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Le troisième B2M sera finalement basé à La Réunion

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Changement d’affectation pour le troisième bâtiment multi-missions que va recevoir la Marine nationale. En cours de construction chez Piriou, à Concarneau, le futur Champlain ne rejoindra pas les Antilles, comme prévu initialement, mais sera basé à La Réunion, où il doit arriver en février 2017. Cette décision a été prise afin d’éviter une rupture capacitaire au sud de l’océan Indien. Les moyens de la flotte française y sont en effet temporairement réduits, avec le retrait du service, cet été, du patrouilleur austral Albatros. Quant au bâtiment de transport léger (Batral) La Grandière, il doit prendre sa retraite en 2017.

 

L'Albatros à son départ de La Réunion en mai dernier (© : PATRICK SORBY)

L'Albatros à son départ de La Réunion en mai dernier (© : PATRICK SORBY)

Le La Grandière (© : MARINE NATIONALE)

Le La Grandière (© : MARINE NATIONALE)

 

Dans cette perspective, le programme B2M a été porté à quatre unités suite à la révision de la Loi de Programmation Militaire, qui a été votée cet été par le parlement. Toutefois, la marine n’a pas souhaité attendre l’arrivée du quatrième bâtiment pour regarnir ses moyens à La Réunion. Une incertitude demeure en effet sur la date de livraison du dernier B2M, qui n’a pas encore été commandé et fait l’objet d’une option dont l’affermissement peut courir jusqu’à la fin 2017. L’Etat-major a donc préféré réaffecter le troisième bâtiment de la série.

Les moyens navals en océan Indien regarnis sous deux ans

De cette manière, les moyens navals des Forces armées de la zone sud de l’océan Indien (FAZSOI) retrouveront un niveau satisfaisant sous deux ans. Ainsi, en plus des frégates de surveillance Nivôse et Floréal, ainsi que du patrouilleur Le Malin, la Marine nationale disposera du B2M Champlain, mais aussi du nouvel Astrolabe. Commandé en juin dernier à Piriou, ce PLV (Polar Logistic Vessel), livrable à l’été 2017, remplacera l’actuel ravitailleur polaire L'Astrolabe pour les missions de ravitaillement de la base Dumont d’Urville en Antarctique. Et, en dehors de cette mission, qui se déroule pendant l’été austral, le PLV succèdera à l’ancien Albatros pour surveiller et protéger la zone économique exclusive des Terres australes et antarctiques françaises (Taaf).

 

Le futur PLV L'Astrolabe (© : MARINE ASSISTANCE)

Le futur PLV L'Astrolabe (© : MARINE ASSISTANCE)

 

Le D’Entrecasteaux se prépare à prendre la mer

En attendant, la tête de série du programme B2M, en achèvement à flot à Concarneau, se prépare à prendre la mer. Le D’Entrecasteaux doit en effet débuter ses essais officiels fin octobre. Un mois de tests sont prévus. Il sera ensuite remis à la Direction Générale de l’Armement puis à la Marine nationale. Celle-ci prévoit l’arrivée du D’Entrecasteaux à Brest fin novembre et sa réception définitive au printemps 2016. Le premier B2M sera basé à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, où il est très attendu pour remplacer le bâtiment de transport léger (Batral) Jacques Cartier, désarmé en 2013.

 

Le D'Entrecasteaux cet été à Concarneau (© : DR)

Le D'Entrecasteaux cet été à Concarneau (© : DR)

 

En cours d’assemblage chez Piriou, le second B2M, qui portera le nom de Bougainville et sera basé en Polynésie française, doit quant à lui rejoindre Brest au printemps prochain et être réceptionné à la fin de l’été 2016. Quant au Champlain, il ralliera la pointe Bretagne à l’automne 2016 avant de partir pour La Réunion.

La base de Fort-de-France devrait ensuite, logiquement, recevoir le quatrième B2M afin de remplacer le Batral Dumont d'Urville, qui était positionné en Polynésie jusqu'en 2010 avant d'être réaffecté aux Antilles pour compenser le désarmement d'un autre Batral, le Francis Garnier.

Des bâtiments polyvalents et endurants

Longs de 65 mètres pour une largeur de 14 mètres et un déplacement de 2300 tonnes en charge, les B2M pourront atteindre la vitesse de 15 nœuds. Armées par un équipage de 20 marins, ces unités destinées à naviguer dans les vastes espaces maritimes ultramarins sont conçues comme des plateformes robustes et endurantes, avec une autonomie très importante. Les bâtiments pourront, ainsi, réaliser 30 jours d’opérations sans ravitaillement. Pour surveiller et protéger la zone économique exclusive (ZEE) française, les B2M auront de solides moyens de communication, notamment satellitaires, seront dotés de deux mitrailleuses de 12.7mm et pourront mettre en œuvre des embarcations rapides pour les interceptions et contrôles.

 

B2M (© : PIRIOU)

B2M (© : PIRIOU)

 

Ils pourront aussi assurer des missions d’assistance au profit des populations, par exemple suite à une catastrophe naturelle. A cet effet, leur vaste plage arrière pourra accueillir des conteneurs, manutentionnés à l’aide d’une grue d’une capacité de 12 tonnes à 14 mètres (ou 10 t à 17 m). Ils embarqueront également un petit chaland de débarquement de 8 mètres, qui pourra déposer à terre du matériel et du personnel. Les B2M seront d’ailleurs en mesure de projeter une petite force de 20 personnes avec armes et munitions, par exemple des soldats, gendarmes ou policiers (logements prévus à bord à cet effet, mais aussi pour l’accueil de naufragés ou de ressortissants en cas d’évacuation), ainsi que deux véhicules de type 4x4. Ils pourront également déployer des plongeurs et des équipements sous-marins, y compris des drones.

Capables de naviguer 200 jours par an, les B2M seront, enfin, capables de porter assistance à des navires en difficulté. Pour cela, ils seront équipés de moyens de lutte contre les incendies et pourront remorquer d’autres bateaux, avec une capacité de traction au point fixe de 30 tonnes.

Marine nationale Piriou