Nautisme
Le vieux transbordeur de Belle-Île transformé en yacht

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Le vieux transbordeur de Belle-Île transformé en yacht

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Guerveur, c'est le nom breton que porte Belle-Île. C'est aussi celui du joli navire qui a transporté les Belle-ilois, les estivants, leurs voitures, les premiers conteneurs et parfois même les vaches, entre Quiberon et le port de Palais. Le Guerveur a navigué jusqu'en 2001, exploité par la Compagnie morbihanaise de navigation, pour le compte du Conseil général du Morbihan. Ponctuellement réarmé jusqu'en 2006, il a fini par être désarmé et mis à quai à Lorient. Là où il est né, en 1966, dans les chantiers Laperrière.

Le Guerveur a été le courrier de Belle-Ile de 1973 à 2001  (© : LE GUERVEUR)
Le Guerveur a été le courrier de Belle-Ile de 1973 à 2001 (© : LE GUERVEUR)

« Un vrai petit ferry de poche », sourit Patrick Boisseau, qui l'a commandé pendant de longues années. 45 mètres de long, 10 mètres de large, un pont garage avec deux portes latérales, et même, à l'origine, des mâts de charge à l'avant. Un navire taillé pour les manoeuvres et les rotations par tous les temps. Mais la jeune génération de navires est arrivée et le vieux Guerveur a tiré sa révérence. Le long du quai lorientais, il a attendu deux ans.
Deux ans avant que des particuliers le remarquent. « Ils ont aimé le bateau tout de suite, sans doute les lignes et puis ce côté bateau de travail, c'est quelque chose qui plait de plus en plus ». Une vente aux enchères plus tard, les voici propriétaires du transbordeur.

Le Guerveur a été désarmé plusieurs années à Lorient  (© : LE GUERVEUR)
Le Guerveur a été désarmé plusieurs années à Lorient (© : LE GUERVEUR)

Les travaux de rénovation ont débuté début 2010 (© : LE GUERVEUR)
Les travaux de rénovation ont débuté début 2010 (© : LE GUERVEUR)

Assez vite, un projet de valorisation germe. Les espaces sont généreux : il y le pont passerelle, belle terrasse abritée de 120 mètres carrés, le pont supérieur, 170 mètres carrés et un petit salon extérieur, et le pont principal, 120 mètres carrés sous les sabords et des cabines. Il y a le pont garage, qui s'ouvre sur l'extérieur et qui offre un grand espace de stockage. L'idée d'en faire un navire de réception, produit courant en Méditerranée mais unique sur la façade atlantique, germe rapidement.

Le pont extérieur du Guerveur avant les travaux (© : LE GUERVEUR)
Le pont extérieur du Guerveur avant les travaux (© : LE GUERVEUR)

La nouvelle terrasse extérieure (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
La nouvelle terrasse extérieure (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le pont supérieur avant travaux  (© : LE GUERVEUR)
Le pont supérieur avant travaux (© : LE GUERVEUR)


Le salon de réception (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Le salon de réception (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Les vieilles banquettes du Guerveur.  (© : LE GUERVEUR)
Les vieilles banquettes du Guerveur. (© : LE GUERVEUR)

Le nouveau salon de séminaire.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Le nouveau salon de séminaire. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Après que les architectes de Mauric aient vérifié le stabilité, les travaux commencent début 2010 sous la houlette du maître d'oeuvre lorientais Michel Fabbri. Hissé sur le slipway, le Guerveur va passer plusieurs mois entre les mains des entreprises de réparation navale lorientaises. Les travaux sont importants, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Au niveau des emménagements, l'entreprise AMB s'est occupée de la menuiserie, Michelet a refait l'électricité, Atlantiso l'isolation et Galand la plomberie. Des couleurs sobres, une belle lumière, les bancs des passagers ont fait place à des tables de réception et des fauteuils, dans les deux grandes salles. Sur l'arrière, la cabine propriétaire s'étend sur la largeur du navire. Les fournitures et la moquette verte des terrasses (la même qui équipe le stade de football lorientais du Moustoir) ont été posées par Rouenel.

La cabine propriétaire, à l'arrière du navire.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
La cabine propriétaire, à l'arrière du navire. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Un peu plus haut, la passerelle a été entièrement rééquipée. Le commandant Boisseau, qui l'a bien connu, détaille les évolutions apportées. « Ici, il n'y avait qu'une commande centrale, des commandes d'ailerons et un chadburn, deux radars et le minimum d'appareils de navigation. » La barre à roue et les vieilles mannettes sont toujours là. Un charme presque surranné et authentique qui cotoîe les équipements désormais obligatoires pour naviguer. « On a franchi un cap, maintenant nous avons un pupitre avec tous les derniers équipements électroniques, installés par la société Shipelec. » Table traçante, Ecdis, AIS, téléphone Iridium, caméras nocturnes... le Guerveur est passé à la navigation du 21ème siècle.

À la passerelle, la barre à roue voisine avec les équipements électroniques dernier cri.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
À la passerelle, la barre à roue voisine avec les équipements électroniques dernier cri. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Les commandes du propulseur.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Les commandes du propulseur. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Le commandant Boisseau s'apprête à reprendre la barre de son navire.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Le commandant Boisseau s'apprête à reprendre la barre de son navire. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Au fond du navire, c'est le royaume du chef mécanicien Patrick André, lui aussi ancien navigant de la Morbihanaise, qui a repris avec plaisir le chemin de ses machines pour le « nouveau » Guerveur. Tout est d'origine : deux moteurs Creppel de 600 ch, sur deux lignes d'arbres avec hélices à pas fixe et un propulseur d'étrave. Des travaux de chaudronnerie et de mise à niveau ont été effectués par Lorient Forge Marine, SLTIM et les Ateliers Mécaniques Lorientais. Mais la machine n'a pas bougé. « Il faut dire qu'elle n'a fait que la moitié de ses heures, elle a encore de quoi voir venir! »

La machine est d'origine.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
La machine est d'origine. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Tous les circuits ont été vérifiés, en particulier l'eau douce et l'air conditionné, les priorités d'un yacht ne sont pas les mêmes que celle d'un transbordeur. Enfin, de gros travaux de peinture ont été réalisés par les établissement Montfort.
« Si sa destination première est d'être un navire de réception de prestige, il pourra également naviguer. » Immatriculé comme navire de plaisance, il pourra recevoir 12 passagers, en plus de son équipage navigant de 5 marins. « Les aménagements pour l'équipage sont également en train d'être refait. » Et c'est sûr, le commandant Boisseau repartira avec plaisir, au spot, pour faire revivre ce joli bateau lorientais qui devrait pouvoir bientôt repartir sur son plan d'eau naturel.

Le Guerveur à quai dans le port de Keroman.  (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)
Le Guerveur à quai dans le port de Keroman. (© : MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

Port de Lorient