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Le voilier école argentin achève son escale brestoise

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Le voilier école argentin achève son escale brestoise

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Alors que les nouveaux patrouilleurs hauturiers de la marine argentine sont en construction en Bretagne, son grand voilier-école, le trois-mâts Libertad, a achevé hier une escale de cinq jours à Brest. Arrivé dans la rade du port du Ponant le jeudi 10 octobre, où il est d'abord resté au mouillage pour une petite « toilette », le superbe bateau a effectué son entrée officielle dans la base navale le lendemain matin. Il est allé s'amarrer dans la Penfeld, sous les remparts du château de Brest, où il a notamment eu la visite du trois-mâts français Belem, qui a effectué depuis le 1er octobre plusieurs sorties avec les élèves de l’Ecole des Mousses.

 

 

Le Libertad à Brest 

Le Libertad à Brest (© : MICHEL FLOCH)

Le Belem et le Libertad sous le château à Brest 

Le Belem et le Libertad sous le château à Brest (© : MICHEL FLOCH)

 

Lancé en 1956 à Buenos Aires et entré en service au sein de la flotte argentine en mai 1963, le Libertad est l’un des plus imposants vieux gréements du monde. Il affiche une longueur hors-tout de 103.7 mètres, une largeur de 14.3 mètres, un tirant d’eau de 6.6 mètres et un tirant d’air de près de 60 mètres. Motorisé en 2006 avec deux diesels de 1200 cv lui permettant de naviguer à 10 nœuds, il peut déployer jusqu’à 27 voiles pour une surface de toile atteignant 2643 m². 

L’escale brestoise du Libertad s’est déroulée dans le cadre de son 48ème voyage d'instruction qui durera 5 mois et a débuté le 17 août avec l’appareillage du voilier depuis Buenos Aires. A bord, 287 membres d'équipage, dont 20 officiers, avec à leur tête le capitaine de vaisseau Juan Carlos Romay, ainsi que 47 officiers-élèves (dont 9 femmes) de la marine militaire argentine, qui achèvent là leur cursus après quatre ans d’études à l’académie navale. A leurs côtés, il y a aussi 5 cadets de la marine marchande et 5 autres de la marine fluviale.

 

Sur le Libertad à Brest 

Sur le Libertad à Brest (© : MICHEL FLOCH)

Le CV  Romay, commdant du Libertad 

Le CV  Romay, commdant du Libertad (© : MICHEL FLOCH)

 

Depuis son départ, le navire a déjà fait escale à Salvador de Bahia (Brésil), ainsi qu’au Portugal avec d’abord Santa Cruz de Tenerife (Açores) puis Lisbonne et entre les deux le port espagnol de Cadix. Concernant Brest, le commandant Romay a expliqué qu’il a lui-même décidé de venir à la pointe Bretagne, le choix des escales du voilier-école argentin étant l’un des privilèges de son pacha. La raison ? Il y a une vingtaine d'années, il a passé quelques temps à Brest et a voulu y revenir. C'était à l'époque où le pétrolier-ravitailleur Durance, rebaptisé Patagonia, a été vendu à l'Argentine. Un bâtiment toujours en activité dont il fut le second avant d’en prendre le commandement.

La marine argentine arme également trois unités du type A69 (Drummond, Guerrico et Granville) construites à Lorient et mises en service entre 1978 et 1981. Plus récemment, l’Argentine a acquis en 2018 cinq avions de combat Super Etendard Modernisés (SEM) mis peu avant en retraite de l’aéronautique navale française (14 Super Etendard ont été livrés par la France à la marine argentine à la fin des années 70, certains s’illustrant pendant la guerre des Malouines contre la Royal Navy avec des missiles Exocet également produits dans l’Hexagone).

 

SEM français (© : MICHEL FLOCH)

SEM français (© : MICHEL FLOCH)

 

Et l’histoire des bateaux de construction française sous pavillon argentin va se poursuivre avec la livraison prévue en décembre du Bouchard (ex-L’Adroit) et la construction de trois patrouilleurs neufs du même type entre Concarneau et Lorient, ces OPV allant être mis en service entre 2020 et 2022. 

 

Le Bouchard (ex-L'Adroit) va être bientôt livré par Naval Group à l'Argentine 

Le Bouchard (ex-L'Adroit) va être bientôt livré par Naval Group à l'Argentine (© : JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

« Instrument de diplomatie et vecteur de solidarité entre nations », comme l’a rappelé à Brest l’ambassadeur argentin, présent pour l’arrivée du Libertad, le voilier-école est donc venu à la pointe Bretagne (pour la cinquième fois depuis 1992) à un moment de forte coopération sur le plan naval entre les deux pays, qui entretiennent depuis longtemps des liens bilatéraux étroits. La poursuite de la campagne du Libertad va d’ailleurs comprendre un autre moment symbolique puisque le navire, après son départ de Brest, va remonter la Manche afin de passer devant Boulogne-sur-Mer pour rendre hommage au général San Martin, mort à Boulogne le 17 août 1850 mais dont les cendres reposent maintenant dans la cathédrale de Buenos Aires. « El Libertador » comme l’appellent les Argentins, est considéré comme le libérateur du pays lors des guerres d’indépendance sud-américaines et a vécu ses dernières années dans la cité portuaire du Pas-de-Calais. 

Après son passage devant Boulogne, le Libertad est attendu à  Londres, Anvers, Dublin, Boston, Miami, La Barbade  Recife, Rio de Janeiro et Montevideo. Le retour au pays est prévu le 25 janvier à Mar del Plata.

 

Le Libertad à Brest 

Le Libertad à Brest (© : MICHEL FLOCH)