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Le renouvellement de la flotte logistique française sur la table

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Le renouvellement de la flotte logistique française sur la table

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Le remplacement de la flotte logistique de la Marine nationale, pour le moment prévu à la fin de la décennie, revient sur le devant de la scène. C'est en tous cas le souhait de certains députés, qui ont fait adopter par la Commission de la défense de l'Assemblée nationale un amendement au projet de loi de finances 2012. Proposé par François Cornut-Gentille et Marguerite Lamour, cet amendement vise à intégrer au PLF 2012 une ligne budgétaire de 5 millions d'euros conscarée aux études portant sur les nouveaux bâtiments logistiques de la marine française ou, à défaut, sur la modernisation de la flotte existante. Pour les parlementaires, les unités de ravitaillement sont essentielles pour les opérations nécessitant une projection de forces. Or, le vieillissement des unités actuellement en service (âgées d'une trentaine d'années), pose problème. « Le déploiement de forces à l'étranger et l'utilisation intensive du groupe aéronaval conduisent à un emploi soutenu de ces bâtiments dans des zones de combat. Ils conditionnent en effet la capacité de la marine à intervenir dans la durée et à grande distance de la métropole. Pour éviter toute rupture capacitaire, il est nécessaire d'engager dès aujourd'hui les études pour envisager le remplacement ou la modernisation de ces navires », a plaidé Marguerite Lamour devant la Commission de la Défense.

Le Marne ravitaillant le Charles de Gaulle au large de la Libye  (© : EMA)
Le Marne ravitaillant le Charles de Gaulle au large de la Libye (© : EMA)

« Au moindre incident, toute la flotte de ravitailleurs devra rester au port »

La députée du Finistère a également attiré l'attention de ses collègues sur le fait que les actuels pétroliers-ravitailleurs n'étaient pas à double coque. « Ces bâtiments sont des monocoques, c'est-à-dire qu'ils ne sont plus conformes aux normes en vigueur. Au moindre incident, la France pourrait se voir reprocher ce point et s'expose donc à des risques forts. Nos alliés pourraient même s'opposer à ce que nous déployions ces navires dans des opérations internationales. Par ailleurs, au moindre incident, toute la flotte de ravitailleurs devra rester au port, limitant fortement la capacité d'action de la marine ».
Adopté en Commission, l'amendement sera soumis au vote de l'Assemblée, au cours de l'examen sur le PLF 2012.
Pour mémoire, la Marine nationale dispose aujourd'hui de quatre unités logistiques, le pétrolier-ravitailleur Meuse, ainsi que les bâtiments de commandement et de ravitaillement Var, Marne et Somme, entrés en service en 1980, 1983,1987 et 1990. En octobre 2009, le ministère français de la Défense a décidé de lancer une étude visant à déterminer les caractéristiques des futurs bâtiments du programme Flotte Logistique. Pour le moment, ce projet, qui pourrait être mené en coopération avec la Grande-Bretagne, verrait les nouveaux navires entrer en service entre 2015 et 2020, leur financement étant prévu sur la prochaine loi de programmation militaire. Les industriels s'intéressent bien évidemment déjà au sujet, DCNS ayant notamment développé un nouveau concept de bâtiment logistique baptisé Brave.

Brave ravitaillant une FREMM et le Charles de Gaulle  (© : DCNS)
Brave ravitaillant une FREMM et le Charles de Gaulle (© : DCNS)

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