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Le sort du groupe d'accastillage Navimo devant le tribunal de commerce

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Le sort du groupe d'accastillage Navimo devant le tribunal de commerce

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Lourde ambiance à Lorient. Le tribunal de commerce doit se prononcer demain sur le sort de Navimo, entreprise d'accastillage historiquement implanté dans le port morbihanais et qui y emploie 140 personnes. Le groupe commercialise des équipements pour la plaisance (gilets de sauvetage, compas, radeau de survie entre autres) sous la marque Plastimo et occupe une place de leader mondial dans ce secteur. Mais la crise qui frappe actuellement le marché de la plaisance et de la construction nautique n'épargne pas les sous-traitants.

Une entreprise cinquantenaire


En cessation de paiement depuis plusieurs jours, son dossier a été étudié par le tribunal de commerce de Lorient mardi 22 dernier. Deux issues sont possibles : la liquidation de l'entreprise ou une mesure de redressement judiciaire. Durant l'audience de mardi, une grosse partie des salariés du site lorientais s'étaient regroupés devant le tribunal pour témoigner de leur inquiétude. Le groupe Navimo n'en est pas à sa première difficulté financière. Créé dans les années 50 à Lorient, la petite entreprise a su profiter de l'expansion du marché de la plaisance et est rapidement devenu un acteur majeur du secteur. Dans les années 90 et au début des années 2000, dans l'euphorie de la démocratisation du nautisme, Navimo rachète de nombreuses petites entreprises et ateliers pour compléter et diversifier sa gamme de produits. Navimo devient propriétaire de plusieurs marques, finance sa croissance externe en s'endettant fortement. Le groupe emploie près de 800 personnes, répartis entre les trois sites français Lorient (siège commercial et administratif), Saint-Herblain (pour les employés de la marque Goïot) et Mandelieu. Des usines sont également ouvertes en Italie et en Roumanie.

La crise qui dure depuis 2008

Et puis il y a le coup d'arrêt de la crise de 2008. Le marché de la plaisance est frappé de plein fouet. Navimo se retrouve fortement endettée et évite déjà, en 2009, le dépôt de bilan. Albert Journo, investisseur spécialisé dans les entreprises en difficulté, reprend l'entreprise avec des mesures de restructuration : suppression d'emplois, délocalisation de la production vers l'usine roumaine... cela n'aura pas suffit. Le groupe est toujours trop endetté, environ 10 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 82 millions d'euros.
Les employés, 430 au total répartis entre tous les sites, attendent désormais le verdict qui, selon plusieurs déclarations syndicales, pourraient s'orienter vers un redressement judiciaire. Des investisseurs et des concurrents seraient déjà sur les rangs et intéressés par les différentes marques du groupe. Une perspective qui inquiètent fortement les salariés français qui craignent de voir une délocalisation des activités.