Défense
Le remplaçant du C-2 américain intéresse Français et Britanniques

Actualité

Le remplaçant du C-2 américain intéresse Français et Britanniques

Défense

L'intervention militaire en Libye a mis en lumière une lacune de l'aéronautique navale française : le manque d'avions logistiques. Ces appareils, spécialisés dans le transport de fret et de personnel, sont conçus pour effectuer des rotations entre les bases à terre et les porte-avions. Lorsque ces derniers sont en opération, ils ne sont alors pas contraints de quitter la zone d'intervention pour se rapprocher d'un côte et effectuer des navettes avec leurs hélicoptères, moins rapide, à l'autonomie plus limitée et, in fine, plus coûteux. Le rayon d'action de ces avions procure, en outre, une autonomie totale du porte-avions, l'appareil pouvant franchir près de 1500 nautiques sans avoir besoin d'une base terrestre ou d'une autorisation de survol. Acheminement de pièces détachées ou de fret divers, relèves de personnel, évacuations médicales... L'avion logistique est un « taxi » des plus polyvalents, offrant une vraie valeur ajoutée au groupe aéronaval. Car il ne bénéficie pas uniquement au porte-avions, mais également aux bâtiments qui l'entourent, comme les frégates, qui ont également des besoins, notamment en rechanges. Ce mois-ci, la mise à disposition par l'US Navy durant deux semaines de deux Grumman C-2 A Greyhound affectés au soutien du Charles de Gaulle a clairement démontré les avantages de cet outil.

 C-2 A Greyhound à l'appontage  (© : US NAVY)
C-2 A Greyhound à l'appontage (© : US NAVY)

Une vielle demande

Depuis de nombreuses années, la Marine nationale a exprimé le besoin de disposer de ce type d'appareil. Mais, jusqu'ici, le projet a été retoqué pour des questions budgétaires. Pourtant, sur la durée, les militaires assurent que disposer d'un petit parc d'avions logistiques n'est pas plus coûteux. Pour bien faire, il en faudrait trois ou quatre. Mais, s'il était possible à la fin des années 90, alors que le Charles de Gaulle était en achèvement, d'acheter des C-2 d'occasion aux Etats-Unis, cette option n'est aujourd'hui plus envisageable. Car le Greyhound, entré en service en 1966 (il avait alors remplacé le C-1A Trader, dérivé du S-2 Tracker de lutte anti-sous-marine) vit ses dernières années. L'US Navy doit retirer cet appareil du service en 2014/2015 et le parc existant, limité à une trentaine de C-2 A, n'est pas trop important pour assurer les besoins de la marine américaine et de ses 11 porte-avions. C'est d'ailleurs pour cette raison que les deux C-2 A ayant récemment assuré des navettes entre Hyères et le Charles de Gaulle n'ont pu rester plus de deux semaines.

L'E-2 D Avanced Hawkeye (© : NORTHROP GRUMMAN)
L'E-2 D Avanced Hawkeye (© : NORTHROP GRUMMAN)

Trouver un remplaçant

Les réflexions se poursuivent aux Etats-Unis pour trouver un successeur à cet avion, prolongé à plusieurs reprises. Alors que dernier programme d'extension de la durée de vie du Greyhound date de 2002, l'US Navy a évoqué en 2005 la possibilité de développer un nouvel appareil à partir de la cellule de l'avion de guet aérien Hawkeye. La formule n'est pas nouvelle puisque le C-2 A, lui-même, est dérivé de l'E-2 A, avec modification du fuselage et des trains d'atterrissage. Le recours à une base de cellule existante permettrait, comme il y a 50 ans, de réduire les coûts de développement et mutualiser la maintenance avec le parc d'Hawkeye, dont la dernière version, l'E-2D, sera bientôt opérationnelle. Si, pour l'heure, aucune décision n'a encore été prise quant au futur avion logistique embarqué, le dossier devrait revenir au goût du jour à l'approche de la date de retrait du C-2 A. Dans ce contexte, les marines française et britannique pourraient être intéressées par le nouveau programme, en vue de disposer enfin d'un parc d'avions logistiques. La Marine nationale disposerait alors d'une capacité qui lui fait cruellement défaut (et pourrait mutualiser la maintenance avec ses Hawkeye) et la Royal Navy, qui a décidé de doter son futur porte-avions de catapultes, bénéficierait des mêmes avantages. De plus, dans le cadre des accords de défense franco-britanniques et des projets de coopération entre les deux pays en matière de groupes aéronavals, il serait même possible d'imaginer un parc commun pouvant être utilisé pour les besoins de chacun.

 C-2 A sur le Charles de Gaulle (© : US NAVY)
C-2 A sur le Charles de Gaulle (© : US NAVY)

Marine nationale