Défense
Le SNLE Le Triomphant en refonte

Actualité

Le SNLE Le Triomphant en refonte

Défense

La refonte du sous-marin nucléaire lanceur d’engins Le Triomphant a débuté cet été à Brest. Le bâtiment français est entré dans le bassin numéro 8 de la base navale, où les sous-marins passent en cale sèche.  A l’instar du Vigilant, l’un de ses trois cadets, le SNLE va bénéficier d’un chantier colossal permettant de rénover ses différents équipements, dont le système de combat et les sonars, ainsi que d’une reconstruction de la tranche missiles. Il s’agit, en effet, de permettre au bâtiment de mettre en œuvre le nouveau missile balistique M51, en lieu et place du M45, qui équipe Le Triomphant depuis sa mise en service, en 1997. L'intégration du M51 est l'une des parties les plus délicates de la refonte, le nouveau missile (12 mètres de long, 2.3 mètres de diamètre, 56 tonnes) ayant des dimensions et une masse supérieures à celles de son aîné (11 mètres de long, 1.9 mètre de diamètre, 35 tonnes).

 

 

Coupe d'une tranche missile avec M45 ou M51 (© DGA)

Coupe d'une tranche missile avec M45 ou M51 (© DGA)

 

 

Opérationnel depuis 2010, Le Terrible, quatrième et dernier SNLE français de cette série, a bénéficié dès l’origine de ces améliorations. Les trois premiers sous-marins les adoptent progressivement grâce au programme « IPER - Adaptation », dont DCNS est le maître d’œuvre. La refonte est menée à l’occasion du grand arrêt technique des bâtiments, une Indisponibilité Périodique pour Entretien et Réparations (IPER) qui intervient tous les 7 à 8 ans et comporte habituellement la révision complète des équipements et de la coque, le traitement des obsolescences, ainsi que le rechargement du coeur nucléaire. Le coût de la modernisation et de l’adaptation au M51 des trois premiers SNLE du type Le Triomphant est évalué à environ 2.5 milliards d’euros.

 

 

SNLE du type Le Triomphant en IPER (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

SNLE du type Le Triomphant en IPER (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Echec du tir du 5 mai : Dans l’attente des résultats de l’enquête

 

 

Mis en service en 2004, Le Vigilant a été le premier à bénéficier de cette opération, qui a duré 30 mois (dont 21 en cale sèche) et a nécessité 4 millions d’heures de travail, 1100 personnes étant impliquées dans les travaux.  Le retour en flotte du Vigilant a été marqué, le 5 mai dernier, par l’échec de son premier tir de M51, le missile s’autodétruisant peu après son lancement en baie d’Audierne. Une enquête a immédiatement été diligentée afin de connaître les causes de cet évènement. Un important travail de collecte de débris a, notamment, été réalisé en mer. « La commission d'enquête poursuit l'instruction. Son travail progresse convenablement avec des résultats attendus dans les prochaines semaines. Les zones de pêche ont été rouvertes courant juillet après que l'essentiel des pièces utiles au travail de la commission ont été récupérées. A ce stade, le travail et les conclusions de la commission d’enquête restent confidentiels », précise-t-on au ministère de la Défense. A l’issue de l’échec du 5 mai, ce dernier avait affirmé que l’incident ne remettait pas en cause la crédibilité de la dissuasion nucléaire française. L’Hôtel de Brienne a notamment rappelé que les cinq premiers tirs d’essai du M51 ont tous été couronnés de succès, dont les deux effectués en immersion par Le Terrible, en janvier et juillet 2010.

 

 

Tir d'un M51 depuis Le Terrible, en 2010 (© DGA)

Tir d'un M51 depuis Le Terrible, en 2010 (© DGA)

 

 

Un dernier SNLE opérationnel avec le M45

 

 

Alors que Le Triomphant devrait réintégrer la Force océanique stratégique (FOST) au cours de l’hiver 2015/2016, si sa refonte dure aussi longtemps que celle du Vigilant, il ne restera alors plus que Le Téméraire à moderniser. Ce bâtiment, mis en service en 1999, est le dernier SNLE français à disposer du M45, qui sera définitivement remplacé par le M51 lorsque Le Téméraire aura effectué son IPER-adaptation.  On notera qu’en dehors du renouvellement des missiles balistiques, de nouvelles têtes nucléaires, les TNO, doivent entrer en service à partir de 2015 pour succéder aux actuelles TN75.

Longs de 138 mètres et présentant un déplacement de plus de 14.000 tonnes en plongée, les quatre SNLE du type Le Triomphant peuvent embarquer 16 missiles balistiques. Engin intercontinental, le M51 affiche une portée maximale estimée à 9000 kilomètres. 

 

 

SNLE du type Le Triomphant (© MARINE NATIONALE)

SNLE du type Le Triomphant (© MARINE NATIONALE)

 

 

Marine nationale Naval Group (ex-DCNS)