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Le Saphir va être désarmé, des passionnés voudraient transformer un SNA en musée

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Le Saphir va être désarmé, des passionnés voudraient transformer un SNA en musée

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Alors que le premier des nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda sera mis à l’eau cet été, le Saphir a fait ses adieux à Toulon vendredi 21 juin pour rejoindre Cherbourg et y être désarmé. C’est le premier des six SNA du type Rubis qui va être retiré du service. Devant arriver à la point du Cotentin dans une semaine environ, il sera remis fin juillet à la Direction Générale de l'Armement. Celle-ci supervisera le démantèlement de ses installations nucléaires, le bâtiment devant ensuite intégrer la filière de déconstruction des anciens sous-marins français.

L'idée d'un sous-marin musée à Toulon

A moins qu’il soit sauvé des chalumeaux et transformé en musée. C’est le rêve d’anciens marins, de retraités des arsenaux et autres passionnés, qui voudraient voir la coque du Saphir, où celle de l'un de ses sistership appelés à prendre aussi leur retraite dans les années qui viennent, conservée pour être ouverte au public à Toulon. Bien que principale base de la Marine nationale, aucun bateau musée ne témoigne aujourd'hui de l’histoire navale de la ville. Une idée qui s’inscrit en marge des réflexions sur la réhabilitation des anciens terrains militaires du Mourillon, que la ville de Toulon projette de transformer en nouveau terminal de navires à passagers, notamment de paquebots. Sans parler de la nécessaire modernisation du musée de la Marine à Toulon, qu’il faudra entreprendre dans les années qui viennent. Tout regrouper au Mourillon peut donc sembler une idée intéressante afin d’y développer un nouveau pôle touristique et culturel. Mais le sujet est complexe et tous les acteurs impliqués, en local comme à Paris, ne semblent pas avoir la même approche du dossier. La conversion du Saphir ou d'un autre SNA, notamment, serait une opération complexe et coûteuse. Car il faudra quoiqu’il arrive couper le sous-marin en deux, à Cherbourg, pour extraire sa tranche nucléaire. Que faire ensuite ? La coque doit normalement être ressoudée, comme cela fut le cas avec les anciens sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, en attendant d’être déconstruite. Mais dans la perspective d’une éventuelle récupération à des fins de musée, amputer un bâtiment de seulement 73 mètres de long d’une tranche d’une dizaine de mètres, c’est beaucoup et le résultat ne serait probablement pas heureux esthétiquement. Sur le SNLE Le Redoutable, transformé en musée à Cherbourg en 2000, le problème avait été solutionné en remplaçant le tronçon nucléaire par un anneau du SNA Turquoise, stocké dans l’arsenal suite à l’abandon de la construction de ce bâtiment, qui devait être le 7ème Rubis (un 8ème, le Diamant, était également prévu). Y en a-t-il d'autres ? Effectivement, il y a bien une ultime structure du SNA 7 à Cherbourg mais elle n'est pas utilisable puisque transformée par Naval Group en moyen industriel. Une autre solution pourrait être de remplacer cette partie par une tranche « fictive », mais se pose alors le souci du transport puisqu’il faudrait ramener le sous-marin à Toulon en deux morceaux (sauf à le redécouper sur place), ce qui suppose un convoyage par cargo. S’y ajoutent évidement toutes les questions liées à la transformation d’un bâtiment militaire en musée, de la présence éventuelle de matériaux dangereux au secret qu’entoure certains matériels sensibles sur une classe de sous-marins dont les derniers exemplaires ne seront pas désarmés avant la fin de la prochaine décennie.

La retraite après 35 ans de carrière

Construit comme ses cinq sisterships à Cherbourg, le Saphir a été admis au service actif en juillet 1984. Il baissera donc pavillon après 35 ans de carrière. Long de 73.6 mètres pour un déplacement de près de 2700 tonnes en plongée, ce SNA armé par deux équipages de 68 marins peut mettre en œuvre 14 torpilles lourdes, des missiles antinavire et éventuellement des mines.

Tête de série de cette première génération de SNA français, le Rubis, opérationnel depuis 1983 et qui a été prolongé en raison du retard pris par le premier Barracuda, devrait être le prochain à tirer sa révérence. Suivront ensuite les Casabianca (1987), Emeraude (1989), Améthyste (1992) et Perle (1993). Ils seront désarmés au fil des livraisons des Barracuda, dont les quatre premiers exemplaires doivent être réceptionnés par la Marine nationale entre 2020 et 2025, les deux derniers devant rallier la flotte en 2027 et 2029.

 

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