Défense
A l'école des Gendarmes maritimes

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A l'école des Gendarmes maritimes

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Issue des «prévôtés de la marine» puis de la «gendarmerie des ports et arsenaux», la Gendarmerie maritime fait partie intégrante de la Gendarmerie nationale depuis 1970 après avoir été un corps spécialisé de la Marine nationale. Elle assure au profit de cette dernière l’ordre et la sécurité dans les ports militaires et les bases navales, la protection des installations portuaires d’intérêt majeur (Le Havre, Marseille). Dans le cadre de sa mission de police générale en mer, elle participe à l’assistance et au secours maritime. Pour ce faire, elle arme des bâtiments confiés par la Marine nationale ; patrouilleurs, vedettes côtières et portuaires.

Nous vous proposons aujourd'hui un éclairage sur la formation des gendarmes maritimes.

 

 

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

 

 

Cœur de métier et compétences techniques

 

 

Quel que soit le tonnage du bâtiment, seules les compétences techniques «Marine nationale» (chef de quart navigateur, mécanicien, électricien, plongeur de bord) sont reconnues. Les diplômes propres à L’Energie/Propulsion, la Conduite nautique, la Plongée sont formellement définis par la Marine. Tous les élèves devront y poursuivre leur cycle d’études.

Le cœur du métier s’articule autour des missions de police en mer, sûreté maritime et portuaire avec ses spécialisations d’officier à gendarme adjoint volontaire.

 

 

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

 

 

Les trois missions du Centre National d’Instruction de la Gendarmerie Maritime

 

 

Depuis 1941, la Gendarmerie Maritime dispose d’un centre d’instruction. Baptisé «CNIGM», il a pour principale mission de former les gendarmes de la mer en leur faisant acquérir les connaissances (cursus spécifique) et les qualifications (cursus technique) nécessaires à leurs missions.

A ces formations s’ajoutent le contrôle du maintien en condition opérationnelle des 37 unités navigantes et depuis 2001 la veille législative. Ce récent pôle de compétence répertorie et tient à jour sur son intranet les nouveaux textes applicables au domaine maritime et aux polices en mer parmi la généreuse production réglementaire nationale, européenne, internationale.

Chaque année, le CNIGM reçoit 650 élèves issus de la Gendarmerie maritime (80% des stagiaires), de la Gendarmerie départementale (15%), de la Marine nationale (4%) et de pays «tiers» (1%).

 

 

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

 

 

Le cursus spécifique : la police en mer

 

 

Essentiellement axé sur la réglementation et la législation, d’une durée moyenne de quatre semaines, ce cursus revêt l’aspect théorique lié à l’étude des textes et l’aspect pratique avec des conférences (magistrats, administrateurs des Affaires Maritimes, médecins légistes...).

La circulation des biens et des personnes au sein de l’ « espace Schengen », le code disciplinaire et pénal de la Marine marchande, la pollution maritime mais aussi le tir avec fusil Famas et pistolet PA HK Marine... sont inclus dans les programmes.

 

 

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

 

 

Le cursus technique : les spécialités de la composante nautique

 

 

Qu’ils deviennent mécaniciens ou électriciens du bord, la première étape des postulants est une mise à niveau à distance avec support numérique, tests réguliers et un ultime contrôle sur l’ensemble du programme. En fonction de leurs résultats, le CNIGM les proposera au Centre d’Instruction Navale (Saint-Mandrier) pour intégrer le cours conduisant au Brevet d’Aptitude Technique. Un embarquement obligatoire avant et après leur diplôme leur permettra de prétendre aux cours du Brevet Supérieur (BS).

La conduite nautique des patrouilleurs et vedettes exige d’être titulaire du brevet de navigateur. Les candidats doivent au préalable avoir réussi le certificat militaire d’anglais en accord avec les normes internationales respectées par la Marine (convention STCW) (*1). Puis suivent une formation de 24 mois divisée en trois phases : quinze semaines au CNIGM (calculs nautiques, astronomie, techniques d’intervention en mer...), six mois à l’école de Manœuvre et de Navigation (Marine nationale) de Lanvéoc-Poulmic, douze mois de stage embarqué sur patrouilleur.

 

 

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

(© : FRANCOIS DIDIERJEAN)

 

 

Des objectifs bien précis dans le domaine de l’action de l’Etat en mer

 

 

Pour faire face à la perpétuelle mutation d’un monde maritime complexe, la Gendarmerie maritime a ainsi misé sur une formation adaptée et continue. Sous la direction du lieutenant-colonel Vincent Pagnac (*2), assisté d’un équipage de 24 formateurs, les officiers, sous-officiers affectés sur une unité navigante, en brigade de surveillance du littoral ou en brigade de recherches de la Gendarmerie maritime reçoivent dans cette école les connaissances et la qualification nécessaires à leur emploi. Leur efficience à bord des moyens nautiques qu’ils arment est «garantie» par un stage «biennal» de mise en condition «in vivo».

Le CNIGM intervient aussi hors centre avec des formations à la carte pour étrangers.

On notera aussi, pour les jeunes réservistes, qu’un stage spécifique de préparation militaire leur est consacré depuis cette année.

 

 

Un article de François Didierjean (capitaine de frégate de réserve).

 

 

(*1) Le but de cette convention est de réglementer à l'échelle internationale les qualifications du personnel navigant. Un de ses objectifs est de limiter les risques liés aux équipages «sous-norme».

(*2) Officier spécialiste des bâtiments, conseiller technique du commandant de la Gendarmerie maritime dans ses domaines d’attribution (formation, organisation, entraînement des unités navigantes), il dépend hiérarchiquement du commandant en second de son corps et territorialement de CECMED (Commandant En Chef pour la MEDiterranée).

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