Défense
Le ravitailleur canadien Asterix opérationnel

Actualité

Le ravitailleur canadien Asterix opérationnel

Défense

Ancien porte-conteneurs converti en bâtiment logistique par le chantier québécois Davie, l’Asterix vient d’achever ses essais en mer avec la marine canadienne. A l’issue d’une période intensive de tests au large des côtes atlantiques, le navire a atteint sa pleine capacité opérationnelle, ce qui a conduit à son acceptation par le ministère de la Défense.

C’est en décembre que l’Asterix avait quitté le chantier de Lévis afin de rejoindre la base navale d’Halifax. Après une prise en main par la marine canadienne, il a réalisé mi-janvier son premier ravitaillement à la mer et a depuis enchainé ces manœuvres, avec un ou plusieurs navires ravitaillés simultanément, ainsi que des tests de transport logistique par hélicoptères CH-148 Cyclone.

 

La frégate Toronto ravitaillée par l'Asterix (© : DAVIE)

La frégate Toronto ravitaillée par l'Asterix (© : DAVIE)

Manoeuvres avec un hélicoptère Cyclone sur l'Asterix (© : DAVIE)

Manoeuvres avec un hélicoptère Cyclone sur l'Asterix (© : DAVIE)

 

Long de 182 mètres, l’Asterix, doté de deux portiques de ravitaillement, peut transporter 7000 tonnes de combustible, 400 tonnes d’eau douce, ainsi que des vivres et du matériel. Il aura comme mission principale le soutien logistique des unités de combat, en particulier lors de déploiements lointains et de longue durée, assurant ainsi l’autonomie des forces navales canadiennes. Capable d’embarquer deux Cyclone, il pourra également être employé pour des missions humanitaires. A cet effet, en plus de ses capacités hospitalières (60 lits) ainsi qu’une zone d’hébergement de secours pouvant accueillir 350 personnes (en plus des logements pour l’équipage, qui pourra atteindre 150 marins), il dispose d’une drome conséquente, avec la possibilité de déployer jusqu’à 8 bateaux, notamment des chalands de transport de personnel et des semi-rigides. Le navire pourra, en outre, assurer le transport de véhicules légers, de conteneurs et de fret qu’il pourra manutentionner de manière autonome grâce à deux grues situées devant la proue et surplombant un espace de stockage sur le pont.

 

Manoeuvres avec un hélicoptère Cyclone sur l'Asterix (© : DAVIE)

Manoeuvres avec un hélicoptère Cyclone sur l'Asterix (© : DAVIE)

 

Initié en 2014 et confirmé fin 2015, ce programme original, baptisé Resolve, permet à la marine canadienne de recouvrer à moindre frais une capacité logistique, temporairement perdue suite au retrait du service des vieux pétroliers-ravitailleurs Protecteur et Preserver en 2014 et 2015. Or, leurs successeurs officiels, les futurs Queenston et Chateauguay, prévus pour être réalisés par le chantier Seaspan de Vancouver sur la base d’un design allemand (Type 702, classe Berlin), ne seront pas livrés le début des années 2020.

Le Resolve a donc été présenté par les autorités canadiennes comme une solution intérimaire. La marine n’achète d’ailleurs pas ce navire. D’un coût de 700 millions de dollars canadiens (453 millions d'euros) dont 587 millions hors taxes (354 M€), le marché porte sur la transformation de l’ex-Asterix et sa location avec les prestations associées, la durée initiale de l’affrètement par l'Etat fédéral étant de 5 ans (avec une option pour 5 années supplémentaires).  Davie, qui manque cruellement d’activité à Lévis, essaye néanmoins de convaincre le gouvernement de convertir un autre porte-conteneurs en bâtiment logistique (projet Obelix), sans succès jusqu’ici. Le chantier mise aussi sur la réussite de Resolve sur le marché export, arguant que sa solution est plus économique qu’une construction neuve et permet de disposer rapidement d’une unité opérationnelle.

 

Le porte-conteneurs Asterix à son arrivée au Québec fin 2015 (© : DAVIE)

Le porte-conteneurs Asterix à son arrivée au Québec fin 2015 (© : DAVIE)

Mise en place du nouveau bloc passerelle en mai 2017 (© : DAVIE)

Mise en place du nouveau bloc passerelle en mai 2017 (© : DAVIE)

 

Pour mémoire, l’Asterix, construit en Allemagne en 2010, est arrivé à Québec fin 2015 afin d’y être reconstruit. Si la propulsion d’origine est conservée (un moteur MAN 7S60 MC-C de 22.600 cv pour une vitesse de 20 nœuds), avec le maintien d’une seule ligne d’arbres mais l’ajout d’un propulseur rétractable, le reste de la coque a été peu ou prou vidé. A la place des cales à conteneurs, des soutes à combustibles ont été intégrées, permettant de facto de répondre aux normes internationales imposant aux pétroliers de disposer d’une double coque. Alors que des grues et portiques ont été installés sur le pont, l’ancienne timonerie de l’Asterix a été démontée. Elle a été remplacée par une toute nouvelle structure haute de 7 ponts et pesant 2200 tonnes. Conçu et réalisé en Finlande par Almaco et le chantier Rauma Marine de Turku, cet imposant bloc est arrivé à Lévis en mai 2017 puis intégré sur la coque de l’Asterix.

 

L'Asterix (© : DAVIE)

L'Asterix (© : DAVIE)

Marine et garde-côtière canadiennes