Marine Marchande
Le voilier-cargo Grain de Sail est de retour en France

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Le voilier-cargo Grain de Sail est de retour en France

Marine Marchande

Parti le 21 janvier de République Dominicaine, le voilier-cargo Grain de Sail est arrivé en France mercredi 17 février au terme d’une traversée de l’Atlantique essentiellement au portant. Le bateau de 24 mètres construit chez Alumarine a ainsi achevé une première boucle de 9500 milles entamée le 18 novembre à Saint-Malo et qui l’a conduit à New York où il a livré 14.000 bouteilles de vin.

 

Arrivée à Nantes (© STEFAN GALLARD)

Arrivée à Nantes (© STEFAN GALLARD)

 

Le bateau, arrivé hier avant le lever du jour, n’a pu se rendre à Saint-Nazaire, pour décharger ses 33 tonnes de masse de cacao bio au port habilité, comme prévu. Les éclusiers s’étant mis en grève, il a dû faire escale à Frossay avant de remonter la Loire où il devait se mettre au ponton du Belem, à Nantes, dans la soirée. Les quatre membres d’équipage ont pu retrouver leurs familles après ce périple de trois mois. Grain de Sail cherche désormais une solution pour pouvoir décharger sa cargaison rapidement.

 

Arrivée à Nantes (© STEFAN GALLARD)

Arrivée à Nantes (© STEFAN GALLARD)

 

« Le bateau est très sûr »

Pendant la navigation, pour éprouver le bateau, avec Circum Ocean, qui faisait le routage météo, « on a fait le choix de partir sur une montée en puissance sur les conditions océano et météo », explique à Mer et Marine Loïc Briand, le capitaine. « On s’est fixé, au début, des limites à 35 nœuds de vent. Après deux semaines sur la première transat, on a vu que le bateau tenait bien et on s’est fixé comme limite 45 nœuds ». Finalement, sur le trajet retour, « on a joué à prendre 45 nœuds établis, avec des rafales à 60 et 8 mètres de houle, avec une pointe de vitesse à 22 nœuds. La conclusion, c’est que le bateau est très sûr, peu importe les conditions de mer. On a rencontré des conditions énormes, sur lesquelles d’autres bateaux auraient été en difficulté, obligés d’être à la cape pour ne pas désamorcer leur moteur, là où nous on passe à tous les caps en sécurité ».

 

(© DR)

(© DR)

 

Cela n’a pas empêché, d’avoir, sur l’aller, « des petits tracas, dans le sens où le bateau n’était pas fiabilisé, avec des petits problèmes techniques », sur les bielles de safran ou le pilote automatique, en particulier. Plus sérieux, le moteur ne redémarrait pas à l’arrivée à New York, avec un démarreur hors-service, en raison d’un problème de clapet de non-retour sur le franc-bord. « On a pris le pilotage à New-York où on avait informé la station et organisé la livraison du démarreur qui a été remplacé sous voiles, dans le chenal ». Au final, « on a réussi à rentrer avant la tempête, car 12 heures après il y avait 60 nœuds avec 60 cm de neige tombée dans la nuit », se souvient le capitaine.

« Il était important pour le projet de pouvoir partir, mais l’essentiel était aussi de pouvoir rentrer et c’est maintenant chose faite ! On est vraiment super contents », a réagi Stefan Gallard, directeur marketing de Grain de Sail. Il s'agissait d'un premier test avant de mettre en place deux boucles transatlantiques de trois mois chacune à l'automne et au printemps. Une fois que le chargement aura été débarqué, un arrêt technique est prévu à Saint-Malo pour ensuite reprendre la mer pour une nouvelle transatlantique mi-avril.

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