Vie Portuaire
Le projet stratégique du Grand Port Maritime de Rouen

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Le projet stratégique du Grand Port Maritime de Rouen

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Présenté initialement au Conseil de surveillance du 6 février 2009, le projet stratégique a fait l'objet de débats au sein du Conseil de développement (5 mars et 1er avril 2009), du Conseil scientifique de l'estuaire (25 mars 2009) et du Conseil de surveillance (20 mars 2009). En parallèle, une large concertation a été menée auprès des organisations syndicales tout d'abord, puis des collectivités locales. Le projet a ainsi été considérablement enrichi. Voici les principaux volets de ce projet, tel qu'il a été approuvé ce 17 avril 2009 par le Conseil de surveillance.

Dynamiser l'activité portuaire de l'axe Seine

Les exportations de céréales, les importations de granulats, les vracs liquides énergétiques, et les conteneurs apparaissent comme les axes prioritaires du développement des trafics du port de Rouen.
A partir de 2015, l'aménagement alors terminé du chenal en Seine entre l'estuaire et Rouen par arasement de ses points hauts et donc, le gain d'1 mètre de tirant d'eau (porté à 11,30 mètres à la descente et 11,70 mètres à la montée) permettra de recevoir aux terminaux céréaliers les navires handymax de 50 à 60.000 tonnes.
L'élargissement de l'arrière-pays (hinterland) grâce aux modes ferroviaire et fluvial et l'implantation de capacités de stockage sur le canal Seine Nord en partenariat avec les organismes stockeurs du port de Rouen doivent permettre de drainer 1 million de tonnes de céréales supplémentaires.
L'amélioration du chenal bénéficiera aussi aux petits tankers modernes (sorties et entrées de Port-Jérôme) et aux trafics de vracs liquides alimentaires et destinés à l'industrie des agrocarburants.
Quant aux conteneurs, leurs trafics doivent pouvoir repartir à la hausse grâce, entre autres, à la compétitivité de la manutention liée aux effets de la réforme portuaire (lire plus loin), au développement des plates-formes logistiques, de l'inter modalité, du short sea shipping et, pour les conteneurs fluviaux, par l'instauration d'un feeder d'estuaire joignant directement Port 2000.

Dans ces conditions, le GPMR (Grand Port Maritime de Rouen) projette des trafics maritimes globaux de 28 Mt en 2015 (22,7 Mt en 2008) et de 33,8 Mt en 2020. Le nombre d'EVP (142.000 conteneurs Equivalents Vingt Pieds en 2008) passerait à 180.000 en 2015 et 227.000 en 2020.
Le total des trafics fluviaux (4,27 Mt en 2008) passerait à 7,7 Mt en 2015 et à près de 12 Mt en 2020. Le nombre d'EVP fluviaux (66.000 en 2008) passerait à 120.000 en 2015 et 200.000 en 2020.
En total du maritime et du fluvial, le GPMR (27 Mt en 2008) projette donc des trafics de 35,7 Mt en 2015 et 45,8 Mt en 2020.

La dynamisation de l'activité portuaire implique la réponse à la demande potentielle en augmentation de réparation navale, du fait de la croissance du trafic fluvial et plus spécifiquement d'automoteurs (desserte de Port 2000 et Honfleur) soumis à inspections périodiques. Le plan stratégique indique que l'achat d'un dock flottant d'occasion (9 à 10 millions d'euros) renforcerait un pôle industriel et naval dont les entreprises comptent environ 2.400 salariés dans le département.
Le GPMR réaffirme par ailleurs son attachement à l'aboutissement rapide d'un contournement routier à l'est de l'agglomération de Rouen.

Développer le ferroviaire et le fluvial

Mais si l'efficacité du port de Rouen (point d'entrée maritime de la région parisienne) restera pour partie directement liée à l'efficacité du mode routier, le GPMR se fixe pour objectif d'augmenter de 25%, dans un premier temps, la part modale des pré et post acheminements fluviaux et ferroviaires. Voici quelques axes de développement de ces deux modes.

Fluvial : possibilités de transbordement fleuve-fer renforcées par l'extension de la circonscription du GPMR jusqu'au barrage de Poses dans l'Eure; navettes fluviales entre Rouen et Le Havre ; favoriser l'accès de/vers Port 2000 par des unités fluvio côtières.

Ferroviaire : disposer d'un axe Le Havre-Rouen-Paris - Grande ceinture de Paris et d'un double grand contournement de l'Ile-de-France par le Nord et le Sud ; développer le réseau ferroviaire du port de Rouen ; partenariat entre Réseau Ferré de France et les deux GPM normands de Rouen et du Havre.

Construire la nouvelle organisation de la manutention

Voici la manière précise dont va se traduire à Rouen la réforme portuaire votée par les parlementaires et faisant partie du plan stratégique du GPMR.
L'outillage public traite aujourd'hui 10% du trafic du port de Rouen. Cinq terminaux feront l'objet d'une convention d'occupation de terminal de long terme avec maintien d'une « zone banale » pour limiter le risque d'abus de position dominante : terminal de l'Ouest ; terminal du Bassin aux Bois ; terminal forestier ; terminal conteneurs et marchandises diverses de Grand-Couronne/Moulineaux ; terminal de Honfleur. Feront l'objet d'appels à projets ultérieurs tous les autres terminaux, avec pour certains des conventions à court terme dans le cas de la poursuite de l'exploitation actuelle.

Chacun des salariés concernés se verra proposer une solution de détachement ou de reclassement dans un calendrier court, de manière à lever rapidement toutes incertitudes. Les négociations avec les opérateurs potentiels commenceront dès ce mois d'avril, les souhaits des salariés seront recueillis dès cet été, et les détachements, et cession des engins, seront effectués début 2010.

125 salariés concernés, 43 mécaniciens-conducteurs d'engins détachés

Hors marins, les effectifs du GPMR sont de 440 salariés. 125 salariés appartiennent au Service de l'Outillage concerné par la réforme portuaire instaurée par la loi du 4 juillet 2008. Les redéploiements envisagés à ce stade, compte tenu des départs en retraite prévus, sont les suivants :

- détachements chez les opérateurs privés de terminaux : 43 personnes (mécaniciens-conducteurs)

- détachements dans une filiale de maintenance pour laquelle le GPMR envisage un partenariat avec le secteur privé, avec mise en oeuvre visée début 2010 : 20 à 25 personnes

- reclassements au sein du GPMR, correspondants à des postes identifiés : 20 à 25 personnes

Au moins 160.000 euros seront affectés à la formation (830 jours estimés) des personnels. Selon le décret 2008-1240 du 28 novembre 2008, les dispositions de l'accord-cadre national conclu le 30 octobre 2008 avec notamment les organisations syndicales s'appliqueront obligatoirement.

Ainsi, selon le GPMR, les salariés détachés chez les opérateurs de terminaux ou dans la filiale de maintenance bénéficieront notamment de : la garantie de rémunération annuelle, du maintien des droits en matière de retraite supplémentaire, de prestations de santé et de prévoyance, du droit de retour durant 3 ans en cas de difficulté d'adaptation, de la garantie de réintégration au sein du GPMR en cas de licenciement économique durant une période de 14 ans.

Privilégier une croissance responsable

Le GPM de Rouen, tout comme celui du Havre, s'engage à poursuivre de manière active et coordonnée sa contribution pour améliorer la gestion environnementale des espaces. Les deux ports vont notamment participer à une étude prospective sur la gestion du stock sédimentaire ayant pour objectif de restaurer avec volontarisme les fonctionnalités environnementales de l'estuaire à l'horizon 25 ans. Plus particulièrement, Rouen, le plus important port maritime intérieur français, évite donc, en prolongeant le transport maritime loin à l'intérieur des terres, des consommations de carburants et des émissions de gaz à effet de serre.

Le GPMR élaborera des diagnostics environnementaux préalables à ses projets (conçus en concertation avec notamment les scientifiques et les associations de protection de l'environnement), mettra en place des procédures de pratiques respectueuses de l'environnement et intégrera des clauses environnementales dans ses cahiers des charges et marchés.

Le dragage d'entretien des accès du port sera intégré dans un schéma global de gestion de l'estuaire. Le GPMR poursuit sa démarche de valorisation des sédiments de dragage avec les professionnels carriers et du bâtiment et des travaux publics. Il s'engage dans la maîtrise des rejets et compte poursuivre et développer la mise en place de plans de gestion écologique sur les espaces à vocation naturelle ou d'intérêt patrimonial. Deux actions nouvelles sont déjà identifiées : plan de gestion de la plaine alluviale de Honfleur, à l'est du pont de Normandie (350 hectares) ; plan de gestion de l'ancienne darse de Lillebonne (vasière, roselière, bois alluvial sur 21 hectares).

Afin de maintenir la biodiversité, le GPMR testera par exemple la mise en oeuvre de techniques de pré-végétalisation de berges. Plus généralement, chaque secteur de la circonscription du GPMR sera développé en concertation avec les collectivités, acteurs du monde économiques et de l'environnement, en prenant compte les enjeux portuaires identifiés. Il veillera à la qualité de ses espaces d'interface entre les terminaux et les sites proprement urbains. Recentré sur ses missions régaliennes, le GPM de Rouen ne fonctionnera pas de manière étanche vis-à-vis du « monde extérieur ».

350 millions d'euros d'investissements d'ici 2015

Les investissements qui seront réalisés entre 2009 et 2015, période correspondant à la réalisation de l'intégralité du contrat de projets Etat-Région, sont estimés à 350 millions d'euros, avec un recours à l'emprunt limité à 42 millions d'euros.

Ce programme s'articule autour des axes prioritaires suivants :

- achèvement en 2009 du contrat de plan Etat-Région 2000-2006 (quai et terre-pleins du terminal conteneurs TCMD de Grand-Couronne/Moulineaux, plate-forme logistique Rouen Vallée de Seine Logistique) : 6 millions d'euros

- contrat de projets Etat-Région de Haute-Normandie 2007-2013 (amélioration des accès nautiques par arasement des points hauts du chenal, développement du TCMD, plate-forme RVSL et voies ferrées portuaires) : 247 millions d'euros sous maîtrise d'ouvrage du GPMR

- contrat de projets Etat-Région de Basse-Normandie 2007-2013 (développement de la fonction logistique à Honfleur) : 15 millions d'euros

- plan de relance de l'économie (boulevard Maritime et terre-pleins du TCMD) : 10,5 millions d'euros

- contrat d'agglomération de Rouen qui cofinancera la poursuite de l'aménagement de l'Espace des Marégraphes et du boulevard Maritime

- plan de relance portuaire (aménagement d'appontements pour assurer l'intermodalité maritime-fluvial, rénovation de terminaux, poursuite de l'aménagement du boulevard Maritime) : 25,5 millions d'euros

- parmi les investissements complémentaires de 15 millions d'euros au total: l'acquisition d'un dock flottant, des prises de participation dans des sociétés concourant à la captation des trafics (ex. : plate-formes multimodales Seine Nord Europe et Seine Sud, barge intra-port)

L'ensemble des évolutions économiques et financières prises en compte et un plan d'entreprise établi sur des bases prudentes autorisent à envisager une marge brute d'autofinancement en nette croissance de 2009 à 2020.

Port de Rouen