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Le second Scorpène brésilien assemblé

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Le second Scorpène brésilien assemblé

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Une cérémonie en présence du président Jair Bolsonaro s’est déroulée le 11 septembre au chantier Itaguaí Construções Navais (ICN) pour marquer la fin de l'assemblage du second des quatre sous-marins du type Scorpène commandés à la France et réalisés en transfert de technologie au Brésil. Les parties avant et arrière de l’Humaita ont ainsi été jonctionnées, comme on dit dans le jargon naval, signifiant la fermeture de la coque épaisse.

 

 

L'Humaita dans la nef d'assemblage au début de la cérémonie (© ICN)

L'Humaita dans la nef d'assemblage au début de la cérémonie (© ICN)

 

Mise à l’eau le 14 décembre, la tête de série de ce programme, le Riachuelo, débute ses essais en vue d’une livraison à la marine brésilienne en 2020. Un bâtiment que le président brésilien a visité vendredi dernier, permettant au travers des photos officielles d'en voir l'intérieur. 

 

Devant le Riachuelo (© ICN)

Devant le Riachuelo (© ICN)

 

 

Jair Bolsonaro dans le PCNO du Riachuelo (© ICN)

Jair Bolsonaro dans le PCNO du Riachuelo (© ICN)

 

L'Humaita doit quant à lui rallier la Marinha do Brasil fin 2021 alors que les deux derniers Scorpène (Tonelero et Angostura), en cours de construction, sont prévus pour entrer en service fin 2022 et fin 2023.

Ces bâtiments sont produits par chantier naval flambant neuf, situé à 70 kilomètres au sud-ouest de Rio de Janeiro. Il a été conçu avec l’assistance de Naval Group qui a développé les Scorpène et possède 41% d’ICN, le reste du capital de l’entreprise étant détenu par le groupe brésilien Odebrecht. L’industriel français participe aussi à la création de la base navale voisine où seront stationnés les nouveaux sous-marins brésiliens, et dans le cadre des contrats signés fin 2008 entre la France et le Brésil, a par ailleurs apporté son aide pour la conception des parties non-nucléaires du premier SNA brésilien, sensé voir le jour au cours de la prochaine décennie mais qui continue d’accumuler les retards. On parle désormais d’une mise à l’eau en 2029 pour ce projet piloté en direct par le Brésil.

 

Le chantier ICN avec le Riachuelo sur le dispositif de mise à l'eau en décembre dernier (© MARINHA DO BRASIL)

Le chantier ICN avec le Riachuelo sur le dispositif de mise à l'eau en décembre dernier (© MARINHA DO BRASIL)

Le Riachuelo en achèvement à flot (© ICN)

Le Riachuelo en achèvement à flot (© ICN)

 

Avant cela, la Marinha do Brasil va donc renouveler ses forces sous-marines avec quatre unités de la famille Scorpène. Les bâtiments choisis ont le même diamètre (6.2 mètres) que les précédents Scorpène mais sont plus grands que leurs homologues chiliens, malaisiens et indiens. Les « S-BR », comme on les appelle, mesurent 71.6 mètres pour un déplacement en surface de 1870 tonnes, contre 66.4 mètres et un peu plus de 1700 tonnes pour les autres sous-marins de ce type en service dans le monde.

L’augmentation de la taille permet d’accroître les réserves en combustible et en vivres, afin de gagner en autonomie, condition impérative compte tenu de l’étendue des eaux brésiliennes. Ils pourront ainsi franchir plusieurs milliers de milles et rester en opération sans ravitaillement durant environ un mois. Armés par un équipage de 35 sous-mariniers, avec la capacité d’embarquer 10 personnes supplémentaires, par exemple des forces spéciales, les Scorpène brésiliens sont équipés d’un système de combat Subtics, développé par Naval Group. Doté de six tubes de 533mm, ils pourront emporter jusqu’à 18 armes, avec selon la marine brésilienne une dotation standard de 12 torpilles lourdes et 6 missiles antinavire. Les premières seront du type F21, nouveau modèle retenu par la marine française et dont le Brésil est le premier client export. Naval Group, qui produit ces torpilles, devait débuter la livraison des premiers lots en 2019. Quant aux missiles antinavire, il s’agit d’Exocet SM39, conçus et fabriqués en France par MBDA. Un autre industriel tricolore, Thales, fournit quant à lui une suite sonar intégrée des Scorpène, le S-Cube, qui comprend différents types de senseurs (sonar d’étrave, sonar d’évitement de mines, antennes de flanc et éventuellement antenne remorquée) et les systèmes associés de traitement du signal.  

- voir notre article détaillé sur ce programme

 

Marine brésilienne Naval Group (ex-DCNS)