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L'EDA-R débarque à Toulon

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L'EDA-R débarque à Toulon

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Le premier engin de débarquement amphibie rapide (EDA-R) de la Marine nationale a été remis à flot jeudi au port de Brégaillon, à La Seyne-sur-Mer. La veille, il était arrivé sur le pont du cargo Atlant Svenja, qui l'avait embarqué le 20 juin à Boulogne-sur-Mer. Premier des quatre EDA-R commandés en juin 2009 au groupe CNIM par la Direction Générale de l'Armement (DGA), le L9092 a vu sa coque en aluminium réalisée par le chantier Socarenam de Saint-Malo. Puis, l'armement a été effectué conjointement à Boulogne par CNIM et Socarenam. C'est en Manche que l'EDA-R a réalisé ses premiers essais en mer. « Les performances obtenues se sont avérées très prometteuses », souligne le concepteur de l'engin. Après avoir été débarqué de l'Atlant Svenja au moyen des deux grues de 250 tonnes de capacité dont dispose le navire, l'engin a gagné un dock flottant afin d'être remis en configuration pour être remis au groupe CNIM. Ce dernier débutera dans le courant du mois les essais contractuels, qui se dérouleront en rade de Toulon et se concluront par les essais d'enradiage à bord d'un bâtiment de projection et de commandement (BPC). Cette ultime étape franchie, la DGA puis la Marine nationale pourront prendre possession de l'engin à la fin septembre. Quant aux trois autres EDA-R, leurs livraisons doivent s'échelonner jusqu'en juin 2012. On notera que le contrat compte une option pour deux unités supplémentaires.

Arrivée de l'Atlant Svenja, mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Arrivée de l'Atlant Svenja, mercredi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : CNIM)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : CNIM)

Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : CNIM)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : CNIM)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement de l'EDA-R, jeudi (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 L'EDA-R, hier en dry dock (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'EDA-R, hier en dry dock (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 L'EDA-R, hier en dry dock (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'EDA-R, hier en dry dock (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Un concept novateur

Destiné à remplacer les chalands de transport de matériel (CTM) de la flottille amphibie, l'EDA-R est conçu pour être mis en oeuvre à partir des BPC du type Mistral, à raison de deux engins par bâtiment. Long de 30 mètres pour une largeur de 12 mètres, l'EDA-R, unique en son genre, inaugure une nouvelle approche dans le domaine des opérations amphibies. Ce concept, validé par les essais menés sur le Landing Catamaran (L-CAT), un démonstrateur réalisé sur fonds propres par CNIM, vise à disposer d'une embarcation capable d'atteindre une vitesse élevée tout en présentant une bonne tenue à la mer et la capacité de s'échouer sur une plage. Pour cela, un catamaran doté entre les deux coques d'une plateforme élévatrice a été imaginé. Lors des phases de transit entre le bâtiment porteur et la côte, la plateforme est en position haute. Le tirant d'eau est alors de 2.4 mètres et l'EDA-R peut atteindre la vitesse de 18 noeuds avec une charge de 80 tonnes et 25 noeuds à vide grâce à quatre hydrojets MJP et quatre moteurs MTU 12V 2000 M93 d'une puissance unitaire de 1340 kW. Puis, lorsque l'engin arrive près de la plage, sa plateforme, montée sur vérins hydrauliques, s'abaisse pour diminuer le tirant d'eau à une soixantaine de centimètres seulement. L'EDA-R se comporte, alors, comme un chaland de débarquement traditionnel.

Vue sur les hydrojets de l'EDA-R (© : CNIM)
Vue sur les hydrojets de l'EDA-R (© : CNIM)

L'EDA-R lors de ses essais à Boulogne(© : CNIM)
L'EDA-R lors de ses essais à Boulogne(© : CNIM)

Le démonstrateur L-CAT à pleine vitesse (© : CNIM)
Le démonstrateur L-CAT à pleine vitesse (© : CNIM)

L-CAT avec plateforme en position haute (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L-CAT avec plateforme en position haute (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L-CAT avec plateforme en position basse (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L-CAT avec plateforme en position basse (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L-CAT sur une plage (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L-CAT sur une plage (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Débarquement depuis le L-CAT (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Débarquement depuis le L-CAT (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 L-CAT avec rampe sur un quai (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L-CAT avec rampe sur un quai (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Débarquement d'un char Leclerc sur un quai bas (© : CNIM)
Débarquement d'un char Leclerc sur un quai bas (© : CNIM)

Il présente, en outre, l'avantage de pouvoir embarquer hommes, véhicules et matériel par l'avant ou l'arrière, grâce à deux rampes pouvant également s'adapter aux manoeuvres à partir d'un quai. La capacité maximale d'emport est de 100 tonnes, soit par exemple deux chars lourds, quatre chars légers ou six véhicules blindés de type VAB. Construit en aluminium, l'EDA-R dispose d'un blindage sur les zones sensibles et sera doté de deux mitrailleuses de 12.7 mm et deux affûts de 7.62 mm.
Par rapport aux engins traditionnels de type CTM, le catamaran français offre une souplesse d'emploi bien meilleure et réduit considérablement le temps de transit jusqu'au point de débarquement. Affichant une autonomie d'environ 1000 nautiques à 15 noeuds, le L-CAT est conçu pour être déployé à une dizaine de nautiques de la côte. Le bâtiment porteur reste donc éloigné des plages, ce qui le protège d'éventuelles attaques menées depuis le littoral, tout en manageant l'effet de surprise.

Trois CTM avec le BPC Mistral (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
Trois CTM avec le BPC Mistral (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Un CTM déployé depuis le BPC Mistral (© : MARINE NATIONALE)
Un CTM déployé depuis le BPC Mistral (© : MARINE NATIONALE)

Marché international

Depuis le début des essais à Toulon du L-CAT, en octobre 2008, de nombreuses délégations étrangères ont embarqué à bord du démonstrateur de CNIM et assisté à des manoeuvres de plageage. Et le concept français d'engin de débarquement intéresse manifestement de nombreuses marines. Il faut dire qu'en matière d'opérations amphibies, les nouveaux matériels ne sont pas légion. En fait, rien n'avait vraiment évolué dans ce domaine depuis la seconde guerre mondiale et l'avènement des chalands de débarquement. Presque toutes les flottes disposent actuellement d'engins voisins des CTM français, bateaux rustiques mais très lents et dotés d'un très faible franc-bord, ce qui interdit leur emploi dans des mers formées et loin des côtes. Seuls les Etats-Unis ont provoqué la rupture, dans les années 80, en développant le Landing Craft Air Cushioned (LCAC), un engin de débarquement sur coussin d'air extrêmement rapide, puisque capable de naviguer à plus de 50 noeuds à vide. A l'usage, le LCAC s'est néanmoins montré très coûteux en entretien, parfois fragile et difficile à mettre en oeuvre dans un radier, où un puissant système d'aération est nécessaire pour limiter les effets de la chaleur produite par les turbines de cet aéroglisseur. Dans ces conditions, le LCAC n'a pas trouvé preneur à l'export et, alors que les Etats-Unis travaillent sur le successeur de cet engin, toutes les marines sont restées cantonnées à leurs bons vieux chalands.

LCAC américain (© : US NAVY)
LCAC américain (© : US NAVY)

Le PACSCAT (© : QINETIC)
Le PACSCAT (© : QINETIC)

Il n'y a qu'en Grande-Bretagne ou le prototype d'un nouvel engin a été livré en août 2010 au ministère de la Défense pour évaluation auprès des Royal Marines. Il s'agit du PACSCAT (Partial Air Cushioned Supported CATamaran), un catamaran sur coussin d'air de la société anglaise QinetiQ. Rapide, il mesure 30 mètres de long et doit comme l'EDA-R atteindre 25 noeuds. Mais il est moins large (7.7 mètres) et, surtout, présente une capacité d'emport bien inférieure à celle de l'engin français (55 tonnes). C'est donc dans un contexte très favorable que CNIM propose son catamaran de débarquement à l'international. Deux ans et demi d'essais avec le L-CAT (plus de 150 plageages réalisés) et l'adoption du concept par la flotte française sont, évidemment, des sérieux atouts pour le groupe français, qui pourra bénéficier du « label Marine nationale », comme on dit chez les industriels, mais aussi du retour d'expérience de l'EDA-R. On notera enfin qu'à partir du L-CAT, CNIM a même développé toute une gamme de bâtiments, y compris des unités hauturières, comme le MPC 2. Doté d'une plateforme élévatrice surmontée de superstructures, ce navire de 60 mètres de long et 17 mètres de large peut héberger une quarantaine de passagers et dispose d'une plateforme et d'un hangar pour un hélicoptère de type Fennec.

MPC2 (© : CNIM)
MPC2 (© : CNIM)

MPC2 (© : CNIM)
MPC2 (© : CNIM)

MPC2 (© : CNIM)
MPC2 (© : CNIM)

CNIM Marine nationale