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Le super-destroyer furtif américain débute ses essais en mer

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Le super-destroyer furtif américain débute ses essais en mer

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Six ans après le début de sa construction et quatre ans après sa mise sur cale au chantier Bath Iron Works (General Dynamics), l’USS Zumwalt (DDG 1000) a appareillé hier pour sa première sortie en mer. Le début d’une longue série d’essais qui permettront de tester et mettre au point ce bâtiment de nouvelle génération extrêmement innovant et complexe.

Prototype d’une nouvelle série de super-destroyers furtifs, l’USS Zumwalt, dont la mise à l’eau est intervenue le 28 octobre 2013, mesure 185.9 mètres de long pour 24.6 mètres de large, son déplacement devant atteindre plus de 15.600 tonnes à pleine charge. Plus grand et plus lourd que les croiseurs lance-missiles du type Ticonderoga (172.8 mètres, 9970 tonnes) et les destroyers du type Arleigh Burke (155.3 mètres, 9217 tonnes), il deviendra le plus important bâtiment de combat de surface américain après les porte-avions et unités amphibies.

 

 

Un bâtiment furtif doté d’une propulsion électrique

Mais le nouveau fleuron de l’US Navy, qui sera baptisé en l’honneur de l’amiral Elmo Zumwalt (1920 – 2000), l’un des grands stratèges américains du XXème siècle, se distingue surtout par son design futuriste. Tout, à bord de ce bâtiment, a été pensé pour réduire sa surface équivalente radar et en faire un bateau extrêmement furtif : la forme de la coque, comme les superstructures, réalisées en matériaux composites,  ainsi que les pièces d’artilleries, carénées afin d’épouser les lignes du navire lorsqu’elles ne sont pas en action. Il n’y a plus de mâts, tous les senseurs étant intégrés aux superstructures (notamment le radar SPY-3 à faces planes), alors que l’USS Zumwalt bénéficie d’une étrave perce-vague, rappelant les éperons des cuirassés d’antan. Il en résulte un bâtiment hors du commun, extrêmement impressionnant, et dont on attend bien entendu de voir quelles seront les performances à la mer.

 

L'USS Zumwalt pendant sa construction (© : BIW)

L'USS Zumwalt pendant sa construction (© : BIW)

 

Les études ont, en tous cas, été très délicates, tant ce projet constitue un challenge technologique. En plus des outils de conception assistée par ordinateur, les ingénieurs et militaires américains ont été obligés de réaliser un modèle réduit à l’échelle ¼, le Sea Jet, qui est entré en service en 2005 afin de tester la propulsion électrique intégrée imaginée pour le DDG 1000. Celui-ci dispose de quatre turbines à gaz fournies par Rolls-Royce : deux MT 30 de 36 MW et deux de la série 4500 de 3840 kW, auxquelles s’ajoutent deux moteurs électriques à induction livrés par Converteam (désormais General Electric) de 34.8 MW entrainant deux hélices à pas fixe. L’ensemble propulsif, qui développe 69.6 MW, doit permettre au destroyer de dépasser la vitesse de 30 nœuds.

 

(© : US NAVY)

(© : US NAVY)

 

Equipage réduit et armement très puissant

Bénéficiant d’une automatisation très poussée, le bâtiment sera mis en oeuvre par un équipage réduit, limité normalement à 149 marins. Destiné notamment à l’action vers la terre, comme le soutien aux troupes de débarquement ou la destruction de cibles stratégiques, son armement sera particulièrement puissant, avec 80 cellules de lancement vertical pour missiles de croisière Tomahawk, missiles antinavire Harpoon, missiles anti-missiles balistiques SM-3, missiles surface-air ESSM et missiles anti-sous-marins VLA. L’USS Zumwalt va, par ailleurs, signer le retour de l’artillerie lourde sur les bâtiments de surface. A cet effet, il est doté de deux nouveaux canons AGS (Advanced Gun System) développés par BAE Systems et tirant des LRLAP (Long Range Land Attack Projectile), munitions propulsées et guidées de 155mm devant atteindre une portée de 140 km. La cadence de tir de l’AGS sera de 10 coups par minute, avec deux soutes abritant chacune une réserve de 600 obus.

 

(© : BAE SYSTEMS)

(© : BAE SYSTEMS)

 

Le reste de l’armement sera constitué de deux tourelles de 57mm Mk110 fournies par BAE Systems, de l’artillerie légère et des tubes lance-torpilles. Les capacités aéronautiques seront importantes, avec la possibilité d’embarquer deux hélicoptères Seahawk et un drone Fire Scout.

Un coût exorbitant

Ce programme est né de l’abandon du projet Arsenal Ship, imaginé dans les années 90. D’abord appelé DD 21, le design, totalement remanié, a été rebaptisé DDG 1000 au début des années 2000.  Destinés à remplacer les anciens destroyers du type Spruance, les Zumwalt devaient être initialement construits à 32 exemplaires. Mais le coût exorbitant de ces bâtiments a contraint l’US Navy à limiter le projet à seulement trois unités. En 2011, le coût unitaire de ces destroyers était annoncé à 3.8 milliards de dollars et même plus de 6.5 milliards pour le premier de série en incluant les frais de conception et de développement.

 

Destroyer du type A. Burke à côté du DDG 1001 (© : BIW)

Destroyer du type A. Burke à côté du DDG 1001 (© : BIW)

 

Deux à trois unités seulement

Alors que l’USS Zumwalt devait être initialement livré en 2015, le second destroyer de la série, l’USS Michael A. Mansoor (DDG 1001), a été mis sur cale en mai 2013 et devrait être opérationnel en 2018 (au lieu de 2016). Quant au troisième et dernier, USS Lyndon B. Johnson (DDG 1002), sur la construction duquel des menaces ont récemment pesé, il n’est pas attendu au sein de la flotte américaine avant 2021 (au lieu de 2018). 

 

L'USS Zumwalt quittant Bath (© : BIW)

L'USS Zumwalt quittant Bath (© : BIW)

L'USS Zumwalt en mer (© : US NAVY)

L'USS Zumwalt en mer (© : US NAVY)

US Navy / USCG