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Le yachting, une mine d’or pour la région PACA

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Le yachting, une mine d’or pour la région PACA

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Le SuperYacht Repair & Refit Networking, qui s'achève aujourd'hui à Marseille, permet de mesurer l’importance de l’activité économique engendrée par la grande plaisance dans la Région Provence Alpes Côte d’Azur. Alors que 5000 yachts de toutes tailles sont en service dans le monde, la majorité des grandes unités, soit environ 70% de la flotte, navigue en Méditerranée, où l’on estime à une centaine le nombre de navires de plus de 50 mètres. Et, si depuis la crise de 2008, le dynamisme sur les « petits » yachts a ralenti,  le marché de la construction neuve sur les grands bateaux demeure très actif, une quinzaine de nouveaux super-yachts devant être livrés en 2013. Bénéficiant d’une situation géographique idéale et de l’attrait de la Riviera française, la région PACA profite largement du développement de la grande plaisance. Commerces, avitaillement, sites touristiques, services… L’économie locale jouit du passage des navires de luxe, dont les propriétaires ou loueurs, disposant d’un fort pouvoir d’achat, ne lésinent pas sur la dépense. La présence de ces superbes bateaux est, dans le même temps, une source d’attraction pour la population et de valorisation pour les ports, néanmoins confrontés à des problèmes de place pour loger tous ces bateaux. C’est pourquoi les professionnels du secteur appellent à une augmentation des capacités d’accueil, différents projets étant en cours ou à l’étude.

 

Monaco Marine à La Ciotat (© : MONACO MARINE)

Monaco Marine à La Ciotat (© : MONACO MARINE)
 

Une filière industrielle en plein essor

 

Mais le yachting fait, également, vivre une véritable filière industrielle en PACA. Ainsi, sur 5000 à 6000 personnes travaillant autour de la grande plaisance, 2500 emplois directs et indirects dépendent de la réparation, de la maintenance et de la refonte de yachts. Disposant de 11 sites dotés de moyens de levage, les entreprises de la région traitent, chaque année, plus de 600 navires de plus de 24 mètres, dont une trentaine d’unités atteignant ou dépassant les 50 mètres. « Historiquement, nous avons une culture de la construction navale dans la région, qui nous a aussi laissé de bonnes bases en termes d’infrastructures à La Ciotat, à La Seyne ou à Marseille, avec de grands quais et des formes de radoub que nous pouvons valoriser pour développer l’activité. Il y a aussi un esprit d’accueil et une attention pour le travail soigné », explique Laurent Falaize, président du PRIDES Grande Plaisance Riviera Network. Créée il y a 10 ans, cette association, regroupant 80 entreprises, est devenue un cluster incontournable dans le monde européen du yachting. Et c’est l’un des organisateurs de la convention d’affaires SYRREN.  

 

Yachts en arrêt technique à Marseille (© : PORT DE MARSEILLE-FOS)

Yachts en arrêt technique à Marseille (© : PORT DE MARSEILLE-FOS)
 

Une sous-traitance de qualité

 

Pour convaincre les propriétaires de grands yachts de venir faire réparer ou entretenir leurs navires en France, les chantiers de la région se sont adaptés, tout comme leur réseau de sous-traitants. Mécanique, peinture, électricité, aménagement intérieur, sellerie, décoration... les compétences des fournisseurs sont indispensables à cette activité. « La proximité géographique a permis aux opérateurs de mettre leurs réseaux de sous-traitance en commun, ce qui génère des économies d’échelle. Depuis 10 ans, nous avons, par ailleurs, mené un important travail de sensibilisation auprès des sous-traitants pour mettre la qualité, la sécurité, le respect de l’environnement et l’attention envers les clients au cœur des préoccupations ». Finie par exemple l’image d’Epinal de l’ouvrier avec son bleu maculé d’huile ou de graisse, aujourd’hui, tous les personnels travaillant sur la maintenance, la réparation ou la refonte de yachts sont en combinaison et sur-chaussures, avec des procédures très strictes pour traiter ces bijoux de la construction navale, pour lesquels les propriétaires sont logiquement très attentionnés et exigeants.

Afin de développer le marché, les entreprises ont, par ailleurs, renforcé leurs liens avec les chantiers de construction : « Nous nous sommes rapprochés des chantiers afin de nous positionner, dès la construction et la livraison d’un navire, en tant que plateformes techniques labellisées ».

 

Le yacht Kogo chez DCNS à Toulon (© : DCNS)

Le yacht Kogo chez DCNS à Toulon (© : DCNS)


 

Amélioration sur l’accueil des navires et les formalités administratives

 

Alors que la filière industrielle provençale et varoise s’est mise en ordre de bataille pour capter le marché méditerranéen, les acteurs du secteur estiment que, pour développer cette activité génératrice d’emplois et de retombées économiques, des améliorations doivent être entreprises au niveau de l’accueil des navires. « Nous souhaitons que les projets de développements portuaires et de création d’infrastructures offrent une large place à l’accueil de ces bateaux, notamment les très grands yachts », souligne Laurent Falaize. Le président de PRIDES estime, par ailleurs, que les organismes de gestion des ports et marinas, tout comme l’administration, doivent mieux prendre conscience de l’importance et des spécificités du secteur, en travaillant leurs relations avec les propriétaires et usagers des yachts. « Ce qui nous fait défaut, c’est l’accueil des yachts dans certaines marinas. Il faut par exemple travailler sur les relations avec la douane, qui doit arrêter de contrôler les navires de manière aussi intempestive.  On se demande également si toutes les taxes portuaires sont utiles ou, en tous cas, à ce niveau de taxes, cela justifie une qualité de service, qui n’est pas toujours au rendez-vous. Or, cette clientèle, qui a un fort pouvoir d’achat, est exigeante et, si nous n’offrons pas la qualité de service qu’ils sont en droit d’attendre, on peut vite les perdre. Tous ces éléments sont très importants pour nous et sont liés à notre activité car ils forment, avec notre capacité industrielle, une image globale de l’offre française sur la façade méditerranéenne ».

 

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

(© : MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Un nouveau succès pour le SYRREN

 

Afin de renforcer les liens avec leurs clients et fournisseurs, de favoriser les rencontres mais aussi de valoriser leur activité et la mettre en lumière, les professionnels du secteur, regroupés au sein de PRIDES, ont lancé en 2011 la convention d’affaires SYRREN, qui a rencontré immédiatement un beau succès. Cette année, cet évènement se tient en parallèle du Seatrade Med, le grand rendez-vous annuel des professionnels de la croisière, dont les organisateurs ont retenu Marseille, plutôt que d’autres villes européennes, en raison justement de la présence du SYRREN, qui élargit la croisière vers le yachting. Dédié aux grands navires de plaisance, le SuperYacht Repair & Refit Networking rassemble plus de 200 entreprises et de nombreux représentants d’armateurs. En tout, plus de 1000 rendez-vous d’affaires ont été programmés cette semaine. « C’est un évènement qui contribue à changer l’image de Marseille et de la région PACA, en montrant qu’il y a aussi, ici, une industrie et tout un panel de chantiers disposant d’un grand savoir-faire. On constate sur ce salon de l’enthousiasme et un vrai dynamisme des échanges qui nous prouvent que notre secteur a de l’avenir. Il y a de la concurrence, y compris entre les chantiers de la région, il ne faut pas le nier, mais nous pouvons travailler intelligemment ensemble pour communiquer et conquérir de nouveaux clients. Car il y a un grand potentiel de développement et nous devons aller chercher tous ces grands navires de luxe qui sillonnent la Méditerranée ».

 


 

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