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Le sémaphore du Toulinguet va rester propriété de la Marine nationale

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Le sémaphore du Toulinguet va rester propriété de la Marine nationale

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« Concernant l’occupation du site, des discussions sont en cours pour une reprise par une unité de la Marine nationale ». Quelle unité ? Les fusiliers marins s’y entraînant déjà, la force des fusiliers marins (FORFUSCO) pourrait, dans le cadre de l’entraînement de son personnel, prendre possession du site. Dans tous les cas, une équipe sera désignée pour préparer au mieux le transfert du site vers son futur utilisateur (état des lieux, passation de suite…).

Dans le milieu maritime civil, « dommage » est le premier mot qui se fait entendre une fois la fermeture du sémaphore du Toulinguet connue. À l’image de Xavier Menesguen, patron pêcheur camaretois, qui regrette la disparition de cet œil efficace : « La surveillance à vue est extrêmement rassurante pour les pêcheurs et plaisanciers. Les sémaphoristes connaissent nos habitudes. Ils ne manquent pas de s’inquiéter dès que quelque chose ne semble pas normal. Nous les appelons pour avoir une météo précise. Ils nous signalent les mouvements des navires militaires, importants dans cette zone ».

Une aide précieuse pour la SNSM

 

Professionnel de la mer et patron du Notre-Dame de Rocamadour, le canot de sauvetage camaretois (SNS 097), Stéphane Belbeoc’h regrette, lui aussi, la disparition de ce service de proximité et de ce contact humain qui a permis, récemment, à l’équipage de la Société nationale de sauvetage en mer (SNSM) de se diriger vers un navire, dans une mer houleuse, grâce au guidage visuel des sémaphoristes : « Nous avons gagné un temps précieux car le signalement de la position du navire était très approximatif ». Présidente de la station locale de la SNSM, Claire Ferré, qui ne conteste pas le maintien de la couverture radar entre tous les sémaphores, déplore cependant la disparition de la dimension humaine, rassurante et efficace de la surveillance à vue.

 

Quant au maire de Camaret-sur-Mer, François Sénéchal, qui regrette également cette décision, il indique qu’il a été averti à la fin juin de cette fermeture, les autorités la justifiant notamment par l’état de vétusté des bâtiments. Le Toulinguet n’est pas le premier sémaphore a cessé son activité de veille sur le littoral breton. Celui de l’île de Molène (29) a fermé en 1983. Occupé un temps par la station locale de sauvetage, il a été racheté en 2005 par le Département du Finistère, qui y a ouvert un espace muséographique dédié à la SNSM et à l’histoire du naufrage du steamer anglais Drummond-Castle, en 1896. À noter, enfin, qu’il existe un sémaphore civil sur le littoral breton, celui d’Étel, dans le Morbihan.

Un article de la rédaction du Télégramme