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Le SNA Emeraude et le BSAM Seine rentrent à Toulon après leur déploiement en Asie

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Le SNA Emeraude et le BSAM Seine rentrent à Toulon après leur déploiement en Asie

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Après quasiment six mois de déploiement jusqu’en Asie dans le cadre de la mission Marianne, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Emeraude et le bâtiment de soutien et d’assistance métropolitain (BSAM) Seine ont regagné hier leur base de Toulon. Partis en septembre dernier, ils ont parcouru chacun plus de 25.000 nautiques et réalisé 200 jours de mer, le SNA totalisant 2000 heures de plongée. Pour les accueillir, étaient notamment présents l'amiral Vandier, chef d'état-major de la Marine nationale, et le vice-amiral d'escadre Jean-Philippe Chaineau, commandant les forces sous-marines et la force océanique stratégique.

 

Le BSAM Seine à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

Le BSAM Seine à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

Le SNA Emeraude rentrant à Toulon hier (© FRANCIS JACQUOT)

 

 

C’est la première fois depuis 20 ans qu’un sous-marin français est déployé jusque dans l’océan Pacifique. Un challenge technique, logistique et humain ayant nécessité une longue préparation pour la Marine nationale, mais qui a aussi été rendu possible par un travail interarmées, avec par exemple le soutien de la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information (DIRISI) pour les problématiques liées aux transmissions, ou encore de l’armée de l’Air qui a mobilisé un A400M pour réaliser une relève des équipages de l’Emeraude et de la Seine en décembre.

La présence de la Seine a été fondamentale pour permettre un déploiement aussi lointain d’un SNA, le nouveau BSAM assurant le soutien logistique du sous-marin, mission pour laquelle les quatre unités de ce type ont été conçues. Marianne a permis de valider cette capacité qui sera probablement plus couramment utilisée avec les nouveaux SNA de la classe Suffren qui commencent à remplacer les unités du type Rubis, dont l’Emeraude fait partie.

Après avoir traversé la Méditerranée et franchi le canal de Suez fin septembre, l’Emeraude et la Seine ont poursuivi en mer Rouge puis en océan Indien, avant de filer vers l’Australie, avec une escale à Perth fin novembre, à l’issue de laquelle ils ont mis le cap vers l’Asie. Début novembre, les bâtiments français étaient à Guam, où se trouve l’une des plus importantes bases américaines de la région. C’est là que l’équipage Bleu du SNA et l’équipage A du BSAM ont pu être relevés, les équipages Rouge et B prenant en charge les bateaux pour la seconde partie de la mission. Celle-ci s’est poursuivie en mer des Philippines, puis en mer de Chine méridionale avant d’amorcer le retour vers la France, marqué notamment par une interaction le mois dernier, en océan Indien, avec le groupe aéronaval emmené par le porte-avions Charles de Gaulle.

 

L'Emeraude et la Seine a Guam en novembre (© MARINE NATIONALE)

L'Emeraude et la Seine a Guam en novembre (© MARINE NATIONALE)

Avec le porte-hélicoptères nippon Hyuga en décembre (© DR)

Avec le porte-hélicoptères nippon Hyuga en décembre (© DR)

Avec le SNA américain USS Asheville

Avec le SNA américain USS Asheville en décembre (© DR)

 

Ce déploiement a été marqué par des échanges avec des marines des pays de la zone indopacifique, à commencer par la Royal Australian Navy, les forces maritimes d’autodéfense japonaises et l’US Navy, mais aussi d’autres comme la marine indonésienne. Le renforcement de la coopération et de l’interopérabilité avec ces partenaires dans une région dont la France est riveraine avec ses territoires ultramarins était l’un des grands enjeux de la mission Marianne. Elle s’inscrit d’ailleurs dans la lignée de l’accélération du plan Mercator de la Marine nationale qui vise à accentuer l’entrainement des forces navales françaises avec des partenaires étrangers, y compris sur des zones très lointaines, dans une logique de « plug and fight » en cas de déclenchement d’une opération interalliés qu’elle que soit la région du monde.

Bien sûr, démontrer la capacité française à déployer à l’autre bout de la planète un outil militaire aussi puissant qu’un SNA était également l’un des principaux objectifs de Marianne. Il s’agissait déjà pour la marine elle-même, si longtemps après la précédente venue de la Perle dans la région il y a deux décennies, de s’assurer qu’elle pouvait toujours conduire une telle opération et vérifier son bon déroulement en s’appuyant sur des moyens comme le BSAM, le soutien des autres armées et des pays alliés. Mais il y avait aussi, évidemment, un message politique, dans le sillage de la volonté affichée par la France de défendre la liberté de naviguer sur toutes les mers du globe, notamment en Asie du sud-est, et de se positionner comme un acteur de la stabilité aux côtés de ses grands alliés régionaux. Ce qui a conduit ces dernières années à un renforcement de la présence militaire française en Indopacifique.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

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