Marine Marchande
Le projet pour doter le Ville de Bordeaux d’un kite progresse

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Le projet pour doter le Ville de Bordeaux d’un kite progresse

Marine Marchande

Le projet destiné à équiper le Ville de Bordeaux avec un système d’aile Seawing permettant des économies de carburant « progresse correctement », indique-t-on chez Airseas, qui l’a développé. La société prévoit toujours une installation « en fin d’année 2020 » sur le navire de Louis Dreyfus Armateurs, qui sera affrété par Airbus pour transporter alors des pièces entre Saint-Nazaire et Mobile, aux Etats-Unis.

« On est en relation avec eux et nos équipes doivent aller, ce vendredi, visiter le navire et se familiariser avec les membres d’équipages qui sont enthousiastes », indique-t-on chez Airseas. Par ailleurs, « nous sommes en pleine discussion avec les autorités, notamment maritimes, et avec la société de classe pour faire agréer notre produit, mais il n’y a pas de points bloquants majeurs ».

L’installation proprement dite n’est pas une opération très lourde. « On a un produit qui est très modulaire, très simple d’installation. En soi, on n’a pas besoin de passer en cale sèche. Une grue de levage et du matériel de soudure pour faire des renforcements structuraux éventuels peuvent suffire ». Ainsi, « virtuellement, on pourrait installer notre produit dans n’importe quel port du monde sans avoir besoin de passer par un chantier propre ». D’un « temps cible d’une semaine », l’installation peut être découpée en plusieurs opérations pour profiter des escales sans immobiliser le navire. Dans le cas du Ville de Bordeaux, Airseas pourrait profiter d’une escale technique.

Quant aux études d’intégration, elles sont réalisées par LMG Marin. La filiale française du groupe de Bergen accompagne Airseas pour concevoir l’interface entre le système et le navire. Interviennent également dans les discussions, LDA, Airbus et la société de classification, le Bureau Veritas. Par ailleurs, LMG Marin modélise les navires pour étudier les interactions entre le kite et son porteur, optimiser les performances de la voile et réaliser le meilleur routage.

Airbus et Airseas ont signé en septembre 2018 un contrat pour équiper le Ville de Bordeaux. L’avionneur avait déjà effectué, quelques mois auparavant, des tests du kite sur un autre de ses navires, le Ciudad de Cadiz. Ceux-ci ont été concluants et ont donc ouvert la voie à une installation de cette voile de 500 m2 sur le Ville de Bordeaux qui doit permettre d’économiser 20% de carburant.

Airseas, issue de l’incubateur d’Airbus, a également signé un contrat avec l’armateur japonais K-Line. Un vraquier doit être équipé en 2021 d’une voile deux fois plus grande de 1000 m2. Si cet essai est concluant, l’armateur s’est engagé sur un achat de 50 voiles pour équiper sa flotte.

La société, pour le moment installée à Toulouse, et qui compte une quarantaine de salariés, doit déménager « courant 2021 » à Nantes. Elle s’installera dans un nouveau bâtiment de 5000 m2 au Bas-Chantenay, où elle disposera d’un hall pour prototyper les ailes et de bureaux. Elle devrait y  bénéficier d’un écosystème d’entreprises intéressant pour son développement, tout en se rapprochant de la mer.