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Le TCD Siroco rentre de sa mission d'assistance à Haïti

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Le TCD Siroco rentre de sa mission d'assistance à Haïti

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Le transport de chalands de débarquement Siroco a regagné Toulon, vendredi matin, après cinq mois d'absence. Parti en octobre pour assurer la 100ème rotation de la mission Corymbe en Afrique de l'ouest, le TCD amorçait son retour en France lorsqu'il a été dépêché vers Haïti, frappé par un puissant tremblement de terre le 12 janvier. Deux jours après le séisme, l'Etat-major des Armées décidait d'envoyer le Siroco sur zone. Bien que situé de l'autre côté de l'Atlantique, le TCD était le plus gros bâtiment de la marine pouvant être rapidement déployé pour une opération humanitaire. Mettant le cap sur Haïti le 14 janvier, le navire s'est d'abord arrêté à Fort-de-France (Martinique) puis à Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) pour charger du fret et embarquer véhicules et des hommes de l'armée de Terre. C'est avec 2000 tonnes de matériel, soit une cinquantaine de véhicules (camions militaires, véhicules de la sécurité civile et de la gendarmerie, une ambulance, des tractopelles...), ainsi que du fret humanitaire (nourriture, eau, médicaments), du matériel médical et des tentes, que le TCD a quitté les Antilles françaises.

Chargement aux Antilles en janvier (© : MARINE NATIONALE)
Chargement aux Antilles en janvier (© : MARINE NATIONALE)

En plus, 75 militaires du 1er régiment du Service militaire adapté (RSMA) et du 33ème régiment d'infanterie de marine (RIMA) prenaient place à bord.
Arrivant le 22 janvier devant Port-au-Prince, le TCD a utilisé ses moyens amphibies et aériens afin de débarquer son aide. Les infrastructures portuaires étaient effet très endommagées par le tremblement de terre. Les deux chalands de débarquement ont donc effectué des rotations entre le navire, au mouillage, et la côte, alors que les hélicoptères embarqués (2 Puma et 2 Gazelle de l'aviation légère de l'armée de Terre) réalisaient des missions de reconnaissance et de récupération de blessés.

Le CV Damien Lorge (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le CV Damien Lorge (© : JEAN-LOUIS VENNE)

« Boite à outils »

Pour le capitaine de vaisseau Damien Lorge, commandant du Siroco, le TCD est une véritable « boite à outils ». En clair, le bâtiment, grâce à sa polyvalence, peut remplir un grand nombre de missions et faire face à des situations très diverses. Conçu pour le transport et le débarquement de matériel et d'hommes, le Siroco mesure 168 mètres de long et affiche un déplacement de 12.000 tonnes en charge. Armé par 218 marins, il peut embarquer le tiers des moyens d'un régiment, soit 470 hommes et tout leur matériel. Pour cela, le TCD dispose de vastes garages capables d'abriter des dizaines de véhicules (dont blindés) et des centaines de tonnes d'équipements. Son pont d'envol et les ponts mobiles couvrant le radier (1450 m2) peuvent servir aux hélicoptères mais aussi à entreposer des conteneurs et des palettes (ce qui a été le cas pour Haïti). Ce fret peut être manutentionné par une grue d'une capacité de 37 tonnes à 12 mètres.

Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le Siroco, vendredi à Toulon (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Si un port est disponible, le navire peut débarquer sa cargaison à quai via la grande porte fermant son radier (cale inondable où sont logés les chalands de débarquement et communiquant avec les garages), ou bien au moyen d'une porte latérale. En cas d'absence d'infrastructures portuaires disponibles ou d'opération de débarquement sur une plage, le navire reste au mouillage et effectue le débarquement grâce aux chalands (jusqu'à 8) abrités dans son radier.
Ces moyens sont complétés par les hélicoptères embarqués, un hangar permettant de loger quatre appareils de type Puma.

Véhicules dans le garage du Siroco à Haïti (© : MARINE NATIONALE)
Véhicules dans le garage du Siroco à Haïti (© : MARINE NATIONALE)

Véhicule embarquant sur un chaland (© : MARINE NATIONALE)
Véhicule embarquant sur un chaland (© : MARINE NATIONALE)

Chaland du Siroco à Haïti (© : MARINE NATIONALE)
Chaland du Siroco à Haïti (© : MARINE NATIONALE)

Débarquement d'un chaland à Port-au-Prince (© : MARINE NATIONALE)
Débarquement d'un chaland à Port-au-Prince (© : MARINE NATIONALE)

Débarquement d'un chaland à Port-au-Prince (© : MARINE NATIONALE)
Débarquement d'un chaland à Port-au-Prince (© : MARINE NATIONALE)

La porte du radier ouverte (© : JEAN-LOUIS VENNE)
La porte du radier ouverte (© : JEAN-LOUIS VENNE)

La porte du radier ouverte (© : JEAN-LOUIS VENNE)
La porte du radier ouverte (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le hangar hélicoptères du Siroco (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le hangar hélicoptères du Siroco (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le hangar hélicoptères du Siroco (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le hangar hélicoptères du Siroco (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Le pont d'envol du Siroco (© : JEAN-LOUIS VENNE)
Le pont d'envol du Siroco (© : JEAN-LOUIS VENNE)

Doté d'infrastructures de commandement et de systèmes de communication permettant de gérer une opération interarmées et interalliés, le Siroco compte également un hôpital embarqué. Ce dernier s'étale sur une surface de 500 m2 et dispose de 2 blocs opératoires, 2 salles de traitement des grands brûlés et 50 lits d'hospitalisation. On notera enfin que le bâtiment, comme son sistership, la Foudre, dispose d'une solide autoprotection. Son armement consiste, en effet, en 3 systèmes surface-air Simbad (missiles Mistral), 3 canons de 30mm et 5 mitrailleuses de 12.7mm. Il compte en outre deux brouilleurs ARBB-36 et un bruiteur remorqué.
L'ensemble de ces capacités permettent aux navires de ce type de remplir un vaste éventail de missions. Elles peuvent aller de la projection de forces à l'humanitaire, en passant par l'évacuation de ressortissants .Dans ce dernier cas, plus de 2000 personnes peuvent être embarquées.

Le Siroco en route vers Port-au-Prince fin janvier (© : MARINE NATIONALE)
Le Siroco en route vers Port-au-Prince fin janvier (© : MARINE NATIONALE)

Le Siroco devant Port-au-Prince (© : MARINE NATIONALE)
Le Siroco devant Port-au-Prince (© : MARINE NATIONALE)

Bilan de l'opération en Haïti

Pour venir en aide aux sinistrés haïtiens, le Siroco aura effectué deux rotations entre les Antilles et Port-au-Prince. Après avoir débarqué son chargement initial à partir du 22 janvier, le bâtiment est retourné en Martinique le 5 février. Puis il est revenu du15 au 19 février avec une nouvelle cargaison, comprenant notamment une quinzaine de conteneurs. Sur place, le Siroco, une fois les moyens débarqués, a servi de base-arrière au dispositif français. Au mouillage, il a pris en charge des blessés haïtiens grâce à son hôpital embarqué. Les 4 hélicoptères (Puma et Gazelle) présents sur le TCD ont accompli des missions d'évacuation de blessés de Port-au-Prince vers le bâtiment, où ils étaient soignés, ainsi que des missions de reconnaissance de sites isolés. Ainsi, l'antenne chirurgicale aérotransportable (ACA), déployée sur le bâtiment, a réalisé 43 opérations chirurgicales (fractures, amputations...), soit 3 à 7 opérations par jour de présence. Les hélicoptères de l'ALAT ont, quant à eux, comptabilisé 85 heures de vol la première semaine.

Puma sur le Siroco durant l'opération Haïti (© : MARINE NATIONALE)
Puma sur le Siroco durant l'opération Haïti (© : MARINE NATIONALE)

Hôpital du Siroco durant l'opération Haïti (© : MARINE NATIONALE)
Hôpital du Siroco durant l'opération Haïti (© : MARINE NATIONALE)

Avec le Siroco et le bâtiment de transport léger Francis Garnier, qui a également réalisé une rotation entre les Antilles et Port-au-Prince, la Marine nationale a été l'une des grandes composantes de l'aide française à Haïti, assurant notamment l'acheminement de l'essentiel des 2800 tonnes de fret et équipements spécialisés expédiés dans l'île. Outre les moyens navals, un pont aérien a permis d'évacuer 1700 ressortissants, dont 200 blessés. Soldats, gendarmes, pompiers, personnels de la sécurité civile... Pas moins de 750 sauveteurs ont, dans le même temps, oeuvré aux côtés des secouristes haïtiens et internationaux.

Le Siroco en route vers Haïti en janvier (© : MARINE NATIONALE)
Le Siroco en route vers Haïti en janvier (© : MARINE NATIONALE)

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