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Le second porte-avions britannique rejoint Portsmouth

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Le second porte-avions britannique rejoint Portsmouth

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Pour la première fois depuis près d’une décennie, deux porte-aéronefs sont de nouveau basés à Portsmouth. Après le HMS Queen Elizabeth, réceptionné par la flotte britannique fin 2017 et toujours en phase de montée en puissance, son sistership, le HMS Prince of Wales, a rallié le 16 novembre la grande base navale du sud de l’Angleterre.

 

 

(© ROYAL NAVY)

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Comme son aîné, l’imposant bâtiment a été assemblé au chantier Babcock de Rosyth, en Ecosse, d’où il avait débuté en septembre ses essais en mer. Une cérémonie officielle de mise en service du HMS Prince of Wales au sein de la Royal Navy est prévue le mois prochain à Portsmouth.

Longs de 284 mètres pour une largeur de 73 mètres, ces bâtiments afficheront un déplacement à pleine charge de 65.000 tonnes. Prévus pour être armés par 690 membres d’équipage, l’effectif à bord pouvant atteindre 1600 hommes et femmes avec les personnels du groupe aérien embarqué, les nouveaux porte-avions britanniques pourront mettre en œuvre 40 aéronefs. Ils ont été conçus pour pouvoir accueillir jusqu’à 36 F-35B mais la Royal Navy prévoit aujourd’hui un parc standard de 24 avions, complétés par des hélicoptères, notamment les nouveaux Merlin d’alerte lointaine. S’ils embarquent uniquement des hélicoptères, les bâtiments seront à même de projeter au moins une cinquantaine de machines, dont des Apache et Chinook.

Ces porte-avions ont été réalisés par l’Aicraft Carrier Alliance, consortium réunissant Babcock, BAE Systems, Thales et le ministère britannique de la Défense.

 

Le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

Le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

 

Avec eux, la Royal Navy va enfin recouvrer une capacité de projection aérienne depuis la mer, qu’elle avait perdue en 2011 avec le retrait du service des vieux avions à décollage court et appontage vertical Harrier (mis en œuvre par la Royal Air Force et la Fleet Air Arm). Ce qui avait aussi entrainé le désarmement la même année du porte-aéronefs HMS Ark Royal, ne laissant à la Royal Navy que le HMS Illustrious, converti en simple porte-hélicoptères et lui-même retiré du service en 2014. Jusqu’à la livraison du nouveau HMS Queen Elizabeth, c’est le porte-hélicoptères HMS Ocean qui avait assuré seul l’intérim, avant d’être vendu en 2018 au Brésil, où il sert depuis sous le nom d’Atlântico.  

 

L'ancien porte-aéronefs HMS Illustrious (© ROYAL NAVY)

L'ancien porte-aéronefs HMS Illustrious (© ROYAL NAVY)

L'ex-porte-hélicoptères HMS Ocean (© JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-porte-hélicoptères HMS Ocean (© JEAN-LOUIS VENNE)

 

Avec ses deux nouveaux porte-avions, la marine britannique va toutefois atteindre un niveau capacitaire bien supérieur à ce qu’elle a connu pendant une trentaine d’années avec ses petits porte-aéronefs de la classe Invincible (le HMS Invincible étant désarmé en 2005). Les HMS Queen Elizabeth et HMS Prince of Wales sont en effet bien plus grands et, surtout, offriront des capacités nettement accrues avec les F-35B qu’ils mettront en œuvre. Certes, la Royal Navy n’a pas pu retrouver l’usage de porte-avions à catapultes et brins d’arrêt, les appareils embarqués ayant dès lors des limitations liées à leur emploi (décollage au moyen d’un tremplin et appontage vertical limitant la capacité d’emport et l’autonomie en carburant). Mais ces capacités seront tout de même nettement supérieures à celles des anciens Harrier, offrant à la Royal Navy des possibilités qu’elle n’a pas connues depuis la mise en retraite de ses anciens porte-avions lourds à la fin des années 70.

 

F-35B sur le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

F-35B sur le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

F-35B sur le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

F-35B sur le HMS Queen Elizabeth (© ROYAL NAVY)

 

A ce stade, le premier déploiement opérationnel du HMS Queen Elizabeth est prévu en 2021, le bâtiment venant d’achever une seconde campagne d’essais avec des F-35B aux Etats-Unis. En tout, le Royaume-Uni a passé commande de 138 F-35B pour les besoins de la RAF et de la Royal Navy. Mais, à ce stade, seule une quarantaine sera disponible d’ici 2023, dont une moitié seulement pour les opérations. Le premier des deux nouveaux porte-avions britanniques va donc débuter sa carrière avec un nombre réduit d’appareils et, pour son premier déploiement en 2021, un groupe aérien embarqué mixte est prévu, avec en complément des F-35B britanniques des appareils américains de ce type provenant de l’US Marine Corps, qui les met en œuvre sur les porte-hélicoptères d’assaut de l’US Navy.

 

(© ROYAL NAVY)

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