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Le Revi a fait ses adieux à la Polynésie

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Le Revi a fait ses adieux à la Polynésie

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Après 28 ans de présence en Polynésie française, le remorqueur ravitailleur Revi a quitté définitivement la base navale de Papeete. Le bâtiment de la Marine nationale a appareillé le 21 juin pour rentrer en métropole afin d’y être désarmé puis démantelé. Son arrivée à Brest est prévue le 8 octobre. Il sera remplacé par le Bougainville, seconde unité du type B2M qui ralliera Tahiti début 2017. « Moderne et polyvalent, le bâtiment multi-missions permettra aux forces de souveraineté d’assurer la continuité de leur mission, dans l’attente du programme BATSIMAR  à horizon 2024 », explique la Marine nationale.

 

Le Bougainville au chantier Piriou de Concarneau (© : DR)

Le Bougainville au chantier Piriou de Concarneau (© : DR)

 

Long de 51 mètres pour une largeur de 12.6 mètres, le Revi peut atteindre 14 nœuds, affiche une capacité de traction de 47 tonnes et est armé par un équipage de 25 marins.

Sistership du Rari, retiré du service en 2008 et parti en mai dernier se faire déconstruire à Gand, en Belgique, le Revi a été lancé comme son aîné en 1984 au chantier Bréhéret de Couëron, près de Nantes. Mis en service en 1985, ces remorqueurs-ravitailleurs faisaient initialement partie des moyens navals opérés en Polynésie française au profit de la Direction des centres d’expérimentation nucléaires. Créée en 1964 et dissoute en 1998, la DIRCEN avait également financé la construction de l’ex-bâtiment de transport et de soutien Bougainville (1987), du bâtiment de soutien Taape (1984) ainsi que des remorqueurs Maito (1984), Maroa (1984) et Manini (1985).  

Après la fin des essais nucléaires à Mururoa et la dissolution de la DIRCEN, les bâtiments ont été versés à la Marine nationale - qui les armait depuis le début – pour ses propres besoins. Après avoir un temps servi de bâtiment collecteur de renseignements en attendant la mise en service du Dupuy de Lôme, le Bougainville a été désarmé en 2009 (et va aussi être déconstruit par Galloo) à Toulon, où a été redéployé le Taape en 1998. Les Maroa et Manini sont restés basés à Tahiti alors que le Maito a été transféré à Fort-de-France.

 

Le Revi (© : MARINE NATIONALE)

Le Revi (© : MARINE NATIONALE)

 

Quant aux RR, alors que Rari avait été transféré en 1998 à Brest, le Revi, qui avait rallié la base navale de Mururoa dès le 5 mai 1985, avait été repositionné à Papeete le 1er juin 1998. « Depuis cette date, le remorqueur a contribué à une large partie des missions confiées aux Forces Armées en Polynésie Française qu’il s’agisse d’exercer la souveraineté sur leur zone de responsabilité permanente, d’appuyer les opérations interministérielles et/ou multinationales ou encore au titre de participer aux activités relevant de la coopération régionale », précise la Marine nationale.

Celle-ci rappelle que le remorqueur a apporté son concours à l’action de l’État en mer, notamment dans la sauvegarde maritime, la surveillance de zone ou encore la lutte antipollution. Il a également réalisé des missions de transport et d’hébergement de personnel lors de visites d’îles ou atolls, de transport de matériel et de tournées administratives au profit du Haut-Commissariat de la République en Polynésie française. Enfin, il a participé à de nombreux travaux portuaires.

Le Revi a par ailleurs réalisé des missions plus exceptionnelles. En octobre 1998, il a participé au repêchage de la capsule ARD lancée par la fusée Ariane 503. Dans la nuit du 1er au 2 décembre 2002, il est intervenu sur le voilier de croisière Wind Song, en feu et à la dérive au large de Bora Bora. En septembre 2009 il a transporté 1000 m3 de fret (vêtements, vivres, groupes électrogènes etc.) au profit des îles Tonga, dans le cadre d’une mission de soutien humanitaire.

 

Dernier départ de Papeete le 21 juin (© : MARINE NATIONALE)

Dernier départ de Papeete le 21 juin (© : MARINE NATIONALE)

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