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Le troisième SNA du type Barracuda commandé

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Le troisième SNA du type Barracuda commandé

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La Direction Générale de l'Armement (DGA) a annoncé hier la notification à DCNS et AREVA-TA, le 28 juin, de la commande du troisième sous-marin nucléaire d'attaque du type Barracuda. Tout, six bâtiments de ce type sont prévus, le coût du programme étant évalué à 8.6 milliards d'euros (aux conditions économiques de 2011, contre 7.9 milliards d'euros à celles de 2006, date du lancement du programme). La réalisation des deux premiers SNA, le Suffren et le Duguay-Trouin, est en cours sur le site DCNS de Cherbourg, qui doit livrer la tête de série en 2017. Les quatre suivants, qui seront baptisés Dupetit-Thouars, Duquesne, Tourville et De Grasse (l'ordre n'est pas fixé) seront livrés au rythme d'un tous les deux ans, le dernier devant être opérationnel en 2028.
Avec cette commande, c'est donc la moitié du programme Barracuda qui est "sécurisé", ou "conforté" selon les expressions consacrées. Un temps, les difficultés budgétaires avaient fait craindre une éventuelle réduction de cible mais la marine a su expliquer qu'à moins de six SNA, elle n'était pas en mesure de disposer du vivier suffisant pour fournir les équipages des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). En cas de reduction du nombre de Barracuda, c'est donc la dissuasion française qui aurait été fragilisée.

Construction à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE)
Construction à Cherbourg (© : MARINE NATIONALE)

Nouvelles capacités en vue

Destinés à remplacer les SNA du type Rubis, mis en service entre 1983 et 1993, les nouveaux SNA offriront d'importantes capacités de lutte antinavire et anti-sous-marine. Ils pourront également mener des missions de renseignement ou de mise en oeuvre de forces spéciales. Une dizaine de commandos pourra être embarquée, leur matériel étant abrité dans un conteneur étanche, véritable compartiment supplémentaire situé derrière le massif et utilisant le sas de secours. Dotés de quatre tubes de 533mm, les Barracuda mettront en oeuvre des torpilles lourdes F21 (dérivées de la Black Shark) et des missiles antinavire Exocet SM39 Block2 Mod2. Ils auront également la capacité, pour la première fois sur un sous-marin français, de tirer des missiles de croisière et, ainsi, de délivrer une frappe en profondeur contre un objectif terrestre situé à plusieurs centaines de kilomètres. On rappellera d'ailleurs que le premier tir d'essais sous-marin du Scalp Naval, appelé missile de croisière naval ou « MdCN » chez les militaire, a été réalisé avec succès, le 8 juin dernier, au centre DGA Essais de Missiles de l'île du Levant, dans le Var.

Premier tir sous-marin du Scalp Naval (© : DGA ESSAIS DE MISSILES)
Premier tir sous-marin du Scalp Naval (© : DGA ESSAIS DE MISSILES)

Plus grands et mieux adaptés aux missions actuelles

Longs de 99.5 mètres pour un déplacement de 5300 tonnes en plongée, les nouveaux SNA français seront plus grands que les Rubis (73.6 mètres et 2670 tonnes) et mieux adaptés aux missions actuelles, notamment pour l'action vers la terre. L'augmentation du volume permettra de répondre aux nouvelles normes en matière de sécurité nucléaire (redondance accrue, auxiliaires et pompes supplémentaires) mais aussi d'améliorer la discrétion acoustique et de porter de 14 à 20 le nombre d'armes embarquées. Le système de combat, du type SYCOBS, sera commun avec le sous-marin nucléaire lanceur d'engins (SNLE) Le Terrible, de même que la nouvelle architecture sonar développée par Thales (UMS 3000), avec sonar avant, antenne de flanc, antenne remorquée et sonar d'évitement de mines.
Sur de nombreux points, les Barracuda reprendront des innovations éprouvées par DCNS sur les sous-marins conventionnels de la gamme Scorpène vendus à l'export (Chili, Malaisie, Inde et Brésil). Ce sera le cas pour la discrétion acoustique avec les avancées obtenues en matière de tuyauterie et de câblage, ou encore sur l'automatisation. L'équipage ne sera, ainsi, que de 60 marins, et pourra être féminisé.

SNA du type Barracuda (© : DCNS)
SNA du type Barracuda (© : DCNS)

Evolution de l'ergonomie et de la propulsion

En matière d'ergonomie, le PC propulsion ne sera pas situé près du réacteur, mais sous le PC Navigation Opérations (PCNO). La conduite du bâtiment sera donc concentrée dans une zone centrale, l'arrière étant inhabité sur 40% de la longueur totale. Grâce à l'absence de périscope pénétrant liée à l'adoption de mâts optroniques, fournis par Sagem, le PCNO sera légèrement décalé par rapport au kiosque.
Côté propulsion, les Barracuda utiliseront, jusqu'à une vitesse usuelle de patrouille, deux moteurs électriques alimentés par des turboalternateurs recevant la vapeur du réacteur. Pour les vitesses de pointe, pouvant aller jusqu'à 25 noeuds en plongée, un groupe turbopropulseur prendra la relève. La chaufferie nucléaire, d'une puissance de 50 MW, est dérivée de celles des SNLE et du porte-avions Charles de Gaulle. Le rechargement du coeur n'interviendra que tous les 10 ans, ce qui limitera à seulement deux le nombre de grands arrêts techniques durant la vie des sous-marins. L'enrichissement des coeurs n'aura plus besoin de passer par une filière militaire. En effet, il sera traité commercialement, le combustible prévu pour les Barracuda étant identique à celui des centrales nucléaires d'EDF.

 (© : MARINE NATIONALE)
(© : MARINE NATIONALE)

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