Construction Navale
Le trimaran végétal Gwalaz bien parti pour durer

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Le trimaran végétal Gwalaz bien parti pour durer

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L'heure était au bilan du premier périple du « Gwalaz « dans la baie de Concarneau. Et les premières impressions du navigateur Roland Jourdain et des surfeurs du projet « Lost in the swell » sont excellentes sur ce premier trimaran écoconçu.

 

Faut-il rappeler que ce n'est pas un trimaran ordinaire que « Kaïros », la société concarnoise de Roland Jourdain, a mis à l'eau le 29 mai dernier. « Il a été conçu sur la base du trimaran original d'Antoine Houdet, du chantier Tricat. Sauf que nous avons utilisé des fibres végétales, du liège, du balsa et de la résine biosourcée », explique Ludovic, chargé de la partie composite du navire. C'est lui qui a fait le premier check-up du très écologique Gwalaz (dont le nom renvoie à celui d'une algue marine) après son premier tour de Bretagne. « Aucun dégât à signaler, malgré les conditions de navigation quasi-hivernales », résume-t-il.

 

 

« On peut encore faire mieux »

 

 


Les trois surfeurs du projet « Lost in the swell » et Roland Jourdain se sont relayés aux commandes du Gwalaz autour de la Bretagne depuis un mois et dix jours. Ce trimaran de 7,11 m de long est monté jusqu'à 19 noeuds sans que l'équipage n'ait à se plaindre de son comportement, même s'il pèse environ 100 kg de plus que son modèle de fabrication original. « Il y avait des contraintes pour avoir la certitude que le composite tienne le coup, mais on peut faire mieux. On pourra sûrement alléger les coques car elles sont plus rigides », a détaillé Roland Jourdain. À en croire l'équipage, bien que le Gwalaz soit très éloigné des embarcations généralement conçues en fibre de verre et polyester, il n'a donc pas nécessité davantage de réglages, ni posé davantage de problèmes.



 

 

Faire disparaître le plastique 



 

 

À terme, Roland Jourdain aimerait que les avancées du Gwalaz, suivies de près par Ifremer et l'UBS, puissent ouvrir la voie à d'autres processus de fabrications. « Ce n'est qu'une question de filières à activer car le processus industriel est similaire. Si ça peut marcher ici, ça peut marcher ailleurs, et on pourrait remplacer toutes sortes de pièces en plastique », explique-t-il. Toutefois, lorsqu'on lui demande si le Gwalaz est une vraie première mondiale, Bilou rétorque avec humour que « les Phéniciens et les Tahitiens naviguaient plus écolos que nous, il y a bien longtemps ». 



 

 

Direction les îles Salomon 



 

 

Le prochain grand test du Gwalaz l'emmènera encore plus loin, avec les surfeurs de « Lost in the swell ». « Nous allons partir aux îles Salomon début septembre et nous y serons de novembre à février. Ce qui nous plaît, c'est que ce bateau a un faible tirant d'eau pour aller chasser les vagues », annonce Ewen Le Goff. À deux dans la cabine et un sur le pont, les surfeurs-aventuriers n'ont pas froid aux yeux. Mais le trajet sera aussi l'occasion de tester la résistance de l'embarcation aux UV du soleil et aux eaux chaudes, naturellement plus corrosives. En attendant de voir comment le Gwalaz va vieillir, Roland Jourdain sera pour sa part, le 3 novembre, au départ de la Transat Jacques-Vabre. Il espère également pouvoir participer au prochain Vendée Globe, et, pourquoi pas un jour, à une compétition de voile intégrant le bilan carbone des embarcations.

 

 

Un article de la rédaction du Télégramme