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Le Tonnerre et le Guépratte débutent la 7ème mission Jeanne d’Arc

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A l'issue de la traditionnelle cérémonie de départ, présidée par le vice-amiral d'escadre Yves Joly, c'est sur une rade houleuse et ventée que la 7ème mission Jeanne d’Arc s'est élancée hier avec l’appareillage du Tonnerre et du Guépratte. Le bâtiment de projection et de commandement (BPC) et la frégate, respectivement commandés par le capitaine de vaisseau Laurent Sudrat et le capitaine de frégate Claire Pothier, ont quitté Toulon pour un déploiement opérationnel de cinq mois en Méditerranée, mer Rouge, océan Indien, Asie du sud-est et Océanie. Le groupe amphibie accomplira des missions de surveillance, de renseignement, de lutte contre la piraterie (Atalante), le terrorisme et les trafics illicites (TF 150), alors que de nombreux exercices et coopérations avec des forces armées étrangères sont prévus.

 

 

Cérémonie et discours du VAE Joly (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

Pré-positionnement stratégique

Le Tonnerre et le Guépratte passeront notamment par l’Egypte, qui a acquis les deux BPC initialement construits par la France pour la Russie et dont elle prendra livraison au second semestre de cette année. Des escales à Djibouti, en Inde, au Vietnam, en Malaisie, à Singapour, en Australie et à La Réunion sont également prévues. Le déploiement en Asie du sud-est constitue une nouvelle marque d’intérêt de la France pour cette zone, où la Marine nationale se montre active depuis un moment, en particulier dans le secteur de la mer de Chine (le Dixmude et l’Aconit y sont passés en mai 2015, le Vendémiaire en novembre et la Provence dernièrement). Le « pré-positionnement stratégique » du groupe Jeanne d’Arc permet, rappelle l’état-major, « d’observer l’environnement, d’en évaluer les évolutions et d’anticiper l’apparition des crises. Il apporte également une autonomie de décision ». D’autant que les bâtiments ont un rôle autant militaire que politique, contribuant « à renforcer le rayonnement de la France » et, par leur seule présence, constituant « un signal fort de notre pays et un appui incontestable à notre diplomatie ».

 

 

Soutien à l’export

Une diplomatie également au service de l’économie tricolore puisque le Tonnerre et le Guépratte vont également assurer une mission de soutien à l’exportation au profit de l’industrie nationale. Ce sera le cas en particulier en Egypte, en Inde, en Asie et bien entendu en Australie, où DCNS espère décrocher cette année la commande géante des futurs sous-marins australiens.

 

Le Guépratte quittant Toulon hier (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

Appareillage du Tonnerre (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

Ecole embarquée

Déploiement opérationnel, Jeanne d’Arc, qui a repris le nom de l’ancien bâtiment école de la flotte française, retiré du service en 2010, est également une campagne de formation. Comme chaque année, des officiers élèves embarquent ainsi pour leur première navigation au long cours. Pour cette 7ème édition, il y a à bord 79 enseignes de vaisseau dont 5 venant d’Allemagne, du Cameroun, de Guinée-Conakry, du Togo et du Liban intégrés à la promotion 2013 de l’Ecole navale, 29 officiers-élèves sous contrat long dit « nouvelle génération », 10 commissaires-élèves des armées d’ « ancrage » Marine, 11 administrateurs des Affaires maritimes, 6 médecins des armées appelés à débuter leur carrière dans la Marine nationale, 10 officiers-élèves internationaux invités en cursus extérieurs et originaires d’Egypte, de Belgique, du Gabon, du Canada, du Brésil, du Maroc, du Royaume-Uni et du Danemark. Ils seront rejoints pour de courtes périodes par 10 sous-lieutenants de Saint-Cyr Coëtquidan, 13 stagiaires-ingénieurs de l’armement, 5 commissaires des armées d’ « ancrage » Santé, ainsi que 18 stagiaires de l’EDHEC. « Les officiers-élèves prennent une part active au sein du groupe Jeanne d’Arc. Après un temps de formation, ils sont même essentiels à l’exécution des missions du groupe. Pendant ce déploiement de longue durée, ils sont continuellement placés en situation de responsabilité dans des conditions opérationnelles. Ils mettent ainsi en pratique les connaissances acquises à l’École navale et appréhendent leur statut de chef militaire et d’expert des systèmes navals. Cette pédagogie s’appuie sur un rythme de navigation soutenu et le partage d’expérience entre les marins des deux bâtiments du groupe Jeanne d’Arc », précise la Marine nationale. 

 

Le CF Pothier et le CV Sudrat avec des officiers-élèves  (© : MER ET MARINE - JL VENNE) 

 

Pour permettre la formation continue des officiers-élèves pendant la mission, la zone modulaire de l’état-major du BPC a été reconfigurée avec des salles de briefing, une salle de conférence de 150 places et une salle de planification permettant l’accès aux systèmes d’information et de commandement. Par ailleurs, l’École navale détache à bord une structure dédiée, l’EAOM (école d’application des officiers de marine), qui assure l’instruction purement académique, l’expertise pédagogique et la continuité du savoir-faire pendant la mission Jeanne d’Arc.

 

Image d'archive (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

L’armée de Terre toujours à bord

En plus des équipages (200 marins pour le Tonnerre et 155 pour le Guépratte), ainsi que des élèves et stagiaires, le BPC embarque comme chaque année des unités de l’armée de Terre. Compte tenu de ses nombreux engagements sur les théâtres d’opérations extérieurs, celle-ci n’a pas pu cette année encore déployer à bord de groupe tactique embarqué, comme c’était le cas de 2010 à 2014. Toutefois, elle maintient sa présence avec une soixante militaires de la 6ème Brigade Légère Blindée et des véhicules légers du 21ème Régiment d’Infanterie de Marine. Des hélicoptères de l’aviation légère de l’armée de Terre (Gazelle et Puma) sont aussi présents sur le Tonnerre.

 

EDAR (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE) 

 

Deux Alouette III et deux EDAR

Celui-ci embarque également deux Alouette III de l’aéronautique navale. Quant à la batellerie du BPC, elle est pour la première fois constituée de deux engins de débarquement amphibie rapide, la configuration qui prévalait auparavant étant axée sur un EDAR et deux chalands de transport de matériel (CTM).

L’ensemble de ces moyens, au-delà des exercices réalisés en cours de déploiement, pourra être amené à participer, en cas de besoin, à des opérations maritimes, amphibies ou aéromobiles. On se rappelle notamment que le groupe Jeanne d’Arc avait, l’an dernier, assuré l’évacuation de ressortissants au Yémen. 

 

Alouette III (© : MARINE NATIONALE) 

EDAR et BPC (© : MARINE NATIONALE) 

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