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Le Rafale peut rester une option pour la marine brésilienne

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Le Rafale peut rester une option pour la marine brésilienne

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Le Brésil a annoncé mercredi soir sa décision d’acquérir 36 Gripen NG pour un montant estimé à 5 milliards de dollars. Après l’éviction du Sukhoï russe et de l'Eurofighter, l’avion de combat du groupe suédois Saab a été préféré au Français Rafale (Dassault) et à l’Américain F/A-18 Super Hornet (Boeing). Un choix purement budgétaire dans un pays actuellement confronté à des difficultés économiques. Le Gripen est l’appareil le moins cher, mais il n’évolue pas dans la même catégorie que ses concurrents, puisqu'il est plus petit, mono-réacteur et offre des capacités inférieures. Malgré tout, Brasilia, dont la situation géographique et géopolitique n’impose finalement pas une aviation lourde de premier rang, a dans le contexte actuel fait le choix du compromis financier. Pour le plus grand bonheur de Saab, dont l’avion, faute de nouveaux clients, voyait l’arrêt de sa production se profiler à l’horizon.  Voici donc le Gripen relancé dans la cadre d’un programme marqué par un fort transfert de technologie (seuls les premiers seront construits en Suède, les autres l’étant localement). On notera que le programme FX2, destiné à moderniser les forces aériennes brésiliennes, pourrait à terme porter sur une centaine d’appareils.  

 

 

Gripen (© SAAB)

Gripen (© SAAB)

 

 

L’échec du Rafale n’est pas vraiment une surprise. L’appareil français avait eu la préférence de l’ancien président Lula, en 2009, mais la décision n’avait pas été actée à l’approche des élections qui ont vu l’arrivée au pouvoir, l’année suivante, de Dilma Roussef. Dès lors, les cartes avaient été rebattues, le Rafale perdant sa position de favori. Les discussions s’étaient évidemment poursuivies et l’élection de François Hollande, en 2012, aurait pu se révéler positive compte tenu de la proximité politique des deux chefs d’Etat. Mais cela n’a pas suffit et, même si le président français a été chaleureusement accueilli la semaine dernière lors de sa visite au Brésil, la tendance n’a pu être inversée.

 

 

Le porte-avions brésilien Sao Paulo (© MARINE BRESILIENNE)

Le porte-avions brésilien Sao Paulo (© MARINE BRESILIENNE)

 

AF-1 Skyhawk (© MARINE BRESILIENNE)

AF-1 Skyhawk (© MARINE BRESILIENNE)

 

 

PRONAE : Un projet portant sur un à deux nouveaux porte-avions

 

 

Le Rafale peut, malgré tout, demeurer une option pour l’armée brésilienne. Pas pour les forces aériennes mais pour l’aéronavale, qui a grand besoin de se moderniser. Pour l’heure, la marine dispose de vieux AF-1 Sky Hawk datant de la fin des années 70 et mis en œuvre sur le porte-avions Sao Paulo, qui n’est autre que l’ex-Foch français. Transféré en 2001, ce bâtiment, mis en service en 1963, accuse son âge et navigue très peu. Pour le remplacer, le Brésil a un projet, connu sous le nom de PRONAE, qui verrait la construction d’un à deux nouveaux porte-avions au cours de la prochaine décennie. Ce programme est le pilier final du grand plan de développement de la flotte brésilienne, qui comprend deux autres programmes majeurs : PROSUB pour les sous-marins (quatre unités du type français Scorpène ont déjà été commandées et un sous-marin nucléaire d’attaque doit être réalisé d'ici 2025) et PROSUPER pour la flotte de surface (cinq frégates, cinq patrouilleurs hauturiers et un ravitailleur). Les ambitions navales du pays vont même plus loin puisqu’il est envisagé, à terme, d’acquérir une trentaine de nouvelles unités. Si PRONAE voit le jour, il faudra bien entendu de nouveaux appareils pour équiper le ou les futurs porte-avions. Or, il n’existe que peu de modèles navalisés. Pour l’heure, les appareils disponibles sont le F/A-18 et le nouveau F-35 côté américain, le Russe MiG-29K et le Rafale Marine. Tout dépend ensuite du choix du design de porte-avions. A l’instar du Skyhawk, le F/A-18 et le Rafale sont des avions catapultés, de même que le F-35C. Le MiG-29K, en revanche, est un appareil conçu pour décoller au moyen d’un tremplin et apponter comme les F/A-18, Rafale et F-35C, c'est-à-dire sur une piste oblique dotée de brins d’arrêt. Le F-35B décolle également avec un tremplin, ou une piste suffisamment longue, mais est le seul à apponter verticalement. Le choix du F-18 parait peu probable car l’appareil sera sans doute considéré par les Brésiliens comme trop vieux lorsqu’ils feront leur choix. Le F-35 est, pour sa part, très cher et ne fera pas ses preuves sur l’étendue de ses capacités avant de nombreuses années. Quant au MiG-29K, l’éviction de l’option russe dans le cadre du programme FX2 ne parait pas de bon augure. Mais, bien entendu, la situation politique et financière du Brésil peut évoluer d’ici à ce que les décisions soient prises.

 

 

F/A-18 américain (© US NAVY)

F/A-18 américain (© US NAVY)

 

F-35B américain (© LOCKHEED MARTIN)

F-35B américain (© LOCKHEED MARTIN)

 

MiG-29K russe (© MARINE RUSSE)

MiG-29K russe (© MARINE RUSSE)

 

Rafale Marine français (© MARINE NATIONALE)

Rafale Marine français (© MARINE NATIONALE)

 

 

Dans tous les cas, le Rafale Marine peut être un candidat intéressant si Brasilia opte pour un nouveau porte-avions à catapultes ou un bâtiment doté d’un tremplin et de brins d’arrêt. Si cette dernière option est retenue, Saab essayera probablement de se positionner, le constructeur affirmant que la structure très robuste de son avion, conçu pour se poser sur des pistes sommaires, lui permet d’être mis en œuvre sur un porte-avions de ce type. Une version navalisée de l’appareil suédois, le Sea Gripen, avait d’ailleurs été dévoilée en 2010. Mais il ne s’agit pour l’heure que d’un avion de papier. 

 

 

Sea Gripen (© SAAB)

Sea Gripen (© SAAB)

Marine brésilienne Dassault Aviation