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Le SNA Suffren paré pour sa première plongée
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Le SNA Suffren paré pour sa première plongée

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Tête de série des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du programme Barracuda, le Suffren a réalisé hier matin une première et courte navigation dans la rade de Cherbourg. Le bâtiment a en effet quitté le dispositif de mise à l’eau, énorme ascenseur situé dans le prolongement du chantier Naval Group où il a été construit. Le Suffren avait au moyen de marcheurs rejoint le DME en juillet dernier, puis avait été baigné dans l’eau avant d’être mis en situation de flottabilité le 4 février dernier. Hier, il est enfin sorti de cette forme pour être conduit par des remorqueurs et pousseurs vers un quai de la base navale cherbourgeoise. Ce qui annonce la reprise de ses essais et un départ probablement imminent pour sa première véritable sortie en mer, celle qui verra réalisée sa toute première plongée. Une plongée dite « statique », permettant notamment de finir de tester le bon fonctionnement des ballasts et, surtout, de peser le bateau. Ce dernier reviendra ensuite à quai et, par la suite, effectuera ses première navigations au large de la Normandie afin de tester son appareil propulsif et sa manoeuvrabilité. Cela, en surface car les fonds ne sont pas suffisamment importants en Manche pour permettre une évolution en plongée du sous-marin. C’est pourquoi celui-ci doit rapidement gagner l’Atlantique afin de mener ses premières navigations autonomes en plongée, cette phase étant conduite depuis Brest, avant que le SNA rejoigne sa base de Toulon.

Initialement, le Suffren devait débuter ses essais en mer fin février/début mars, puis après les essais à grande profondeur en Atlantique au printemps rallier Toulon, où sa  livraison était prévue vers l’été. La crise du coronavirus a cependant fait glisser ce calendrier, qui accuse donc environ deux mois de retard. La bonne nouvelle est que les essais reprennent, sous la houlette des ingénieurs de la Direction Générale de l’Armement, des équipes de Naval Group et de l’équipage d’armement de la Marine nationale. On peut imaginer que le retard pris à cause des mesures de confinement liées à la lutte contre le Covid-19 ne sera pas complètement rattrapé, et peut être pas du tout. Car il n’est pas question de précipiter un programme aussi complexe et délicat que les essais du prototype d’une nouvelle génération de SNA. Mais si tout se passe comme prévu, le Suffren sera bien livré au second semestre.

En dehors de essais de plateforme, qui se concentreront en Atlantique, il faudra mener à bien les essais du système de combat, avec notamment au moins un tir de qualification pour chaque armement du sous-marin : missile de croisière naval (MdCN), missile antinavire Exocet SM39 et torpille lourde F21. Les tirs de MdCN et SM39 seront pilotés par DGA Essais de missiles, qui dispose de centres à Biscarosse et sur l’île du Levant. Le Suffren devra également valider ses nouvelles capacités de projection de forces spéciales, en particulier le module amovible DDS abritant le nouveau propulseur sous-marin (PSM3G) des commandos marine. L’admission au service actif du bâtiment est prévue en 2021. Elle sera prononcée à l’issue de la qualification des capacités militaires et d’un déploiement de longue durée.

Le Suffren est en tous cas très attendu par la flotte française, qui devait initialement le réceptionner en 2017. Son arrivée est d’autant plus nécessaire qu’après le retrait du service du Saphir l’an dernier, il ne reste plus que cinq SNA de première génération opérationnels, le prochain à devoir tirer sa révérence étant le Rubis, dont le retrait du service est prévu en fin d’année. D'ici que son nouveau sous-marin soit parfaitement opérationnel, la Marine nationale va devoir jongler avec sa flotte actuelle, non seulement réduite mais qui fait aussi face actuellement à des retards dans les arrêt techniques réalisés à Toulon.

Second SNA de la classe Suffren, le Duguay-Trouin doit rejoindre la flotte française en 2022. Viendra ensuite le Tourville, attendu en 2023, puis les De Grasse (2025), Rubis (2027) et Casabianca (2029). 

- Voir notre article complet sur le SNA Suffren

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)