Défense
Le Suffren revient à Cherbourg
ABONNÉS

Actualité

Le Suffren revient à Cherbourg

Défense

Le nouveau sous-marin nucléaire d’attaque français a retrouvé hier matin le port de Cherbourg, qu’il avait quitté le 1er juin afin de réaliser ses essais en eaux profondes dans l’Atlantique. Une campagne qui a été menée la semaine dernière au large de la Bretagne, le Suffren se présentant pour la première fois dimanche dans le goulet de Brest. Un bref passage, pour une relève de personnel notamment, et apparemment sans escale finalement dans le port breton. Le retour du bâtiment à Cherbourg, où il a été construit par Naval Group, n’était pas forcément prévu, mais faisait partie des possibilités ouvertes en cas de besoin pendant les essais. Rien de grave en tous cas, assure à Mer et Marine des sources au ministère des armées. « Les essais, a fortiori d’un bâtiment tête de série comme c’est le cas avec le Suffren, sont faits pour pousser la bête et vérifier ses performances. Il y a toujours, pendant ces périodes d’essais, qui sont fait pour cela, des corrections et ajustement techniques à réaliser sur le navire et ses équipements. Et, en fonction de ces ajustements, le bâtiment est susceptible de revenir à quai. Ce qui est le cas ici, Cherbourg ayant été choisi car il y a sur place tout l’outil industriel nécessaire pour ce sous-marin ».

Le SNA devrait rester un « certain temps » à la pointe du Cotentin, car les interventions en question nécessitent un passage en cale sèche dans le dispositif de mise à l’eau (DME) situé dans le prolongement du chantier où il a vu le jour et dans lequel il avait été descendu en août dernier, avant d’être mis en situation de flottaison au mois de janvier. La nature des « ajustements techniques » dont il va faire l’objet ne sont pas connus. Mais ils ne remettent pas en cause le calendrier de livraison du sous-marin à la Marine nationale, assure-t-on au ministère des Armées. 

Une livraison prévue en fin d'année, quand les essais auront été menés à bien. Une fois son passage à Cherbourg achevé, le Suffren, qui a effectué avec succès la semaine dernière une plongée à son immersion opérationnelle maximale, reprendra la mer pour poursuivre ses essais et retrouvera pour cela l’Atlantique, avant de rejoindre la Méditerranée. Si tout se passe comme prévu, il devrait rallier sa base de Toulon au mois de juillet. Avant son admission au service actif, prévue en 2021, le nouveau SNA français devra en plus des essais de plateforme, de plongée et de ses équipements, en particulier sa suite sonar, qualifier la mise en œuvre de ses capacités de combat, avec différents tirs : torpille lourde F21, missile de croisière naval (MdCN) et missile antinavire SM39. Il faudra également valiser l’embarquement du module amovible (DDS) qui pourra être intégré derrière le kiosque afin de transporter le matériel des forces spéciales, dont le nouveau propulseur sous-marin (PSM3G) des commandos marine. Alors que les tirs de F21 et SM39 peuvent être conduits en Méditerranée avec le site DGA Essais de Missiles du Levant, celui concernant le MdCN devrait plus logiquement avoir lieu au large du centre des Landes. S'il ne peut être effectué pendant la phase actuelle, du fait du passage non prévu à Cherbourg et d'un planning actuellement chargé pour les équipes de Biscarosse, le SNA sera sans doute amené à revenir en Atlantique ultérieurement. 

Long de 99 mètres pour 8.8 mètres de diamètre et un déplacement en plongée d’environ 5200 tonnes, le Suffren est doté de quatre tubes de 533mm et pourra embarquer 20 armes (hors tubes).

Second bâtiment de cette série, le Duguay-Trouin, en cours d’assemblage à Cherbourg, doit rejoindre la flotte française en 2022. Viendra ensuite le Tourville, attendu en 2023, puis les De Grasse (2025), Rubis (2027) et Casabianca (2029). 

- Voir notre article complet sur le SNA Suffren

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

Marine Nationale | Toute l’actualité de la marine française