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Le sous-marin portugais Arpão se mesure au Casabianca

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Le sous-marin portugais Arpão se mesure au Casabianca

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L'Arpão, l’un des deux nouveaux sous-marins de la marine portugaise, s’est récemment mesuré, au large de Lisbonne, au SNA français Casabianca. Construit comme son aîné par le chantier allemand HDW de Kiel, l'Arpão est opérationnel depuis 2012 et a suivi le Tridente, entré en service en 2010. Du type 209PN (voisin du 214), ces bâtiments de 68 mètres de long et 2000 tonnes de déplacement en plongée sont dotés d'un système de propulsion anaérobie, basé sur des piles à combustible permettant d'augmenter l’autonomie en plongée. Armés par 32 hommes, les sous-marins portugais disposent de huit tubes de 533 mm et peuvent embarquer jusqu'à 16 armes, dont des torpilles lourdes Black Shark.

Face à lui, l’Arpao avait donc le Casabianca, troisième des six sous-marins nucléaires d’attaque du type Rubis. Mis en service en 1987 et modernisé à plusieurs reprises depuis, ce bâtiment de 73.6 mètres de long pour 2670 tonnes de déplacement en plongée est armé par un équipage de 68 marins. Doté d’une propulsion nucléaire basée sur un réacteur K48, le Casabianca dispose de quatre tubes de 533mm permettant la mise en œuvre de torpilles lourdes (la F21 remplaçant la F17 mod2) et de missiles antinavire Exocet SM39, avec une capacité d’emport de 14 armes.

 

Le Casabianca (© BERNARD PREZELIN)

Le Casabianca (© BERNARD PREZELIN)

 

Quant à l’exercice entre le Casabianca et l'Arpão, voici le récit qu’en fait la Marine nationale, qui avait à bord du bâtiment portugais un officier de liaison :

« La tension est palpable au central opérations du sous-marin Arpao : les opérateurs prennent leurs derniers réglages, l’officier de renfort  met son casque et se concentre sur le bruit des appareils d’alerte.  Au « quince metros », le sous-marin prend 10° d’assiette. Le mât optronique est hissé, un seul bâtiment à la vue, la situation est claire ! A quelques miles de là, au large de Lisbonne, le sous-marin nucléaire d’attaque (SNA) Casabianca patrouille. L’équipage arrive sur zone et prend le contact sonar avec l’Arpao dès les premières secondes. Seule parade pour le Portugais : se faire le plus discret possible.

Pendant que l’Arpao file bon train en toute discrétion, le SNA Casabianca doit s’employer à surprendre son adversaire du jour. Ces deux sous-marins très différents tirent parti de leurs qualités propres et font preuve d’ingéniosité dans leurs manœuvres pour prendre l’avantage. Parmi les qualités de l’Arpao, l’officier de liaison a remarqué "les capacités d’un sous-marin moderne à propulsion classique, capable de rester des jours durant sous l’eau dans le silence le plus complet sans avoir à recharger ses batteries et doté de moyens de détection de dernière génération".

Après 18 heures d’exercice et un échange amical et sincère au TUUM (téléphone sous-marin), les deux équipages ont repris leur mission, fiers d’avoir renforcé les liens entre les deux marines et d’avoir constaté que si les procédures diffèrent d’un pays à l’autre, l’esprit est commun à tous les sous-mariniers ».

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