Marine Marchande

Reportage

Le transport maritime, pilier du nickel en Nouvelle-Calédonie

Marine Marchande

Située dans le Pacifique Sud, à quelques 1500 km des côtes australiennes et néo zélandaises, la Nouvelle-Calédonie couvre une zone maritime très étendue : sa Zone Économique Exclusive (ZEE) est de 1,4 million de km2. Le transport maritime est un support fondamental à l’économie du territoire et surtout, au secteur du nickel.

L'île occupe une place prépondérante sur le marché du nickel : si elle n’est que le cinquième producteur mondial en 2015, avec 7 % de la production mondiale, elle concentre environ 25 % des ressources mondiales et des réserves. L’activité d’extraction du minerai regroupe une quinzaine de sociétés locales qui exploitent les gisements attachés à des titres miniers.  Le secteur du nickel en Nouvelle-Calédonie regroupe trois usines métallurgiques : la SLN, Vale NC et Koniambo Nickel (détenue à 51 % par la SMSP et à 49 % par Glencore).  Le nickel représente l’écrasante majorité des exportations de biens de l'île (92 % en 2016), notamment vers les pays asiatiques.

Les mines sont exploitées depuis le XIX siècle. En 2014, 88,2% des importations et 98,6% des exportations en valeur ont emprunté la voie maritime, représentant 99,9% des échanges commerciaux extérieurs (8,6 millions de tonnes en volume). L’activité des centres miniers et métallurgiques comptait pour 86,6 % de ces échanges en volume, soit 7,6 millions de tonnes de produits et marchandises (1).

Le nickel, moitié du trafic maritime total de Nouvelle-Calédonie

Les trois usines métallurgiques disposent de leur propre port et plusieurs infrastructures de transbordement sont installées à l’aval des principaux sites miniers de la Grande Terre (Thio, Kouaoua, Poro, Tiébaghi,..) afin de permettre l’expédition du minerai de nickel brut. Le minerai exploité est donc acheminé, sur des minéraliers, pour 37 %, directement vers l’usine de la SLN afin d’y être transformé localement et pour 63 %, directement vers l’étranger (une moitié vers l’usine de Gwangyang en Corée du Sud, 31 % vers le Japon et 19 % vers l’Australie selon les chiffres 2014). Le minerai expédié depuis ces centres représente ainsi plus de la moitié du trafic maritime total de Nouvelle-Calédonie.

Deux types de minerai sont exploités en Nouvelle-Calédonie : les saprolites, qui ont des teneurs en nickel de 2 à 3 % et des latérites, plus pauvres de 1 à 1,5 % de nickel. Le poids du secteur du nickel dans l’économie est largement corrélé aux prix de vente internationaux. La SLN détient près de 31 % des surfaces favorables en nickel, les autres sociétés minières, 28 %. Les principaux clients de la métallurgie sont la chine (40 %), l’Australie (12%), Taïwan (8,5 %), la France (7%) et le Japon (7,7%).

(1) Extraits et chiffres tirés de l’institut d’émission d’Outre- mer - L’économie bleue en Nouvelle-Calédonie, mars 2016, paru en 2018

A Nouméa pour Mer et Marine, Noémie Debot-Ducloyer

 

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