Défense
Le Triomphant comme s'il était neuf

Actualité

Le Triomphant comme s'il était neuf

Le Triomphant a été remorqué, mardi 14 avril, vers L'Ile-Longue, après vingt mois d'un chantier hors normes à Brest. Il doit réintégrer la boucle opérationnelle l'hiver prochain.

Défense

La masse noire de 14.000 tonnes est tranquillement sortie du bassin nº 8, mardi, autour de midi. Le Triomphant, premier de série des quatre sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE) assurant la force de dissuasion française, a subi un entretien de grande ampleur. Carénage, modernisation et surtout adaptation au missile nucléaire M51.

 

En cale sèche au bassin 8 (© : MARINE NATIONALE)

En cale sèche au bassin 8 (© : MARINE NATIONALE)

 

1,3 million de pièces détachées

Il s'agit du deuxième SNLE ainsi transformé pour accueillir le nouveau missile. Dernier de la série, Le Terrible, mis en service en 2010, a été configuré dès sa construction pour le M51. Restera, entre 2016 et 2018, la transformation du Téméraire, le deuxième sous-marin de la série lancé en 1999. Pour Le Triomphant, reparti mardi vers l'Ile-Longue, il reste encore dix mois de mise au point et d'opérations diverses de redémarrage. C'est aussi à l'Ile-Longue que le coeur nucléaire et tous les éléments de propulsion seront réinstallés et remis en service. À mi-vie, après bientôt 20 ans de fonctionnement, Le Triomphant (le premier de série, opérationnel depuis 1997) a fait l'objet d'un chantier hors normes à Brest (un grand carénage tous les 7 à 10 ans). La quasi-intégralité du navire a été démonté, à l'exception de la coque, soit plus de 30.000 équipements récupérés, vérifiés et remontés ou changés. Au total, une opération de cette ampleur génère 1,3 million de pièces détachées et pas moins de 103.000 fiches d'enregistrement relatif à la conformité. Rien que pour les essais des pièces à remonter, il a fallu rédiger 1.100 procès-verbaux techniques. Démontage, transport vers les bancs de test, essais, remontage...

 

Départ pour l'Ile Longue mardi (© : MARINE NATIONALE)

Départ pour l'Ile Longue mardi (© : MARINE NATIONALE)

Départ pour l'Ile Longue mardi (© : MARINE NATIONALE)

Départ pour l'Ile Longue mardi (© : MARINE NATIONALE)

 

3X8 pendant 20 mois

C'est une ruche fonctionnant six jours sur sept, nuit et jour, en 3X8, qui s'est affairée dans le bassin nº 8 brestois pendant vingt mois. On y a travaillé sans discontinuer, même les jours fériés. « Nous n'avons fait relâche que les dimanches et les jours de Noël et du Premier de l'An ». Pourquoi avoir tenu un tel rythme ? Pour la complexité et le niveau de technicité du navire mais aussi pour le remettre le plus rapidement dans la permanence opérationnelle, même si ce genre d'opération menée par DCNS pourrait être condensée en vingt mois. Il faudra trente mois au total pour remettre en service ce sous-marin qui a mobilisé pas moins de 1.800 personnes, dont 1.100 au plus fort pic de charge. Quatre millions d'heures de travail plus tard, le sous-marin était prêt à être remorqué vers sa base sous-marine en presqu'île de Crozon. 99 % des éléments ont été remis en place confirmait, mardi, le directeur de programme de DCNS, Michel Drévillon, qui rappelait l'importance de ce type d'opération pour le bassin d'emploi.

 

Départ pour l'Ile Longue mardi (© : MARINE NATIONALE)

Départ pour l'Ile Longue mardi (© : MARINE NATIONALE)

 

Prochain tir

Mais concernant le prochain tir de M51, après l'échec de 2013 au large de Penmarc'h à bord du Vigilant, toujours rien à l'horizon. « Cinq tirs, dont deux effectués en mer, ont fonctionné. Le système de tir a été qualifié », confirme pudiquement un cadre de la Direction générale de l'armement, sans dévoiler un fragment du calendrier établi.


Un article de la rédaction du Télégramme

 

 

Marine nationale | Toute l’actualité de la marine française Naval Group | Actualité industrie navale de défense