydrographiques et océanographiques qui assurent la mise à jour des cartes marines et la connaissance fine des volumes d’eau et fonds marins dans les différentes étendues maritimes. Des données essentielles pour la sécurité de la navigation et l’efficacité des opérations, en particulier pour les sous-marins, mais aussi pour le bon fonctionnement des senseurs, à commencer par les sonars des bateaux noirs et ceux des bateaux gris spécialisés dans la lutte anti-sous-marine.  

Avec leurs équipements de nouvelle génération et leurs systèmes de drones (par ailleurs déployables indépendamment des bateaux-mères), les futurs BH NG vont permettre de renforcer les capacités françaises dans ce domaine. Les engins autonomes permettront de travailler plus vite et de couvrir des surfaces plus importantes, tout en bénéficiant des progrès de la digitalisation des systèmes pour recueillir un volume de données sensiblement plus important. En parallèle du programme des nouveaux navires, le Shom travaille d’ailleurs sur l’évolution de ses systèmes de traitement et d’analyse afin d’être en mesure de pouvoir exploiter l’ensemble de ces énormes flux de données recueillies en mer.

- Voir notre article détaillé sur CHOF paru en mars 2018

 

Marine nationale