Défense
Le projet des nouveaux SNLE britanniques relancé

Actualité

Le projet des nouveaux SNLE britanniques relancé

Défense

Alors que la Royal Navy est confrontée à une cure d'austérité sans précédent, le gouvernement britannique ne bradera quand même pas les joyaux de la couronne. Le secrétaire à la Défense a donné son feu vert à la première phase d'études portant sur le design des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) de nouvelle génération destinés à remplacer les quatre Vanguard, mis en service entre 1993 et 1999. Liam Fox a précisé que les futurs bâtiments seraient dotés d'une nouvelle chaufferie nucléaire, le Pressurised Water Reactor 3 (les Vanguard ont actuellement le PWR 2, fourni par Rolls-Royce). Ces nouveaux réacteurs devront avoir une durée de vie plus longue et générer des coûts d'exploitation moins importants.
Le passage de cette « initial gate » ne signifie pas que le programme soit encore totalement sécurisé puisque la décision de construire les futurs SNLE ne sera pas prise avant 2016. Toutefois, il s'agit d'un signal très positif en faveur de ce projet très coûteux, sans compter que Liam Fox s'est voulu très clair quant à la pérennité de la dissuasion nucléaire britannique. « La permanence de la dissuasion nucléaire à la mer est la garantie ultime de notre sécurité nationale et, durant les 42 dernières années, la Royal Navy a assuré des patrouilles continues pour l'assurer. Nous ne savons pas comment le contexte international va évoluer au cours des 50 prochaines années et nous ne pouvons pas exclure la possibilité qu'une menace nucléaire directe contre le Royaume Uni puisse émerger. Ce n'est pas le moment de renoncer à cette capacité », explique le secrétaire à la Défense, qui précise que ce programme, « d'une importance nationale capitale, sécurisera aussi l'un des secteurs industriels stratégiques » du pays.

SNLE du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)
SNLE du type Vanguard (© : ROYAL NAVY)

Tête de série opérationnelle en 2028

D'après le ministère britannique de la Défense, le premier SNLE de nouvelle génération devrait entrer en service en 2028, la nouvelle flotte stratégique devant assurer un parapluie nucléaire à la Grande-Bretagne jusque dans les années 2060.
Les futurs bâtiments devraient prendre en compte la politique de Londres en matière de réduction des arsenaux nucléaires, ce qui serait déjà le cas puisque les Vanguard embarqueraient moins de missiles et moins de têtes nucléaires qu'auparavant (il y a 16 missiles Trident 2 D-5 sur chaque SNLE et jusqu'à 8 têtes par missile).
Pour l'heure, on ne sait pas combien de nouveaux sous-marins seront construits. Un temps, il fut évoqué en Grande-Bretagne une réduction de la flotte de SNLE à seulement trois unités. Mais cette hypothèse est risquée, la permanence à la mer d'un outil de dissuasion requérant au minimum quatre unités pour parer aux évènements imprévus.

Royal Navy | Actualité des forces navales britanniques