Marine Marchande
Le travail reprend enfin à Fos-sur-Mer et Lavera

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Le travail reprend enfin à Fos-sur-Mer et Lavera

Marine Marchande

Alors que le conflit s’éternise à la SNCM, les personnels du port autonome de Marseille (PAM), ont voté dans l’après-midi la reprise du travail. Conduit par la CGT, qui dénonçait "une menace de privatisation" de l’établissement public, ce mouvement a vu la paralysie du port pendant 14 jours avec des conséquences assez désastreuses pour de nombreuses entreprises dont les marchandises sont restées bloquées sur la zone portuaire. Hier, pas moins de 86 navires, dont une trentaine de pétroliers attendaient sur rade ou à quai. La direction du PAM estime qu’elle a perdu 500.000 euros par jour et que les pertes pour l’ensemble de la zone se sont élevées quotidiennement à 3 ou 4 millions d’euros. Vendredi dernier, le patronat avait chiffré de son côté le montant de la grève à 125 millions d’euros. Tous les secteurs d’activité ont été touchés, y compris les petits commerces marseillais qui ont du faire une croix sur 25 escales de paquebots. Le manque à gagner est estimé à plus de 2 millions d’euros sur les deux derniers week-ends. Il y a toutefois plus grave puisque de nombreux opérateurs semblent prêts à abandonner Marseille pour décharger leurs marchandises à Barcelone ou Gênes.
Les raffineries de l’étang de Berre, pour lesquelles une pénurie était attendue cette semaine, ne cesseront toutefois pas de fonctionner. Le travail sur les terminaux marchandises a repris hier soir à 18 h, suivi quatre heures plus tard par le secteur pétrochimique. Enfin, la zone marchandise de Marseille doit reprendre ses activités ce matin.

L'impasse à la SNCM

Du côté de la Société Nationale Corse Méditerranée, aucune avancée significative n'a été obtenue hier. La réunion entre les syndicats et les ministres des Transports et de l'Economie n'a rien donné. La CGT refuse toujours que l'état devienne minoritaire dans le capital de la compagnie. Hier soir, un conseil d'administration a évoqué longuement les menaces de dépôt de bilan. Selon Bruno Vergobi, président de la SNCM, si les grévistes ne reprennent pas le travail rapidement, l'entreprise sera en cessation de paiement avant la fin de la semaine. L'année dernière, les pertes s'étaient élevées à 30 millions d'euros, un chiffre qui devrait doubler cette année. Le plan de sauvetage du gouvernement prévoit une répartition du capital entre Butler Capital Partners (38%), Connex (28%), l'Etat (25%) et les salariés (9%).
La SNCM emploie 2400 personnes dont 800 en Corse.