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Le sous-marin Emeraude à la recherche des boites noires de l'A330 d'Air France

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Le sous-marin Emeraude à la recherche des boites noires de l'A330 d'Air France

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La Marine nationale a annoncé, vendredi, l'envoi du sous-marin nucléaire d'attaque Emeraude dans la zone où a disparu, le 1er juin, le vol AF 447. Le SNA, qui sera sur place cette semaine, tentera grâce à ses sonars de localiser les émissions acoustiques des boîtes noires de l'Airbus A330 d'Air France. « Ses équipements d'écoute sont tout à fait à même d'être utilisés pour rechercher ce type d'émissions acoustiques. Ces dernières sont d'autant plus perturbées qu'elles se rapprochent de la surface à cause du bruit ambiant, des courants marins et des variations de température. Le sous-marin est donc un moyen adapté pour cette opération son immersion l'affranchit de des perturbations acoustiques. Il faut aussi noter que le sous-marin est peu sujet aux aléas météorologiques », explique la Marine nationale. Capable de plonger à plus de 300 mètres et disposant d'une autonomie de plusieurs dizaines de jours (en vivres), l'Emeraude complètera le dispositif déployé par les armées française et brésilienne. Paris a déjà mobilisé de nombreux moyens, dont des avions Atlantique 2, Falcon 50M et Awacs, ainsi que des navires, comme la frégate Ventôse et bâtiment océanographique Pourquoi Pas ? Alors que plusieurs corps et des débris de l'Airbus ont été repêchés ce week-end, la quête des boites noires s'annonce délicate. La zone de recherche est importante, l'océan plonge dans cette région à 4000 mètres et les fonds sous-marins sont très accidentés. Autant de paramètres qui accentuent la difficulté de repérer les boites noires, conçues pour émettre pendant seulement 30 jours. Selon la marine française : « Il convient de rester prudent quant à la détection des boîtes noires. En effet, le sous-marin doit avoir quelque chose à détecter, il faut donc que les enregistreurs de vol émettent, ce qui n'est pas encore établi. Il faut également que ces émissions soient suffisamment puissantes pour être détectées car il est tout à fait possible qu'elles soient perturbées voire bloquées par des débris de l'avions ou par le relief accidenté des fonds marins dans cette région ».
Mis en service en 1988, l'Emeraude est le quatrième des six SNA du type Rubis construits à Cherbourg par DCNS. La série devait initialement comprendre huit bâtiments mais, faute de crédits, la construction des Turquoise et Diamant a été annulée en 1992. Longs de 73.6 mètres pour un déplacement de 2670 tonnes en plongée, les Rubis sont les plus petits SNA du monde. Dotés d'une propulsion nucléaire leur conférant une grande autonomie (60 jours), ils embarquent un armement conventionnel constitué de torpilles lourdes F17 Mod2 et de missiles antinavire Exocet SM39 (14 armes au maximum). Capables d'atteindre 25 noeuds en plongée, les Rubis sont mis en oeuvre par un équipage de 68 hommes. Ces SNA seront remplacés par les 6 bâtiments de nouvelle génération du programme Barracuda. Le Suffren, tête de série, doit être livré par DCNS en 2017.

 (© MARINE NATIONALE)
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