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Le SNA Perle rentre à Toulon après 101 jours de mission

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La Perle, le plus récent des six sous-marins nucléaires d’attaque français du type Rubis, a regagné sa base de Toulon jeudi 26 avril après un déploiement de plus de trois mois. Les marins de l'équipage rouge de la Perle, commandés depuis janvier 2016 par le capitaine de corvette Catros, ont été accueillis par leurs familles ainsi que l’amiral commandant la Force océanique stratégique (FOST) et le commandant de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA).

 

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Retrouvailles avec les familles après trois mois d'absense (

Retrouvailles avec les familles après trois mois d'absense (©  MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

Le CC Catros à bord de la Perle (

Le CC Catros à bord de la Perle (©  MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Cela faisait précisément 101 jours que la Perle avait quitté les côtes varoises. Le bâtiment a évolué en Méditerranée et jusqu’en océan Indien. Une zone stratégique rappelle la Marine nationale : « Espace de toute première importance pour l’économie mondiale, l’océan Indien voit transiter 25% du trafic mondial et 75% des exportations de l’UE. La présence d’un SNA dans cette zone stratégique permet de protéger les unités précieuses que la Marine y déploie régulièrement comme le porte-avions Charles de Gaulle, qui est systématiquement accompagné par un SNA au sein du groupe aéronaval. Le déploiement en Océan Indien de la Perle a été l’occasion d’assurer une mission liée à la fonction stratégique "connaissance anticipation", dans une zone où des marines riveraines mettent en oeuvre des sous-marins, de maintenir les savoir-faire indispensables à la maîtrise d’une zone aussi complexe ».

La Perle a aussi participé à VARUNA, exercice conjoint des flottes française et indienne organisé chaque année. « L’interopérabilité entre les deux marines fut éprouvée sur un large spectre et permet dorénavant d’envisager la conduite d’exercices plus complexes. Cet exercice annuel a une nouvelle fois permis de renforcer les liens de coopération existant entre la marine indienne et la Marine nationale ». Pendant VARUNA, le SNA français a pu notamment s’entrainer avec l’un des nouveaux sous-marins du type Scorpene réalisés à Mumbai avec l’assistance technique de Naval Group. Pour mémoire, la tête de série de ce programme, le Kalvari, a été mise en service en décembre dernier, son premier sistership, le Kandheri, allant être livré cette année. Le troisième Scorpene indien, le Karanj, a été mis à l’eau en janvier et trois autres bâtiments sont en construction.

 

Sous-marin indien du type Scorpène(

Sous-marin indien du type Scorpène(©  NAVAL GROUP)

 

En dehors de ces manœuvres avec la flotte indienne, la Perle a également participé, début mars, à l’exercice TIGER EEL 18 avec la marine émirienne. « Conduit au large de l’émirat de Fujaïrah, il a permis, par des exercices de treuillage et de lutte anti sous-marine, de renforcer la coopération entre les marines française et émirienne ».

Puis le bâtiment est remonté vers la mer Rouge et ensuite la Méditerranée, où les forces navales françaises sont actuellement très active et ont été engagées récemment dans l’opération Hamilton en Syrie.

 

La Perle (

La Perle (©  MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

En service depuis bientôt 25 ans, la Perle sera en 2019 le dernier SNA du type Rubis à bénéficier d’un arrêt technique majeur, qui permettra de moderniser certains systèmes du bâtiment et lui redonner 10 ans de potentiel. De quoi tenir jusqu’à son remplacement par le futur Casabianca, sixième et dernier des nouveaux SNA du type Barracuda dont la tête de série, le Suffren, doit être livrée en 2020 afin de succéder à l’actuel Rubis, opérationnel depuis 1983. Les  Duguay-Trouin, Tourville et De Grasse doivent le rejoindre avant la fin 2025, alors que les deux derniers Barracuda, les futurs Rubis et Casabianca, sont prévus en 2027 et 2029.

Mise sur cale à Cherbourg en mars 1987, à l’eau en septembre 1990 et admise au service actif en juillet 1993, la Perle devait être le sixième des huit sous-marins nucléaires d’attaque du type Rubis. C’est finalement devenu le dernier après l’abandon de la construction des Turquoise et Diamant suite à la fin de la guerre froide.

Longs de 73.6 mètres pour un déplacement d’environ 2670 tonnes en plongée, les bâtiments de ce type, équipés d’un réacteur nucléaire K48 et d’un appareil propulsif développant 7000 kW, peuvent dépasser les 25 nœuds en plongée. Ils disposent de quatre tubes de 533mm permettant de lancer des torpilles lourdes et missiles antinavire, avec une capacité d’emport de 14 armes. Les Rubis sont selon la Marine nationale conçus pour naviguer jusqu’à 220 jours par an en étant armés chacun par deux équipages (bleu et rouge) de 75 hommes.

Les six bâtiments de ce type sont regroupés à Toulon au sein de l’escadrille des sous-marins nucléaire d’attaque (ESNA). Forte de 1100 personnels, cette unité compte 9 équipages de SNA auxquels il convient d’ajouter le futur noyau d’équipage du Suffren, l’état-major de l’escadrille, l’Ecole de Navigation Sous-Marine (ENSM), ainsi que le Centre d’Interprétation et de Reconnaissance Acoustique (CIRA). « Pour mener sa mission, l’escadrille agit sur trois domaines : les ressources humaines, le maintien en condition opérationnelle, la qualification opérationnelle. La gestion est des RH est caractérisée par une logique de flux, qui délivre des formations longues et de haut niveau. Les objectifs étant d’armer les équipages, de gérer les carrières des officiers et des officiers-mariniers et de délivrer les formations des sous-mariniers. Le maintien en conditions opérationnelle est caractérisé par un objectif majeur : le maintien de la sécurité plongée et de la sécurité nucléaire ». Enfin, pour ce qui est de la qualification opérationnelle, l’ESNA est chargée « d’amener les équipages aux standards requis et de certifier qu’ils ont atteint le niveau en sécurité nucléaire, sécurité plongée, conduite nautique et conduite des opérations ».

Marine nationale